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A propos du roman de Christine Angot, "L’Inceste"

L’inceste du lieu commun

Christiane Apprieux

De la matière de la parole fait naufrage aussi la matière du nom, la matière du père. Il reste le chien : le « mon cœur » qui devrait veiller sur la vie de la fille de Christine, dans le roman.
Cœur de chien ? L’homme animal, l’animal homme ?
Ainsi s’achève le roman de Christine Angot :
« C’est terrible d’être un chien ».
Oui. Se croire un chien c’est un sacrilège. Un inceste.

(24.05.2005)

L’histoire, apparemment, est simple. Un épisode d’homosexualité féminine de trois mois. Mais, qu’il soit déjà un épisode ou le surgissement de quelque chose qui est beaucoup plus ancienne, cela n’est pas clair.

Et que n’est-il aujourd’hui de l’homosexualité sans obligation à respecter le politiquement correct ? L’homosexualité féminine est-elle l’inceste avec la mère par personne interposée ?

L’histoire du roman Inceste de Christine Angot ne se démêle pas, et du souvenir revient le bloc erratique de l’inceste avec le père.
En quoi, ce roman - où l’écriture semble une psychothérapie ratée - est un roman ?

Neysa Grassi, "Untitled"

Dans le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey, nous pouvons noter sous le mot « Inceste », ceci : du latin classique incestum, nom, proprement « sacrilège ».

Mais pour Christine Angot quelle est la définition « d’inceste » ? Un tabou, un secret, une identification maternelle travaillée en négatif ?
Son fantasme est-il ce des femmes rivales ? L’autre femme en compétition avec la mère pour remporter le phallus paternel (qui existe seulement dans le monde des Idées de Platon).

Et quel est l’inceste de l’écriture pour cet écrivain ?
Christine Angot puise ses références autour de la définition de l’inceste dans le Dictionnaire de la psychanalyse d’Elisabeth Roudinesco, mais c’est un clin d’œil au psychanalytique correct en France.

L’écriture de Christine Angot est une fusion de mot et une fusion d’histoire. Sans confusion, qui serait d’un autre registre fantasmatique. Christine aime - pendant trois mois - Marie-Christine. Mais, ce qui serait plus juste, Christine haït pendant trois mois Marie-Christine. Marie Christine est à la fois la femme et l’autre femme. La fée et la sorcière.

Son roman autobiographique fait parler, dérange et la curiosité pour l’inceste intrigue toujours le lecteur qui baigne dans l’inceste social et universel. Elle ose, elle provoque ce tabou par l’écriture. Surtout, ce roman parle de son homosexualité de trois mois, mais intense, de son père complice dans l’inceste, de cette mère qui peux lui répondre au téléphone ou lui donner un petit conseil, mais sans jamais la toucher dans sa vie, cette mère presque inexistante dans l’écriture mais qui sait...

Quel est le message de l’écrivain ?
Le message de Christine Angot n’est pas une question intellectuelle, mais un besoin d’abolir un tabou par l’écriture, c’est-à-dire de le reproduire.

Son roman autobiographique peut nous déranger par son écriture qui va trop vite, qui est trop forte, par sa syntaxe « désaxée ». Elle parle du présent comme du passé ou du futur, comme si tout était la même chose.

Cette fusion est l’inceste : cette colle entre les mots et les choses, au point de prendre les mots comme choses.
Mais « l’inceste » de Christine Angot est seulement son cas.
Son propre cas phénoménologique fait-il vendre ? Et à quelles conditions ?

Christine Angot est-elle prise au piège de son piège ? Autrement dit, est-elle collée à sa colle ? Du même au même en passant par le même.

Sa provocation d’écriture n’est qu’un déni de la question intellectuelle, consigné au savoir commun d’un dictionnaire ? La question érotique, l’inceste, est sans intellectualité.

Il y a une tentative d’ôter le soi, qui n’est pas sujet mais objet, afin de rendre toutes les choses comme des objets. Et Marie-Christine est cette femme double.

C’est ça le matricide : ôter la mère et survivre avec deux mère, l’une bonne (à rien) et l’autre méchante (à tout). Mais surtout le matricide n’est pas la mise à mort de la mère (pour en prendre la place de façon plus au moins mimétique), bien plus est celui de la matière de la parole, afin que le discours des discours - la colle - règne.

La parole « inceste » fait vendre, le lecteur est avare de ces livres qui sont du lieu commun, savoir tout sur les liaisons, les rapports et naturellement sur l’inceste qui concerne tout le monde.
Elle se permet d’écrire autour d’un tabou qui pourrait devenir une question analytique.

Nous pouvons dire que l’écriture de l’inceste sera l’impossible mise à nu, le spectacle, le refoulement de soi donné en pâture aux lecteurs avides.

La question du père peut être élabore comme la question de Lacan, « Il n’y a pas de rapport sexuel ». L’analyse est dans ce thème à articuler autrement, et qui dans le roman devient provocation, abus, fantasme et spectacle pour le lecteur.

L’inceste serait une question du maître et de l’esclave ? Du maître et de l’élève ? Le dispositif conventionnel est l’inceste. Le mythologique lien social de la pensée unique est-il l’inceste ?

Christine Angot ne dit-elle simplement : voici le lien social ! « Vous êtes tous dans l’inceste ! » ?

C’est une fiction celle d’être en prise directe avec le réel, tout en laissant les autres survivre dans la fiction sociale.

L’inceste, le rapport, le lien, la relation entre deux, deux par deux jusqu’à l’infini, les lieux des sujets.

Inceste est écrit sous l’enseigne du matricide. Nous pouvons appeler matricide l’écriture de Christine Angot.
Et de la matière de la parole fait naufrage aussi la matière du nom, la matière du père. Il reste le chien : le « mon cœur » qui devrait veiller sur la vie de la fille de Christine, dans le roman.

Cœur de chien ? L’homme animal, l’animal homme ?
Ainsi s’achève le roman de Christine Angot :
« C’est terrible d’être un chien ».
Oui. Se croire un chien c’est un sacrilège. Un inceste.

Christiane Apprieux, co-directeur de "Transfinito".


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