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Alain Badiou. Philosophie et politique

Giancarlo Calciolari
(17.12.2013)

Ecrivain, philosophe, professeur à l’Ecole Normale Supérieure, Alain Badiou est notamment l’auteur de L’être et l’événement (Le Seuil, 1988). Là où Sartre mettait le néant pour Badiou il y a la question di faire, de la praxis, que comme pour Sartre est éminemment politique. Autour du rapport entre philosophie et politique se tisse ce petit livre, La relation énigmatique entre philosophie et politique, qui contient trois conférences : l’une qui donne le titre au livre et deux autres : « La figure du soldat » et « La politique : une dialectique non expressive ».

Alain Badiou est intéressé à fonder une nouvelle philosophie qui est requise pour clarifier et aider la naissance d’une nouvelle science. Et il fait l’exemple de l’invention d’une science de l’histoire pour Marx, le matérialisme historique, suivie par l’invention d’une nouvelle philosophie, le matérialisme dialectique.

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Oeuvre de Hiko Yoshitaka

Le travail théorique d’Alain Badiou cherche à se démarquer de « la thèse très répandue de la mort de la métaphysique, la thèse postmoderne d’un outrepassement du philosophique par des intellectualités neuves plus mélangées, plus métissées, moins dogmatiques ». C’est à vérifier si les nouvelles figures de la lutte collective sort d’une invention ou d’un métissage encore plus sophistiqué de la thèse citée. D’ailleurs ce que Alain Badiou vient de dire pour la philosophie fonctionne aussi pour la psychanalyse, où la mort de la psychanalyse est annoncée et pratiquée depuis des décennies dans la presse, soit grand public que la presse spécialisés, et bien sur aussi dans les universités, aussi israéliennes.

Pour Alain Badiou le relation entre philosophie et politique n’a rien d’énigmatique. La vérité étant philosophiquement une structure de fiction, nous avons à trouver une nouvelle fiction. Et il y en a plein dans le supermarché planétaire.

Que la question pose quelque problème et non seulement philosophique se trouve dans la formulation qui close le petit livre et tiré d’une phrase de Wallace Stevens (« C’est possible, possible, possible, ce doit être possible ») : « Nous espérons, nous devons espérer qu’il sera possible de trouver la possibilité de notre nouvelle fiction » (87).

C’est déjà raté : « il sera possible de trouver la possibilité » est une série infinie potentielle. La possibilité de la possibilité de la possibilité… Bien que Alain Badiou s’est occupé de l’infini et des mathématiques, son infini est l’infini potentiel (possible pour certains, impossible par d’autres, comme Aristote). Alors la vérité n’est plus un effet pragmatique mais ontologiquement possible ou impossible. L’inconscient n’est pas une ontologie (tous les approches philosophiques à la psychanalyse sont ratés) et donc la question absolue n’est pas l’être et l’événement, mais l’inconscient et l’événement. La formation et la transformation sont inconscientes, c’est-à-dire selon la logique originaire propre à chacun, qui reste irréductible à toutes logiques prétendues sociales. Mais la philosophie n’est pas « la transformation directe d’un sujet », sauf à maintenir la hiérarchie de la vieille philosophie dans celle qui est crue une nouvelle philosophie.

Pour Alain Badiou c’est question « d’enseigner la possibilité de refuser toute soumission aveugle aux opinions établies ». En fait, il y a aussi les soumissions non-aveugles, comme celles de ses élèves et de ses fans. Le succès de public de ses conférences, depuis des décennies, résulte étrange face à l’absence de public de Peirce ou de Cantor, qui a inventé l’infini actuel en mathématique.

Le refus, la révolte sont sans élaboration ; et non plus les deux piliers du raisonnement philosophique d’Alain Badiou :

« 1) L’acte philosophique est toujours dans la forme d’une décision, d’une séparation, d’une claire distinction. Entre connaissance et opinion, entre opinions correctes et opinions fausses, entre vérité et fausseté, entre Dieu et le Mal, entre sagesse et folie, entre position affirmative et position purement critique, etc.

2) L’acte philosophique a toujours une dimension normative. La division est également une hiérarchie. Dans le cas di marxisme, le bon terme est le matérialisme et le mauvais, l’idéalisme. Mais plus généralement, on s’aperçoit que la division introduite dans les concepts ou dans les expériences est en fait toujours une manière d’imposer, spécialement à la jeunesse, une nouvelle hiérarchie. Et d’un point de vue négatif, le résultat est le renversement intellectuel d’un ordre établi et d’une vieille hiérarchie .»

