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L’hypothèse d’une connaissance "objective"

Patrice Pissavin
(16.03.2008)

Projet de recherche en Théorie de la connaissance : une connaissance "objective" (intersubjective humaine universelle), qui s’affranchisse de tout présupposé, de tout postulat arbitraire, est-elle en principe possible ?

Par le passé, un certain nombre de solutions ont été proposées pour y parvenir (pour n’en citer que les auteurs les plus célèbres : LEIBNIZ, KANT, HUSSERL et, au cours de la première moitié du XXème siècle, B. RUSSELL, L. WITTGENSTEIN et R. CARNAP).

Des critiques ont également été introduites, faisant valoir les limites de toute entreprise de ce type, de nature :

"ontologique", liées à la nature du réel dont on souhaite rendre compte et de l’être qui cherche à le faire (métaphysique),

"formelle", liées à la possibilité même de décrire ce réel (théorie de la connaissance).

Depuis les années 1930, ces critiques se sont intensifiées, essentiellement sur la base du second point cité. Elles ont conduit à la position dominante actuelle en faveur d’une réponse négative (conduisant pour certains, à la "fin de la philosophie"), et ont ouvert la voie à un relativisme radical vis-à-vis de :

la démarche scientifique (classique),

la rationalité (au sens classique) elle-même.

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Angela Biancofiore, "Thira, corteo di navi" , 1988

Une classification possible, plus précise, des limitations évoquées, est la suivante :

de la raison humaine (incluant certaines interprétations des théorèmes de GODEL_1931, TARSKI_1936, et CHURCH_1936 : J. LADRIERE), voire liées à l’utilisation même d’une démarche rationnelle,

liées à l’utilisation possible de logiques non classiques (R. CARNAP, W.V.O. QUINE, S.A. KRIPKE, J. HINTIKKA), jusqu’aux travaux récents concernant la logique paraconsistante (N.C.A. DA COSTA, G. PRIEST), contre la conception traditionnelle de la logique en tant qu’expression des "lois fondamentales de la pensée",

du langage (sans doute les plus répandues), avec la nécessité de prendre en compte le point de vue «pragmatique» (faisant dépendre le sens du contexte),

en proposant de remplacer les critères de logique et de rationalité par ceux d’argumentation et de compréhension,

en contestant la possibilité d’abstraire le monde, des langages qui permettent de le décrire, et des croyances associées,
(L. WITTGENSTEIN, J.L. AUSTIN, W.V.O. QUINE, P.F. STRAWSON, J.R. SEARLE),

liées au support biologique des "qualia" (contenu de la conscience) : théories de l’esprit en général et expériences de B. LIBET et M. GAZZANIGA en particulier (J.R. SEARLE),

historiques (T. KUHN), philosophiques (H. PUTNAM, R. RORTY), et épistémologiques (K. POPPER, I. LAKATOS, P. FEYERABEND), contre l’identification de la scientificité et de la rationalité à l’objectivité.

Il n’est bien sûr pas question de nier l’intérêt et la pertinence de ces critiques (qui ne sont cependant pas toutes cohérentes entre elles), dans leur contexte. Mais leur extension à la question initiale posée, dans toute sa généralité, est-elle pour autant légitime ?

D’une manière générale, la contestation, même fondée, d’une solution particulière de connaissance objective (par exemple, celle du Cercle de Vienne), ne saurait pour autant en invalider le projet général.

Sur un plan formel, l’argument relativiste classique selon lequel toute connaissance (toute affirmation) est nécessairement conditionnée par la société, l’histoire, le langage, … contient déjà en lui-même ses propres limites (si cette affirmation lui est appliquée). De la même manière, le discours des auteurs qui affirment rejeter le rationalisme, ainsi que la langue qu’ils utilisent pour le faire, possèdent cependant une structure rationnelle (au sens classique) au moins en partie. Et l’affirmation suivant laquelle, le sens d’une théorie doit inclure l’ensemble de ce qui sera dit sur celle-ci (par ses exégètes successifs), semble bien ne se justifier que dans le contexte relativiste sur lequel elle repose.

Le seul fait, assez intuitif, qu’il est impossible de construire quelque chose (une connaissance) sur la base de strictement rien (en l’absence de toute donnée de base, de tout postulat) ne suffit pas non plus pour invalider le projet "essentialiste" :

l’objectivité d’une connaissance est nécessairement limitée par les postulats (ou évidences premières) nécessaires à l’établissement de n’importe quelle connaissance,

cela n’en enlève pas la possibilité d’une intersubjectivité (humaine), d’une universalité, s’il est possible de montrer que ces postulats, pour humains qu’ils soient, sont indépendants de la langue et de la culture au sein desquelles cette connaissance aura été élaborée,

il n’y a aucune obligation à ce que ce projet permette de rendre compte de tout le réel, il suffit qu’il puisse le faire jusqu’à un certain point (jusqu’à un certain niveau de "complexité").

