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"Une Vie Divine", Philippe Sollers

Giancarlo Calciolari
(12.09.2006)

Il y a une limite indépassable entre Philippe Sollers et le narrateur qui dans ses romans dit " je ", tout comme il y a un écart insurmontable entre l’hétéronyme " Sollers " et son auteur. Certes, l’auteur parle en Philippe Sollers et parle aussi comme les protagonistes de ses romans : pour cela il suffit de lire les interventions dans sa revue " L’Infini " ou un entretien, comme celui donné à la revue " Ligne de risque ", publié dans le numéro 94 au printemps 2006, où il dit très clairement les différents enjeux entre son écriture et celle de Michel Houellebecq, et précise le projet de son roman La vie divine.
Philippe Sollers affirme être aux antipodes de la société du spectacle et donc aussi de pratiquement toute la société littéraire française. Il n’a pas tout à fait tort. Même s’il y a un crâne qui se promène dans son roman qui est comme un envers de la " crânisation " dénoncée par Houellebecq.
En bref, pour la plus grande partie de la planète – et non seulement de la France – le bon, le beau, le positif, la loi, le bien : tout est pourri. Et la démystification de la pourriture de couverture de la vraie vie n’a pas de fin. Marx c’est pour les apprentis, Debord pour les élites du démantèlement du faux. Sollers est la pointe du diamant du vrai. De la vrai vie. La vie divine. Par delà le bien et le mal. Comme Nietzsche. L’analyse du véritable fonctionnement de la société (le " tel quel " du titre de sa première revue) ne l’empêche pas de miser sur la vie, sans le métabolisme du mal pour avoir le philosophique bien suprême, avec la paix de l’Etre suprême.
Quelle est, alors, la leçon de vie que Sollers extrait de Nietzsche ? La réponse est le livre La vie divine. C’est-à-dire la vie, non l’acceptation de la mort, mais avec encore un compromis. Lequel ? La philosophie, le paganisme, l’athéisme déclaré et affirmé. C’est un préjugé très populaire et spectaculaire.
La vie divine est le roman de deux vies : celle de Nietzsche et celle du narrateur, qui est un philosophe qui donne la lecture et la restitution du texte et de la vie de Nietzsche avec sa vie encore plus qu’avec son texte. C’est aussi le roman de l’Occident qui rate l’occasion de vie offerte par Nietzsche en chutant dans les guerres mondiales et qui est en train de rater l’occasion de vie offerte par Sollers sans jamais sortir de la guerre civile planétaire, qui selon Jacob Taubes est un acquis décisif de la leçon de Carl Schmitt.

