Transfinito edizioni

Giancarlo Calciolari
Il romanzo del cuoco

pp. 740
formato 15,24x22,86

euro 35,00
acquista

libro


Giancarlo Calciolari
La favola del gerundio. Non la revoca di Agamben

pp. 244
formato 10,7x17,4

euro 24,00
acquista

libro


Christian Pagano
Dictionnaire linguistique médiéval

pp. 450
formato 15,24x22,86

euro 22,00
acquista

libro


Fulvio Caccia
Rain bird

pp. 232
formato 15,59x23,39

euro 15,00
acquista

libro


Jasper Wilson
Burger King

pp. 96
formato 14,2x20,5

euro 10,00
acquista

libro


Christiane Apprieux
L’onda e la tessitura

pp. 58

ill. colori 57

formato

cm 33x33

acquista

libro


Giancarlo Calciolari
La mela in pasticceria. 250 ricette

pp. 380
formato 15x23

euro 14,00
euro 6,34

(e-book)

acquista

libro

e-book


Riccardo Frattini
In morte del Tribunale di Legnago

pp. 96
formato cartaceo 15,2x22,8

euro 9,00
e-book

euro 6,00

acquista

libro

e-book


Giancarlo Calciolari
Imago. Non ti farai idoli

pp. 86
formato 10,8x17,5

euro 7,20
carrello


Giancarlo Calciolari
Pornokratès. Sulla questione del genere

pp. 98
formato 10,8x17,5

euro 7,60
carrello


Giancarlo Calciolari
Pierre Legendre. Ipotesi sul potere

pp. 230
formato 15,24x22,86

euro 12,00
carrello


TRANSFINITO International Webzine

Résurrection, quoi d’autre ?

Christian Pagano
(10.03.2008)

«Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même mort, vivra,» Jn 11,25

"La résurrection est une idée toute naturelle ; il n’est pas plus étonnant de naître deux fois qu’une" (Voltaire).

Etonnante cette expression chez Voltaire : et c’est vrai que déjà naître une fois pour un homme c’est étonnant, d’autant plus qu’il est le seul à pouvoir s’en étonner...
Qu’on veuille ou non, la naissance c’est un fait, et tout « fait » est un mystère, pas seulement un concept qu’on peut examiner « idéalement ». Une renaissance telle la résurrection c’est aussi de cet ordre, un mystère qui de fait est entrée dans le cours de l’histoire soit que l’on y croie ou pas..
 

Cet article, pourtant, ne porte pas sur le "fait" en tant que tel de la Résurrection, objet de foi, mais sur sa « conception » au sens littéral (à savoir le « fait » d’en avoir eu le concept et en avoir fait un récit), qui à travers la Théologie chrétienne, reversée en partie dans la philosophie, aboutit à la modernité de façon inattendue.
Il faut dire d’abord que la « résurrection » ne s’oppose pas totalement aux diverses formes de réincarnation. Elle pourrait à la rigueur en compléter un cycle, mais le contraire n’est pas valable. Le concept de résurrection est unique en soi et dans l’histoire et il porte justement sur la sauvegarde de l’unicité.

L’intérêt de ce mystère, le plus ardu qu’il y ait, c’est que non seulement, la foi chrétienne serait autrement vaine (St. Paul), mais encore qu’il ne seraient plus compréhensibles, paradoxalement, ni le concept de « personne humaine », qui aboutit à la déclaration des droits de l’homme, ni la rationalité moderne, tout court. Rien que cela.
 

JPEG - 183.1 Kb
Christiane Apprieux, "I battenti del paradiso", 2008, bronzo a cera persa

A part, en effet, les valeurs évangéliques reconnues : l’égalité, liberté, fraternité universelle, émancipation de la femme, justice sociale, séparation des pouvoirs, non-violence, pardon, l’amour sous toutes ses formes.... on peut affirmer que précisément le de la modernité à savoir l’idée du progrès et de la raison, l’instance de la Résurrection est déterminante: 
 
1.En réalité c’est bien le concept prophétique de la résurrection, qui rompt, donnant une finalité "infinie" et donc un « sens », avec un temps cyclique qui tournait en rond dans l’antiquité ne permettant aucune entrée dans l’histoire, et donc aucun progrès possible. On peut dire que la résurrection traduit non seulement l’idée d’un progrès mais du possible même. Répondant à la dynamique prophétique, elle est à la source de l’idée que l’avenir peut être meilleur que le présent, puisque la vérité tout entière est encore à venir.

