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A propos du livre "Le jour où Lacan m’a adopté" de Gèrard Haddad

Il n’y a plus d’adoption

Christiane Apprieux

L’abandon n’appartient pas au sujet, c’est une propriété de l’objet de la parole. Et lorsque s’instaure l’objet de la pulsion - sans plus de pathos ni de passion ni de pathologie -il n’y a plus d’adoption. Il y a le commencement.

(1.11.2002)

"Le jour où Lacan m’a adopté" de Gèrard Haddad (Grasset, 2002, pp. 374, € 20,00) est-il bien le récit, presque le roman, d’une expérience qui a transformé radicalement la vie de son auteur ? Apparemment ceci est le message de Gérard Haddad, engénieur, agronome, psychiatre et psychanalyste, qui a fait son analyse avec Jacques Lacan.

Dans la psychanalyse française ne se pose aucune question à se déclarer psychiatre et psychanalyste, mais cependant la psychanalyse implique le déclin de la psychiatrie en tant que théorie et cure de la psyché.

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Christiane Apprieux, "Teorema", 1997, olio su tela, cm30 x 46

Et la psychothérapie, qui est une création de Goebbles, n’a pas besoin de Freud pour administrer l’euthanasie de l’intelligence. L’inconscient de Freud reste inguérissable. Les échecs de la maîtrise de soi et de l’autre ne sont pas curables avec une autre maîtrise, ce qui comporte d’autres contre-pas. Ainsi le titre même du roman est une erreur technique, et non seulement de Gérard Haddad.

La rencontre de Haddad avec Lacan s’inscrit-elle dans le mythe ou dans un réel présumé entre deux personnes ? Est-elle vraiment la première fois qu’un psychanalyste raconte son analyse ? Mais surtout, quelle serait-elle la transformation - ailleurs appelée métamorphose - de cette aventure ?

L’expérience de transformation accomplie le cycle de la métamorphose et elle concerne le personnage, celui qui au but du voyage revient au point du départ, c’est-à-dire celui qui s’est occupé de son fantasme fondamental.

Le fantasme d’origine exclu l’originaire. Les questions qui se trouvent encore ouvertes dans la recherche de Jacques Lacan deviennent un système pour ses anciens élèves. Par exemple, il n’y a plus aucune " transformation radicale ", et plus précisément la transformation ne concerne pas l’auteur, le nom - ou sa caricature nommée sujet - mai le temps. La transformation réside dans l’expérience et procède de la racine intellectuelle, de la trace de vie, comme mode de l’ouverture.

L’adoption est créée au nom du nom, en ôtant sa fonction, celle que Freud appelle refoulement. Le père adoptif reste animal totémique, animal de fantaisie.
Ce livre de Haddad est-il un témoignage unique de la pratique controversée de Lacan ? Ou bien, dans ce témoignage, Lacan est le nom de l’Autre (en effet, une variable du nom du nom), celui du père adoptif en tant que positif, en laissant sur le fond l’idée du papa négatif ?
Il n’y a pas de rencontre entre un analysant et un analyste dans le sens de deux qui se rencontre, même dans l’intersubjectivité polynomiale. L’inexistence du rapport sexuel est aussi celle de cette gnose impossible de la rencontre.

La rencontre advient avec le semblant, l’objet de la pulsion, dans le contingent. Et le psychanalyste occupe la position impossible de semblant, sans l’être et sans se prendre pour.

Quel est donc le statut de la métamorphose de l’aventure qui durera onze ans d’analyse ? Le personnage ainsi crée par la métamorphose ne peut qu’être un façonnage d’un sujet de zoologie fantastique, ce que Pirandello appelle toujours " en cherche d’auteur ". La métamorphose est une figure gnostique - qui impose l’arbre de la connaissance du bien et du mal à la place de l’arbre de la vie - c’est-à-dire un contre-pas de la connaissance impossible. En outre, la durée - les années d’une analyse - est une façon de noyer le temps dans le lieu commun et dans la fin des choses.

Ce qui compte ce n’est pas l’importance de la durée d’une analyse mais l’élaboration, l’articulation, et surtout le devenir dispositif intellectuel et non plus personnage. Alors, ils sont essentiels le projet et le programme de vie - qui sont inconscients, ou bien non-conventionnels - et les dispositifs du faire sans lesquels il n’a pas d’entendement, ce qui n’empêche pas chacun d’avoir la sensation de tout comprendre.