Par ailleurs, la contestation de l’exclusivité d’une lecture rationnelle (classique) du langage semble justifiée pour les langues naturelles,

contre les prétentions (sans doute un peu hâtives) des précurseurs : G. FREGE, B. RUSSELL, L. WITTGENSTEIN (1),

avec des réserves dans le cas d’une interprétation basée sur des systèmes logiques dépassant le premier ordre (travaux de S.A. KRIPKE, J. HINTIKKA).

Mais elle n’est pas directement applicable à une langue non naturelle, susceptible de rendre compte (au moins en principe) des éléments fondamentaux du réel.

Quant à l’argument de l’impossibilité d’abstraire le monde du langage, il est certainement irréfutable quant aux fondements et à la structure profonde du langage.
Cela n’implique pas qu’il doive s’appliquer aux différentes langues naturelles, avec leur spécificité.

Enfin, la plupart des critiques précitées se référent (le plus souvent implicitement), à une ontologie particulière : le réalisme (en général dans sa conception classique de réalisme métaphysique fort : par exemple au sens où l’entend B. d’ESPAGNAT), ne serait-ce qu’au travers de la référence à la temporalité (l’histoire). Ce point ne pose pas de problème de cohérence vis-à-vis d’une solution se référant également au réalisme (comme celle du Cercle de Vienne). Mais la pertinence de ces critiques vis-à-vis de la possibilité d’une connaissance bâtie sur d’autres présupposés et a fortiori sans présupposés (si tant est que cela soit possible), est alors contestable (il est a priori impossible de savoir dans quelle mesure leur portée est lié à cette ontologie).
Toute cette discussion s’inscrit, bien sûr, dans le cadre du débat classique entre les conceptions "essentialiste" et pluraliste de la philosophie. Elle concerne également le problème plus général des rapports entre science et philosophie. Elle débouche directement sur d’autres questions fondamentales :

l’ensemble de ce qui est accessible à l’être humain est-il définissable ?

une partie au moins de ce qui est définissable échappe-il à la possibilité d’une connaissance intersubjective ?

peut-il y avoir plusieurs connaissances intersubjectives différentes (non équivalentes) ?

une connaissance intersubjective autre que rationnelle est-elle possible ?
comment se situe la connaissance scientifique par rapport à la connaissance rationnelle ?

L’obtention d’une réponse indubitable à la seule question de départ, constituerait sans aucun doute une avancée importante en théorie de la connaissance :

s’il est possible de construire un corps de connaissance, même limité, à valeur universelle, sans aucun présupposé et devant posséder une structure rationnelle (classique), par raison de cohérence, celui-ci prévaut alors nécessairement sur tout corps de connaissance constitué, se réclamant de la rationalité (au sens classique), quel qu’il soit,

à l’inverse, si un tel objectif s’avère impossible, cet autre résultat constituerait une justification incontestable du relativisme (confortant alors par exemple, les contradicteurs d’A. SOKAL).

Cela serait encore vrai si l’alternative entre les deux réponses précédentes s’avèrait par principe impossible à trancher ("indécidable").

Vis-à-vis d’un objectif aussi ambitieux, la démarche envisagée est progressive.
Elle consiste à analyser d’abord les principales critiques formulées à l’appui d’une réponse négative, en particulier au cours de la seconde moitié du XXème siècle, en commençant par celles dont l’impact est potentiellement le plus dévastateur.

Or l’hypothèse de travail implicite qui sous-tend l’ensemble du projet est que si une intersubjectivité humaine universelle est possible, elle repose nécessairement, sous une de ses formes au moins, sur la rationalité (au sens classique). Les premières objection qu’il est nécessaire d’analyser sont donc celles qui concernent la raison et la logique elle-même.

Comme cela ressort de la présentation au début du présent document, celles-ci peuvent se résumer sous la forme de deux questions :

dans quelle mesure la logique paraconsistante permet-elle de s’affranchir du principe de non-contradiction ?

en quoi les théorèmes de GODEL de 1931 et apparentés, conduisent-ils à une limitation des possibilités de connaissance intersubjective humaine universelle ?

qui seront les sujets respectifs, d’un mémoire de DEA et d’une thèse, en philosophie des sciences.

L’étape suivante consistera à aborder les critiques liées au langage et en particulier à s’interroger sur la possibilité, au moins en principe, d’un langage non naturel,

reposant strictement sur la rationalité (classique),

sans introduire par ailleurs d’hypothèse arbitraire, en particulier sur le plan de l’ontologie sous-jacente.

Fontenay-Sous-Bois, octobre 2003

Patrice Pissavin

26, rue du R.P. Aubry

94120 Fontenay Sous Bois

patrice.pissavin@wanadoo.fr


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30.07.2017