Ainsi entre le principe aristotélicien : nihil est in intellectu quod prius non fuerit in sensu, (rien n’est dans l’intellect qu’avant n’ait été pas dans les sens) et Platon, qui dit le contraire… il y a l’œuvre de médiation active et progressive de la personne humaine, nouvel intelligible, permettant la naissance d’une nouvelle intelligibilité de l’univers.

 
2 De la même importance que le « progrès » et du statut transcendantal de la personne, il y a une fécondation originale de la rationalité humaine pour la prise en compte de l’évènement dans sa valeur noétique. Verum ipsusm factum dira Vico, et contra factum nihil argumentum  (contre un Fait il n’y a pas d’arguments).

La personne même, d’ailleurs, est d’abord un fait, un « fait » d’amour, unique, ineffable en tant que tel, qui perpétue sa singularité universelle par le mariage de l’esprit et d’un corps distinctes mais éternellement unis. Cette unicité originelle et originale, est à la source de toute possibilité d’amour et toute rationalité capable d’engendrer. Ici on parle d’une rationalité au sens le plus large, qui a été constamment affinée le long des siècles, fondée sur l’expérimentation à savoir la mise en place des conditions formelles pour que l’homme puisse en faire l’expérience. Critère de véridicité, l’étymologie de expérience de ex-perire, à savoir ressurgir de la mort, rapproche la vérité de la résurrection, la retrouvant à chaque fois par le dépassement d’un stade qui semblait consolidé, selon la théorie de Popper, qui tient compte non seulement du rationnel, mais du raisonnable.
 
3. Dès lors les concepts de Résurrection, Personne, Progrès et Raison suggèrent une double articulation du réel ouvrant sur une créativité dynamique, seule réponse à une dualisme radical figé. Il y a une organisation qui relève de la matière et l’autre de l’Esprit, les deux doivent marcher, et marcher ensemble dans une distinction inséparable: le spirituel est charnel, le charnel spirituel, (Péguy).

C’est le principe christique, difficile à saisir mais incontestable moteur de science et d’histoire. Le constat du monde présent et l’espoir d’un monde meilleur, a fait dire au Christ : mon royaume n’est pas de ce monde et encore : donnez à César ce qui est de César et à Dieu ce qui est de Dieu.

Sans distinction des pouvoirs, sans discrétion entre foi et raison, état et religion, et toute la série d’oppositions qui structurent l’intelligence humaine, il n’y a pas d’espace créatif, démocratique. Par ailleurs, je pense que la double articulation de la vie, ne fait que réfléchir celle du miracle vivant qu’est le langage humain. C’est pour cela que la parole est libre, car elle se sert d’unités discrètes connues par tous (alphabet), les combinant intérieurement de façon unique, ouvrant ainsi toujours des horizons nouveaux.

I. Histoire ancienne du concept

Dans l’antiquité Il n’y a pas une idée précise de résurrection. Le concept de réincarnation est le plus diffusé. On a commencé à parler de métempsycose (transmigration des âmes) dans le monde grec vers le IV siècle av. J. C. (Orphisme et Pythagorisme.) Dans cette doctrine, l’âme poursuit son évolution d’existence en existence. Dans la pensée grecque, la réincarnation est un processus de purification permettant l’ascension de l’être vers le divin.

Les Romains, très exigeants sur le plan de l’administration de l’empire, furent toujours ouverts à toute croyance des territoires conquis Ainsi des courants d’inspiration orphique et pythagoricienne ont existé à Rome, en particulier parmi les philosophes et les artistes. En ce sens les Romains sont les premiers à avoir tenté un oecuménisme, ante litteram, dans le Panthéon et la célèbre Biblioteca Pacis.
Dans le judaïsme La doctrine de la réincarnation ne faisant pas partie de la Tradition, on commence à parler de la résurrection de la chair, qui doit avoir lieu à la suite de l’arrivée du Messie. Cependant, l’idée de la réincarnation est présente en quelque passage de l’A.T. et dans la Kabbale, mais de façon particulière. Elle n’est plus une ascèse au divin, ni une sorte d’expiation, mais la possibilité d’une nouvelle vie sur terre pour les vertueux - c’est-à-dire la réincarnation comme récompense.

