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Il est initié à l’art de peindre et au mélange des couleurs par son père

Carlo Levi : de la peinture à l’écriture

Oscar Carchidi

Vues les multiples facettes de sa vie et les combats menés sur des fronts complètement différents nous pouvons affirmer, sans faire de l’apologie gratuite, qu’un géant s’est promené pendant un demi-siècle dans une Italie que parfois on aimerait bien oublier.

(1.10.2001)

Peintre délicat, écrivain à succès, journaliste éclairé, politicien sérieux, cet artiste, qui a fait plusieurs séjours en France, a traversé les années les plus troubles de l’histoire italienne de ce siècle en se battant pour la démocratie, mais aussi pour les arts.

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Carlo Levi, "Autoportrait"

Connaissez-vous Carlo Levi ? Bien sûr que oui ! C’est cet immense auteur italien émergé dans l’après-guerre avec " Le Christ s’est arrêté à Eboli ", dont le cinéaste Francesco Rosi a tiré avec bonheur un film* (en 1978) que les télévisions du monde entier programment encore régulièrement. C’est une fresque humble mais grandiose d’un coin du sud italien, ce qu’on pourrait appeler l’Italie profonde du temps mussolinien, avec toutes ses mesquineries et ses lueurs d’espoir. C’est un récit, presque un journal du peintre Levi des mois passés en exil, en 1935 et 1936, dans cette campagne ensoleillée mais lugubre, pour cause d’idées démocratiques. Né à Turin en 1902 dans une famille bourgeoise et intellectuelle, il est initié à l’art de peindre et au mélange des couleurs par son père, ami d’artistes et libre penseur.

Il suit toutefois des études tout à fait classiques et obtient son diplôme de médecin à l’âge de vingt-deux ans. La prise de conscience politique de Carlo Levi date de la fin du premier conflit mondial en 1918, quand, tout jeune, il rencontre Piero Gobetti, une des grandes figures du syndicalisme italien (qui fut ensuite la bête noire du régime dictatorial). Dès la prise de pouvoir par Mussolini en 1922, Carlo Levi collabore à la revue " La Révolution Libérale " de Gobetti et pour cela il se fait naturellement " ficher ".

Il abandonne l’idée de s’installer comme médecin, car il a commencé à s’intéresser à la peinture de façon régulière. Dans ce domaine aussi il excelle et il expose pour la première fois en 1923 à la quadriennale de Turin, avant de faire partie du groupe des " Six de Turin ". Critiques et historiens de l’art le soutiennent ce qui lui permet de participer à la première quadriennale de Rome en 1931. Il s’installe à Paris pendant trois ans, de 1932 à 1934, où il expose à deux reprises à la Galerie Jeune Europe et à la Galerie Bonjean. Ses amitiés et sa participation au mouvement antifasciste " Giustizia e Libertà " lui valent , dès son retour de France en 1934, d’être mis en prison pendant trois mois avec une mise à l’épreuve de deux ans. Mais il est à nouveau arrêté en 1935 et envoyé " aux confins ".**

C’est justement dans cet exil forcé qu’il a troqué le pinceau pour la plume, si bien qu’on oublie presque qu’il a été et qu’il reste avant tout un peintre de grand talent. Il est aussi vrai qu’un artiste, un vrai, peut souvent s’exprimer avec la même force dans des domaines divers. Pour rappeler tout de même que Carlo Levi a été et reste avant tout un peintre, ou tout au moins peintre et écrivain (et pas seulement écrivain) que sa Fondation, qui vient de se doter d’une nouvelle salle à Rome, a l’intention d’organiser des expositions thématiques parmi les huit cent toiles de son fond propre. Pour l’inauguration de ces cycles dans leur nouveaux locaux de Rome, la Présidente, Pia Vivarelli a choisi le thème des portraits. Ces portraits qui ont été exécutés entre 1926 et 1960 nous offrent un échantillonnage presque complet d’ un genre que le peintre affectionnait particulièrement où la saisie de la psychologie du modèle vaut de longues pages biographiques. Des modèles pas anonymes défilaient dans son atelier : outre sa propre famille, presque tout le gratin de la culture et de la politique italienne et internationale a été saisi par l’œil et la main de Carlo Levi. Et tous étaient du nombre de ses amis : de Pablo Neruda à Frank Lloyd Wright, de Eugenio Montale à Anna Magnani, une galerie impressionnante de tous ceux qui ont ’fait’ le siècle. A partir de la chronologie des œuvres il est aussi intéressant de voir l’évolution du langage figuratif de l’artiste et pour les spécialistes de cette période italienne, les influences subies.

A partir des années trente et grâce à l’historien d’art Venturi, les jeunes artistes turinois " Le Groupe des six " se tournent vers la culture européenne et surtout française, en prenant comme référence les lignes pures de Modigliani, en se rapprochant de l’élégance et de la clarté de la palette du post impressionnisme et en admirant l’art décoratif de Matisse.

Carlo Levi, lui même, analysait sa peinture de la période de l’exil comme une nouvelle manière de style due à cette expérience forcée qui ensuite déterminera sa poésie. Car on peut parler de poète aussi par la délicatesse des couleurs et la sobriété du trait. Carlo Levi en 1939 se réfugie de nouveau en France à la suite des lois racistes de ce moment trouble de l’histoire italienne, mais il retourne à Florence en 1943 où il joue un rôle actif dans un parti antifasciste. Arrêté en 1943, il est libéré à la fin de la guerre. Directeur de journaux dès la libération, il n’a jamais cessé de peindre. En 1954 la Biennale de Venise lui rend un hommage solennel.

Elu Sénateur pour la première fois en 1963 il a occupé cette charge jusqu’à son décès en 1975. Vues les multiples facettes de sa vie et les combats menés sur des fronts complètement différents nous pouvons affirmer, sans faire de l’apologie gratuite, qu’un géant s’est promené pendant un demi-siècle dans une Italie que parfois on aimerait bien oublier.

Notes

*Le film porte le même nom que le roman. Le metteur en scène, F.Rosi, a toujours exprimé avec grand talent de manière très réaliste sa sensibilité pour le Sud. L’acteur qui incarne l’auteur du récit est un dieu de l’écran : Gian-Maria Volonte ; dans un deuxième rôle on retrouve l’inoubliable Alain Cuny.
** Sorte de bannissement inventé par le régime fasciste : la personne " non grata " était assignée en résidence surveillée dans des petits villages ou îles des régions les plus déshéritées de l’Italie de ces temps là, à ses frais ou aux frais de sa famille. Carlo Levi a été envoyé dans un ’trou perdu’ de la Lucanie, région au sud de Naples.

Article publié sur "Côté Arts" N° 9 sept-nov 2000

Oscar Carchidi, directeur de la revue internationale de diplomatie "Rue des Consuls", Marseille.


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30.07.2017