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Entretien à Giuseppe Pontiggia

Le jardin de l’écriture comme sommet de celui de la lecture

Giancarlo Calciolari

"Je cherche à trouver le point d’intersection entre la lecture strictement personnelle et la lecture "objective". Mais je pense aussi que l’objectivité la plus extrême s’obtient au comble de la personnalisation."

(1.10.2001)

Quel est le fil de la recherche intellectuelle de Giuseppe Pontiggia dans Le Jardin des Hespérides(1)?

Premièrement, je dirais que c’est une idée du parcours critique, qui est en même temps une expérience personnelle et aussi un voyage narratif. Tout en sachant la différence entre un essai et un récit - sur le plan de l’engagement stylistique - j’ai toujours dédié une concentration de la même d’intensité; et aussi sur le plan des genres, j’ai toujours cherché le mélange et non la séparation. Donc, dans Le Jardin des Hespérides, il y a des récits critiques et des essais qui ont un profil narratif: des parcours très libres dans leur conscience, dans leur mémoire des classiques. L’idée est que la littérature est essentiellement l’imagination du présent et la présence de la mémoire des textes du passé.

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Hiko Yoshitaka, "Teorema della relazione", 2000, pastelli a olio su carta, cm 23x30

D’où vient ce dispositif de lecture et d’écriture qui intègre chaque élément dans son parcours, sans exclusion?

Un des signes du travail littéraire, pour moi nécessaire, consiste dans l’attention qui devient plus aiguë, soit pour qui lit, soit pour qui écrit. La curiosité devient attentive. La littérature doit être toujours une découverte, une révélation: l’avancement dans un territoire que l’on avait pas encore exploré.
Dans les récits et dans les essais, je pars d’une image de laquelle je ressens la potentialité. Ici, je développe un travail qui a souvent un mouvement circulaire. La conclusion se renoue au commencement, si l’essai a sa nécessité. Ceci n’est presque jamais le fruit d’un calcul: il naît de la structure souterraine de l’essai.

Alors, est-ce que chaque élément peut devenir littéraire, poétique? Également une ineptie du quotidien?

Je pense que la banalité est de celui qui regarde et non de la chose en soi. La littérature peut aussi bien partir des inepties, qui pour les classiques avec un autre sens. Petrarche parlait d’inepties. Horace, aussi. Le prétexte peut être immédiat, quotidien, occasionnel, mais ce qui compte est de l’insérer dans un contexte qui lui donne de l’air, qui concerne l’auteur et le lecteur dans une nouvelle symbiose.

Pour vous, quel est le mythe des Hespérides?

Le jardin des Hespérides a toujours exercé une grande suggestion sur moi, parce qu’il est lié à une image chargée d’intérêt de l’enfance, c’est-à-dire le coucher du soleil. Les Hespérides sont à l’Occident extrême. La terre ou le soleil se couche. Dans le même temps, ce coucher du soleil n’est pas un déclin définitif, car les Hespérides symbolisent la continuité de la vie. Les pommes d’or sont une image d’une puissance vitale extraordinaire. Probablement, j’étais intéressait à cette intersection de coucher du soleil et de naissance, de nuit imminente et d’aube.

Dans l’essai sur l’homme de lettre et l’inexistence, vous parlez de certains écrivains qui ont neutralisé la bombe de la parole. Or, quelle est la nature de cette puissance?

Selon James Hilmann, l’élève le plus doué de Jung, les mots sont chargés de puissance. Pour les anciens, la parole était divine. Or, les hommes de lettres ont souvent peur des mots - de ce que les mots signifient. C’est pour cela qu’ils déplacent leur attention sur les signifiants et non sur les signifiés. Sur la forme et non sur le contenu. Bien sur, cela a un sens, mais parfois l’attention se concentre exclusivement sur le signifiant. Car, ce que la parole signifie est aussi menaçant, inquiétant. Elle a la charge d’une puissance religieuse.

Je dis que les écrivains, qui devraient profiter en premiers de cette potentialité de la parole, sont en grande partie les premiers à la liquider, à la voir futile, à la rendre pauvre, à la vider de toute son énergie. Donc, je trouve que l’usage de la parole qui est fait souvent par les lettrés est celui de la priver de sa force immense.

De la confrontation avec cette force ne vient-il aucune garantie d’existence pour l’écrivain?

Il y a deux aspects différents. D’une part, l’écrivain se mesure avec les mots, mais il a aussi peur des mots et il peut se réfugier dans la littérature, dans le sens négatif du terme. Lorsque Verlaine dit que tout le reste est littérature, il entend dire cela, c’est-à-dire une évasion de la réalité. D’autre part, découvrir les mots correspond pour l’écrivain à découvrir des univers. Ceci peut expliquer comment en plusieurs occasions l’écrivain choisit le parti le plus lâche et le plus rassurant, celui de désamorcer les mots.

Pour ce qui concerne l’inexistence, c’est un problème qui touche des écrivains, parfois même très connus. Peut-être que seulement dans la littérature il y a une vérification qui n’est pas bien fondée comme dans les autres domaines. L’homme de lettres a toujours la peur d’avoir construit sur le vide, et la peur aussi qu’une nouvelle génération d’écrivains ou une nouvelle critique puissent liquider son travail, en le faisant retomber dans l’anonymat, qui était sa crainte la plus grande lorsqu’il était clandestin, au commencement de son chemin.

Quelle est la leçon que vous même vous avez tiré de l’écriture du Jardin des Hespérides?

Or, en le relisant, j’y trouve encore de l’intérêt. C’est suffisamment rassurant. Je suis très exigent face à ce que j’écris, et je détruis beaucoup de ce que j’écris. Je conserve ce qui dans une autre lecture se révèle encore comme quelque chose de potentiellement germinal, et donc susceptible d’un développement ultérieur.
En relisant ces essais, je découvre que les auteurs lus font partie de mon expérience. Ce qui reste est leur influence. Je pense que le livre important est celui qui modifie le lecteur. Sans prendre ce changement de façon narcissiste, mais plutôt dans un sens personnel, radicalement, c’est-à-dire en me confrontant avec le texte pour exprimer ce qui le texte produit en moi. Dans cela, le lecteur est présent, non comme un auditeur qu’il faudrait persuader, mais comme la limite critique du discours.
Je cherche à trouver le point d’intersection entre la lecture strictement personnelle et la lecture "objective". Mais je pense aussi que l’objectivité la plus extrême s’obtient au comble de la personnalisation.

Au fond, je suis vraiment objectif lorsque j’arrive à dire avec la plus haute transparence et simplicité ce que j’ai vraiment éprouvé. Parce que ici le problème n’est pas de se souvenir, mais de découvrir.

(1) Giuseppe Pontiggia
Le jardin des Hespérides
trad. de l’italien
par François Bouchard
José Corti éd., 284 p., 140 F.

Propos recueillis par Giancarlo Calciolari,
Milan, le 26.9.1996.


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