II Signification chrétienne du terme
C’est dans le Nouveau Testament que le terme « résurrection » est non seulement développé mais prend une image précise dans le récit de la passion, mort et résurrection de Jésus Christ. Le terme grec correspondant c’est ανάστασις (anastasis), signifiant littéralement « (re)lèvement » ou l’acte de se lever.
Paul de Tarse écrit aux Corinthiens « Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ mort pour nos péchés, selon les Écritures ; a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ; et qu’il est apparu à Céphas puis aux douze . Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants… (1 Cor. 15:3-8 )

Considérant que l’on date la rédaction de la Première épître qui est le texte le plus précoce du N.T. entre l’an 53 et 57 de notre ère (soit 20 à 25 ans après la Passion ), la compréhension favorisée dans les Églises est que Jésus-Christ est effectivement apparu vivant après sa mort. Mais le propre de St. Paul est d’avoir mis avec ses lettres, elles mêmes événementielles, l’événement de la résurrection au centre de tout, de telle sorte que la résurrection constitue l’archétype de tout événement, le surgissement à la base de l’histoire, et finalement le résumé de l’histoire elle-même. Si tout le monde, et l’Univers entier, qui actuellement gémit, peut ressurgir, alors il n’y a plus de différences qui comptent : ni Juif ni Grec, ni esclave ni libre, ni homme ni femme (Gal.3,28) Et c’est là que le statut de la Personne devient vraiment universel, indépendant de toute qualité et référence mondaine..
La mentalité de Paul porte ainsi une révolution culturelle permanente et elle attire aussi des écrivains non croyants, comme Badiou, Sichère.. Agambem, qui écrit: Entre les épîtres de Paul et notre époque, il y a une sorte de rendez-vous secret, que nous ne devons pas manquer…nos concepts décisifs sont des interprétations et des sécularisations plus ou moins conscients des thèmes messianiques.
Le Christianisme primitif L’intérêt du Christianisme primitif et dû à certains auteurs qui ont voulu faire croire que l’idée de la réincarnation y était très diffusée. En réalité elle était diffusée mais parmi des mouvements considérés hérétiques, contre lesquels les pères de l’Eglise ont livré un combat acharné. On peut même dire que ce combat n’a fait que préciser le concept de « la résurrection de la chair » dans une série de dogmes : L’homme n’a pas un corps, il est corps aussi.
Parmi les pères c’est St. Augustin qui a eu le plus de retentissement au Moyen Age. Il écrit explicitement dans la Cité de Dieu :N’est-il pas beaucoup plus honorable, de croire que les âmes retournent une fois pour toutes dans leur propre corps au moment de la résurrection plutôt que de revenir maintes fois dans différents corps ?  

III Peut-on « expliquer » la résurrection ?
Assurément n’existe aucune preuve directe d’un mystère de ce genre, ni ne pourrait exister. C’est bien une question de foi. Mais puisque la foi est créatrice d’espoir (il vaut mieux allumer une allumette que maudire l’obscurité) rien empêche de se rendre mieux compte de ce phénomène. Dale C. Allison Jr identifie huit catégories d’élucidations de la croyance en la résurrection de Jésus. En synthèse
Primo, l’unanimité de la conviction chrétienne primitive, dont plusieurs membres témoignaient d’avoir vu le Seigneur

Secundo, la supposition de la résurrection se fondant sur des circonstances qui, en soi, ne sont pas du tout miraculeuses, mais ordinaires

Tertio, la croyance que Jésus aurait ressuscité d’entre les morts fondée, entre autres, sur le constat particulier fait par plusieurs du tombeau vide

Quarto, une hypothèse qu’Allison dit n’être plus « promue aujourd’hui » attribue la croyance en la Résurrection à une vaste tromperie des disciples de Jésus

Quinto, dans ce cas les disciples n’étant ni délurés ni vicieux, auraient pu être sujets à ce que l’on appelle : visions véridiques
 
Sexto, ou alors les disciples croyant traditionnellement en un prophète qui mourrait et reviendrait à la vie, n’ont fait qu’appliquer leur foi à Jésus.
Septimo, en suivant la piste d’un Christ mythologique (qui n’aurait donc jamais existé) certains ont considéré que la résurrection était modelé sur des histoires anciennes.
Octo, une thèse récente avance que c’est l’âme triomphante de Jésus-Christ sur la mort qui a provoqué des visions véridiques aux disciples et a communiqué avec eux.
A tout cela répond un historien pas chrétien mais juif le plus connu du premier siècle, Josèphe, qui a écrit dans Antiquités judaïques : " Cet homme était le Christ... Pilate l’a condamné à la croix... Il leur est apparu, vivant, le troisième jour.

Bien entendu le mystère qui reste, d’autant plus que Jésus en a parlé lui-même dans ces termes, le premier. La réaction des disciples à ce moment était diverse, vivace et variée. Mais cela permet de dire que pour eux, la résurrection constituait plutôt un « événement incroyable » qu’un mythe. D’ailleurs ils n’ont pas cru.


Gli altri articoli della rubrica Teologia :












| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |

30.07.2017