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Opera di Hiko Yoshitaka

Sollers dans un sens a raison, en sollicitant Nietzsche. Celui de la vie authentique, la vie originaire. La vie absolue, sans plus de solution offerte par la société du spectacle. Mais sa formule est déjà spectaculaire. La vie divine appartient à la circularité de l’être, et se réalise donc comme vie infernale. Cycliquement.
Sollers a raison aussi dans un autre sens, celui de l’arbre de vie. Il n’a aucun intérêt pour le " mancenillier ", l’arbre de mort. Mais, bien que de façon paradoxale, Sollers est encore philosophe, grec, d’où son intérêt pour Nietzsche et Heidegger. Sollers est encore accroché à l’arbre grec, celui de la connaissance du bien et du mal.
Certes, Philippe Sollers n’a pas derrière sa plume la vallée des avalés, donc pas d’Église, pas d’Armée, aucun État, néanmoins il a une Maison d’édition : il s’est libéré de soi-même de manière autonome et clandestine, sur le modèle de l’idéalisme allemand filtré par Nietzsche. Il habite la certitude d’un hôtel de luxe Anti-Abîme, parfois aussi dans la forme d’un Waldhaus – sur le modèle du modeste chalet rustique dans lequel Nietzsche avait résidé à Sils-Maria – que la plèbe appelle Protzbude, c’est-à-dire une bicoque (Bude) dans laquelle les tribuns vont pour se donner de grands airs (protzen), évidemment sur les traces de Nietzsche.
En tout cas, le narrateur un peu sollersien est le seul à ne pas rater sa vie, avec deux femmes non rongées par le penisneid social.
La boucle n’est pas bouclée. L’être de la pensé laisse tout simplement la pensée aux mains des philosophes, qui sont menés par la carotte ou par le bâton. En tout cas par le rêve généalogique. C’est pour ça qu’ils se rêvent comme une caste : l’aristocratie de la pensée. Dans le blason, leur héraldique affiche la licorne, la chimère, le papillon (l’âme), le serpent, parfois à plumes.
Oui, le chaos pousse de partout, non seulement d’en bas. Le Kat-echon, le retardateur de la fin pourrait être l’éternel retour de Nietzsche. Mais la peur de la vie se fonde sur l’origine et donc sur la fin. Tel est le cercle vertueux et vicieux. Du théisme à l’athéisme. De Dieu à l’animal. Du continu au discret. Du bien au mal. Tel est le cercle dans certains de ses aspects.
Or, il y a un continuum dans les mythes grecs, formalisé par la philosophie d’Aristote avec les trois principes, qui va de dieu au démon à l’homme à l’animal. Et toute l’algèbre des combinaisons est valable. Et le continuum à l’infini (potentiel) est un cercle. Alors il n’y a aucun problème à comprendre que l’homme-dieu (Nietzsche-Dionysos) embrasse l’animal pour finir sa vie comme un pauvre diable. La vie divine est un enfer. A moins de lire le divin comme oxymoron, ouverture, sans plus de prédestination, sans plus de généalogie sociale.
D’accord, l’éternel retour n’est pas le cercle que nous venons d’identifier. Dans l’entretien déjà cité pour la revue " Ligne de risque ", Sollers affirme clairement que l’éternel retour, ce n’est pas demain, c’est ici et maintenant.
Sollers est pour la nouvelle noblesse, sans plus de généalogie, celle qui s’oppose à l’emprise universelle de la plèbe. Mais le noble est un plébéien promu. Le bouc émissaire devient bouc élu. L’élite. Un sous-regroupement – donc toujours une généalogie – du cercle de l’être.
En quoi la noblesse ou l’aristocratie différent de la plèbe d’en haut ?
Le paradis est interdit aux païens, aussi bien aux meilleurs qu’aux pires, aussi bien aux aristocrates qu’aux plébéiens.
 
L’inexistence du lien social, de la généalogie, qui fait le presque rien des sciences humaines françaises, laisse croire à Sollers qu’il est un aristocrate sans généalogie, c’est-à-dire une chimère… Et dans un certain sens c’est vrai. Chacun procède de l’animal, mais non dans le sens de Darwin. L’animal fantastique est une image impossible de l’ouverture. Et en procédant de l’ouverture originaire, chaque animal reste à lire. La Genèse – qui est aussi une lecture de l’animal fantastique est toujours à lire. Malgré l’immense attaque ironique du serpent, il y a toujours quelqu’un qui en fait une religion, ou bien un savoir comme cause.
La philosophie – plus que Nietzsche ou Heidegger – est l’animal de fantaisie qui reste encore à lire, même pour Monsieur Sollers. Dieu n’est jamais que le dieu du paganisme. Et l’athéisme est du surpaganisme. Le surhomme reste trop humain dans le cercle de l’éternel retour. Certes, nous lisons autrement l’éternel retour de Nietzsche. Et déjà Sollers s’aperçoit qu’il concerne l’instant et non le temps eschatologique. Mais le retour de la mère et de la sœur de Nietzsche dans sa chute (sans point de chute) demande un supplément d’analyse. Si le miroir est social (s’il n’y a pas un écart structurel à la société du spectacle), la famille fait ravage. Et ne se faire pas voir socialement, en choisissant la clandestinité, équivaut à se faire ravager par la roue de l’ordre rotatoire du même au même en passant par le même, tel le chemin de Heidegger.
Le paganisme se formalise dans la philosophie. En ce sens, l’athéisme est le souvenir-écran du théisme. Les deux nient Dieu, qui n’a jamais été celui qui reconnaîtra ou non les siens. Aucun lien social ou asocial avec Dieu. La sécularisation de la parole de Jésus dans toutes ses formes est déjà gnose, ce qui est impossible selon les mots de l’Exode.
Cela dit, nous sommes en train de lire le meilleur écrivain de langue française du troisième millénaire, celui qui fait de la littérature une machine de guerre, du goût de vivre ; et il y a beaucoup de faux aspects que Sollers lit autrement. Les autres écrivains, presque tous, comme dans toute la planète, sont avalés dans une mélasse noire de mort qu’ils prennent, bien sur, pour du miel.
Dans notre lecture de Philippe Sollers nous citons Les Proverbes, 27,6 – déjà invoqués par Jacob Taubes dans sa lecture de l’œuvre de Carl Schmitt : Les blessures infligées par les flèches d’un ami sont loyales ".


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30.07.2017