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La « reconnaissance » du mal

Christian Pagano
(9.03.2015)

Nous n’avons pas besoin d’un Dieu qu’on puisse comprendre (Job)

Il n’y a pas de problème qui ait suscité plus d’hypothèses, à partir des mythes les plus anciens, que la mal. Son opacité, son antériorité insondable, son excès débordant toute intentionnalité et aussi notre plainte confrontée à ce mystère, invite constamment la pensée à son propre dépassement, à penser autrement. Le livre de Job, en ce sens, est un de ces chefs-d’œuvre de l‘humanité ayant eu le plus de commentaires.
Dernièrement Jung écrivant une « Réponse à Job », traite ce problème, qui dans un cadre monothéiste, suppose, selon lui, des principes opposés dans un seul Dieu. Et voilà, le problème central. Si le christianisme a la prétention d’être une religion monothéiste, il ne peut se passer de l’hypothèse que les contraires sont unifiés dans un Dieu. Mais comment ? L’interrogation de Boèce résonne toujours Si vraiment Dieu existe, d’où vient le mal ? Mais d’où vient le bien s’il n’existe pas. D’autre part : Que pouvons-nous savoir de Dieu ? La passion de l’Infini qui nous anime ne suscite plutôt en nous, une conjonction permanente du mal et du bien ? En d’autres termes : Serait-il inscrit dans tout progrès humain une loi de destruction, qui anticipe toute créativité ? Dès lors le propre de la nature humaine indéfinissable rendrait-elle toute perfectibilité suspecte ? Il y aurait une faillibilité inévitable, à l’origine de toute culpabilité ?

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Hiko Yoshitaka, "Senza titolo", 2012, cifratipo a olio su carta di puro cotone

La mal, en effet, qu’il soit fait ou subit, se pose et s’impose avec une force et une logique indiscutables, de sorte qu’évacuer sa réflexion, c’est évacuer aussi l’origine de la pensée, voire celle du monde La souffrance qui ronge toutes les espèces vivantes, à partir des formes les plus simples jusqu’à l’humain, c’est le « scandale », par excellence qui culmine avec la mort, dont seul l’homme est conscient. Le plus urgent d’ailleurs, ce n’est tant de résoudre le problème, que d’en évacuer la cause, qui nous enferme dans une subjectivité, sourde à tout le reste du monde. Souffrance et enfermement.

Et cependant un cri s’échappe, presque une prière, un appel à l’aide, à une extériorité. Cela indique que le mal n’est pas seulement un problème théorique, mais il convoque la totalité de l’homme et son agissement, y compris toute sa volonté. Sa force et sa dureté viennent aussi du fait, que souvent inobjectivable, le mal, certain comme la vie, se dérobe dans l’acte de m’atteindre. Comment alors plaider ma cause contre lui ? Comment l’éliminer sinon en adoptant le mal par le mal ? Comme si dans son épreuve, « je » me découvrirais une responsabilité universelle. Cet excès du mal interpelle toute croyance, et tient paradoxalement ouverte la question du sens, de l’absolu, et par conséquent celle de la religion? Ne serait-ce déjà là une conséquence du mal : l’impossible clôture de toute pensée ? Cela ne va pas sans évoquer encore le livre de Job, mais la réponse de Job au mal s’exprime finalement de façon insurpassable dans une reconnaissance du mystère, qui mettant en crise toute mythologie fondée sur le principe de rétribution, déclare : l’Éternel a donné, l’Éternel a repris, béni soit Son Nom : nous n’avons pas besoin d’un Dieu qu’on puisse comprendre !