Quel est la question du dégât à propos de sa propre vie ? En croyant en la ritournelle lacanienne que ce qui peut arriver de mieux à l’homme n’est rien d’autre que les dégâts de sa vie, Haddad ne peut que poursuivre dans l’économie de ses dégâts. Haddad croit dans le dégât, qui résulte fondamental pour lui. Et la croyance dans le dégât est celle aussi dans le " fait " - dans le réalisme qui est abdication au symbolique - qui ôte l’actuel et rend le signe un souvenir indélébile, tracé sur la tabula inconsciente : " La principale revelation fut précisement la découverte du fait religieux dans l’inconscient ".

Haddad ne semble pas effleuré par la foi - l’opérateur absolu - et la question religieuse reste un prétexte, un pendant entre papa et son enfant. Si la plus grande affaire de son analyse réside dans la révélation du fait religieux dans l’inconscient, l’analyse doublerait le point d’arrivée sur le point du départ. C’est le cercle gnostique et magique de la répétition du même, qui selon Freud est forgée par les mains du supposé sujet.

La question fondamentale n’est rien d’autre que la question circularisée, qui tourne en rond autour d’un point fixe établit par le fait religieux. C’est le fantasme maternel, naturel, qui couvre la question de la religion comme si elle concernait le père et son fils. La religion comme relation - sans plus de religiosité - c’est un mode de l’ouverture, ce qui reste impensable pour le lacanisme, et hors de la portée du freudisme.

À un certain point du roman de son analyse, Haddad lance un nouveau combat contre l’impossible. Et l’occurrence ? Que reste-t-il de l’épreuve de vérité qui habite le contingent et non pas l’impossible ? Certes, cela n’est pas une exclusivité de Gérard Haddad. Par exemple, Jacques Derrida fonde sa philosophie sur l’impossible et donc il croit possible de poser de véritable question à la psychanalyse. La lutte contre l’impossible exclu le contingent, la guerre intellectuelle - l’autre nom de la politique du faire (ce qu’il faut faire).

Le combat de Gérard Haddad - qu’il soit nouveau ou vieux - porte au drame ; et en tel sens, son livre est le drame d’un personnage en cherche d’auteur, qu’il semble le trouver le jour où Lacan l’a adopté. Rien n’est moins discutable de cette adoption. Dans ce cas, " le " Lacan duquel parle Haddad est un autre personnage bâti pour la nécessité du scénario. Définir Lacan comme son père et sa mère dans le transfert signifie que Lacan est le miroir de la famille : miroir domestique. Toi pertinent comme nom du père, c’est-à-dire nom du nom. Forclusion de la forclusion.
Le questionnement de l’expérience des autres psychanalystes qui ont été en analyse avec Lacan porte Haddad à s’interroger sur le statut de la structure mafieuse dans la psychanalyse.

Il faut dire que le fantasme maternel non prit dans l’élaboration est mafia. Qu’est ce que la mafia ? C’est une forme de généalogie. À la même question posée au congrès de Rome de l’École Freudienne en 1974, Lacan a répondu que la société est mafia. La copie de l’Autre et la copie de soi est mafia. La société des copies et des places est mafia. La famille dans la fantaisie d’adoption est mafia (l’accueil d’un enfant dans une autre famille requiert d’autres dispositifs). Qu’est ce que la famille mafieuse ? C’est la famille sans son mythe. La famille présumée réelle.

Le mythe de la famille ne s’instaure pas par voie d’adoption, mais en parlant et en faisant selon l’occurrence, sans principe de choix, sans alternative. Lorsqu’un psychanalyste occupe une position paternelle ou maternelle rien ne commence, parce que la fonction du nom ne s’instaure pas.

L’abandon n’appartient pas au sujet, c’est une propriété de l’objet de la parole. Et lorsque s’instaure l’objet de la pulsion - sans plus de pathos ni de passion ni de pathologie -il n’y a plus d’adoption. Il y a le commencement.

Christiane Apprieux, codirecteur de "Transfinito".


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19.05.2017