La révélation du mal

Parlant du mal, il faut néanmoins distinguer le mal naturel, le malheur (maladie, mort, malaises, catastrophes, agressions naturelles) et le mal moral, la faute qui induit une culpabilité dont seul l’homme est capable : injustice, oppression, privation de liberté, meurtre, mensonge etc. Plus subtile est la distinction entre la douleur qu’on indique avec le verbe avoir et la « souffrance ». On dit : « J’ai une douleur », mais « Je souffre ». Souvent tout concourt à une « crucifixion ». D’ailleurs la circulation globale et instantanée des informations nous rend aujourd’hui plus conscients de la souffrance du monde : les pauvres, les affamés, les malades, les persécutés, les exclus de toute sorte sont par millions. La capitulation de la raison face au malheur inexplicable, risque de laisser l’homme seul dans sa protestation doutant de toute Providence
Mas il faut déjà dire que rien n’atteste mieux la vie, que la souffrance. Elle prouve que le « Je » n’est jamais une place vide. Que la souffrance provienne de la chair ou de l’esprit, qu’elle soit d’origine physique, psychologique, ou spirituelle, celui qui souffre, c’est moi. Je suis seul avec elle, seul à la connaître, seul à la porter, seul à la supporter. Personne ne peut souffrir à ma place. Et pourtant ce « sentiment » qui s’exprime en moi, par moi, ne dépend pas tout à fait de moi, il est la prémisse et la promesse de tout autre. Il exprime une Passion, universellement ressentie : la catégorie même dans laquelle la vie s’éprouve elle-même dans sa plus haute intensité.
La souffrance est donc aussi une indication et une révélation. Elle indique l’union entre chair et esprit, individu et humanité, et encore entre la personne et l’Univers, sans confusion ni séparation. Dès lors l’empathie se révèle un principe constitutif de la tradition humaine, qui s’applique même à la Nature, qui gémit aussi, selon l’expression paulienne, aujourd’hui plus que jamais. Dès l’antiquité on faisait remonter la souffrance, souvent la folie, à la démesure du désir humain. Le bouddhisme tend à éliminer le désir. Est-ce simplement possible sans évacuer aussi la joie, le courage, l’amour, la parole même ? Heidegger notait une proximité entre douleur, algos et parole, logos.
Le mal se présente virtuellement comme un accident annoncé : il est inscrit dans l’inachèvement de la création. Dès lors on peut se demander pourquoi la création est inachevée. Là il y a des réponses possibles mais aucune n’est exhaustive. On peut dire que c’est pour permettre l’essor de la liberté, mais alors pourquoi tant d’êtres naissent-ils et meurent-ils, souvent dans les pires conditions, sans accéder à la liberté ? Serait-ce pour montrer l’unicité de la condition humaine ? Mais à quel prix ? En effet on peut dire : si Dieu est amour, il ne pouvait que créer un’Altérité libre, pour que l’Amour soit. Cela signifierait-il que nous serions destinés à devenir cette altérité et donc Dieu même ? Comme dit Whitehead, nous avons non seulement un Dieu à l’origine mais aussi à la fin... Ayant goûté de l’arbre de la science du mal et du bien, l’homme serait partie de la face cachée mais future de Dieu ?

Au commencement

Cela dit, nous ne sommes jamais des initiateurs absolus de quoi que ce soit, même pas du mal. En fait nous nous retrouvons toujours à une croisée des chemins, et tout croisement est un creuset transformateur qui pose souvent un questionnement, voire une souffrance … cruciale : une sorte de transformation alchimique douloureuse. Le mal s’exprime alors comme le provisoire, la limitation, l’incomplétude, le négatif, l’ombre, l’irrationnel, l’accident, est donc toujours relatif. Le mal serait-il alors virtuellement compris dans le geste créateur ? Mais puisque la création s’avère non seulement permanente, en bonne part dépendante de l’homme, on peut se demander : l’homme ne serait lui-même pétri de Logos et chaos, ange et démon, capable du meilleur et du pire, lumière et nuit, image de Dieu mais aussi de l’Univers, dont l’expansion ne s’explique que par la présence d’énergies obscures ? Que serait dans l’homme cette origine obscure sinon l’image pathétique de tout être inachevé, dont le dualisme est l’héritage ?

Paraphrasant ce que Pascal disait à propos du péché originel, avec lequel la genèse du monde forme un tout, la création ex nihilo est le mystère le plus insondable, mais sans lequel on ne comprend pas tout le reste. C’est pourquoi il a été constamment contesté par maintes philosophes. Il est difficile d’admettre que tout ce qui est réel n’est pas nécessairement rationnel ni éternel ; de continuer à se débattre dans un monde en constante évolution, d’ en rechercher les raisons sans prétendre en avoir la raison finale, tout en étant obligé à y participer. On ne saurait exiger plus… Mais cela ne justifie pas de concevoir le Mal comme une divinité négative, quand bien même le Mal contribue - avec toute sorte de limitations - à établir dans le monde des unités discrètes qui peuvent être autant de moyens permettant des nouveaux assemblages libres et donc créatifs.

Après la « mort de Dieu », il y a danger qu’en excluant le mal de tout horizon théorique, l’idée même de l’homme soit atteinte, sans parler de sa liberté et de sa créativité. Paradoxalement la persistance du mal exprime la négation de tout nihilisme, qui ruine, comme dit Planck, tout espoir d’un avenir meilleur. Kundera, dans son roman l’Ignorance, suggère aussi une piste insolite du « mal » dans l’acception du terme « nostalgie », come le désir pathétique du retour à la maison, du grec nostos, retour, et algie, douleur.

La traversée

Intérieure à un sujet qui l’endure, la souffrance reste cependant mystérieuse. On ne dissipe pas la souffrance, mais on peut la traverser. Le terme souffrir vient du latin sub-ferre qui signifie « porter un poids ». Cela veut dire aussi que la souffrance, quels que soient son poids et sa durée, ne dure qu’un temps, qu’elle-même signe dans sa traversée. Alors seulement nous pourrons faire cette expérience étrange : une souffrance totalement acceptée, qui donne le droit d’être soulagée, fait ressentir une joie profonde. Celle-ci peut alors devenir féconde, sensible à la vie, sensible aux autres, elle devient compassion et amour.
C’est ici qui apparait le premier paradoxe du mal. Il est lié à la forme particulière du désir humain, qui non content de désirer une chose, désire aussi le désir de l’autre. Une dualité double, donc, qui s’ouvre ainsi sur une chaine de transmission infernale, laquelle ne s’éteint que dans le sacrifice d’une victime. Selon René Girard la particularité des récits bibliques en particulier celui de Passion sont les seuls, qui dans l’antiquité dénoncent ce mécanisme diabolique. Dès lors, à l’imitation du Fils de l’homme, on ne peut qu’affronter le mal pour éviter de le transmettre. Encaisser sans se faire déstabiliser, en fait stopper, autant qu’on peut, la chaine qui nous enchaine.

D’où l’autre paradoxe, ressenti, parait-il, aussi par Heidegger et d’autres en fin de vie : face au mal, seul un Dieu peut nous sauver. Cela réintroduit, de façon subreptice le thème de la reconnaissance de Job, voire de la reconnaissance tout court. Son parcours suivant Ricœur, se développe en trois étapes, que j’interprète comme autant d’étapes pour une con-naissance ouverte, au sens biblique de conception en acte, voire capacité de renaissance permanente.

La première étape est l’identification au sens d’une récognition sincère de la place relative qu’on a dans la vie. On découvre que tout ce qu’on a on l’a reçu.
Comment ? C’est un mystère mais aussi une évidence. Pourquoi faire ?

La deuxième étape est une reconnaissance agissante : face à l’amour il n’y a pas d’autre logique que le recevoir et le donner. Le mal suggère toujours un dépassement de la pensée, vers la pratique. De quoi, serions-nous capable ?

On passera enfin à la reconnaissance mutuelle. Celle d’un Amour tout-puissant qui rejoignant la tout puissance d’amour, nous permet en quelque sorte de faire de même, presque déifier, rendant grâce, tout ce que nous voyons. A part l’extension de toute sensibilité, l’ataraxie, il n’y a pas d’autre logique que celle paulinienne de la surabondance de la grâce, du « combien plus ».

C’est la logique de la croix, la où toute les figures négatives de la création : le chaos, le serpent, la captivité, les monstres et le serviteur souffrant, se résolve dans la lumière du Fils de l’homme qui meurt par Amour.

En conclusion l’absurdité du mal qui s’impose sans raison, ne paraît pouvoir être vaincue que par l’acceptation libre d’autre chose qui comme le mal s’offre a nous sans raison, mais qui différence du mal, il est la révélation même de la Raison : un Amour infini qui nous demande un amour universel.


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