Il faudrait reprendre l’élaboration de Peirce (On a new liste of categories) sur la division, la préscission, la séparation, la distinction, la décision, pour s’apercevoir de la complexité cachée derrière l’affirmation que l’acte philosophique est toujours dans la forme d’une décision. C’est-à-dire qu’elle serait à la porte d’un sujet, et pas n’importe lequel : seulement le sujet philosophique serait en degré de donner la direction, comme c’est aussi le cas pour Heidegger. Le nouveau maître, Alain Badiou, renverse l’ordre établi et impose à la jeunesse – les nouveaux esclaves – une nouvelle hiérarchie. En tel sens, le destin des maîtres, tout comme le destin des esclaves est circulaire : les derniers deviendront les premiers et les premiers deviendront les derniers, et ainsi de suite…
Pour Peirce la séparation est un aspect de la puissance (power) de l’esprit (mind) et non du sujet. A ce propos, il pose la distinction entre dénotation et connotation. Or la séparation (et se quatre modalités par Peirce) soumise à la décision d’un philosophe porte la dénotation sous la connotation : tel est le sujet maitre de l’inconscient et sa cohorte des esclave de l’inconscient (toutes les théories non freudiennes de l’inconscient).

Le sceptre de la hiérarchie s’appelle phallus, et l’unique signification qui existe est bien selon Lacan la signification du phallus. Seulement la négation de l’inconscient (qui suit à la négation du zéro et de l’infini par la philosophie) soutient l’argumentation de Alain Badiou. Ce qui est très banal. Alors, la dimension normative de l’acte philosophique est un simple corollaire de la décision philosophique de couper, de trancher, de différencier, de distinguer (c’est aussi le ratage de la logique de la distinction par Pierre Bordieu). Nous lisons d’emblé l’argumentation d’Alain Badiou sur la dimension normative : lorsqu’un auteur pose une question normative (jusqu’à la société en tant qu’auteur), il se tient au primat du phallus, au logocentrisme, au phallocentrisme, à l’institution théologico-politique qui a son comble dans l’athéologie-politique, c’est-à-dire le renversement intellectuel d’un ordre établi. Il y a ici sa claire distinction posé entre le Dieu et le Mal. Curieux : pas entre le Dieu et le diable ou entre le Bien et le Mal. Et ceci confirme qu’il n’y a pas meilleur croyant dans le diable que les athées.

Cet échafaudage est le même qui empêche Alain Badiou de lire l’absence d’œuvre (déclarée) de son maitre, Louis Althusser. Si aucun des ses anciens élèves n’a jamais critiques le maître (Rancières, Lévi, Debray, et aussi notre ami Haddad…) c’est que le bâton (schaft) se transmet sans lecture.

« La philosophie assume que la recherche de la vérité est ouverte à tous ». Et tous sont quantifiés universellement et puis divisés, au point notoire que certains ont une ouverture majeure à la vérité, aussi entre l’universalité de la vérité et la relativité des opinions. En fait la recherche de la vérité trouve toujours à sa fin la vérité logique contenue déjà dans ses prémisses, comme enseigne Tarski. Et le comité des révoltés logiques est depuis toujours au pouvoir, de l’aristocratie des gardiens à la collectivité populaire, sans oublier que ce système requiert le vagin publique. Bien sur, cette direction peut se dire égalitaire, comme la promesse d’immortalité. Les « animaux humains que nous sommes » ont bien droit à « un nouveau paysage mental », mais il est la mise à jour de la caverne de Platon et du pillage de Paul par Hegel. Badiou suppose une plaisanterie logique tout comme Platon suggère d’imaginer les hommes prisonniers dans une caverne…

Alors, faisons la blague de supposer un philosophe français en tant que français, révolutionnaire ou contre-révolutionnaire, il fera recours au sujet et à la subjectivité, irréductible (87) ou réductible. Or le sujet, au-delà d’être une créature gnostique (une division de l’entier entre sujet et objet, c’est-à-dire une cassure qui tracasse Lacan dans la topologie), est aujourd’hui une assomption jubilatoire et non plus sacrificielle du système du primat du phallus, ce système du pouvoir, qualifier par Michel Foucault de bio-pouvoir lorsque c’est question de thanato-pouvoir. C’est le discours de la mort analysé par Armando Verdiglione. Alors l’espoir facile et le devoir d’espérer ne seront pas possibles : le système, même dans sa version d’antisystème par Badiou, est celui du totem et du tabou, et la voie « facile » de décider sur la division (qui est du temps et non pas du sujet) comporte le cercle sublime et infernale de prospecter la possibilité et de se réaliser comme impossibilité. Ici la possibilité est le totem et l’impossibilité est le tabou.

La question reste celle de l’originaire, posée drôlement par Freud avec le terme d’inconscient. Ce n’est pas question d’une « nouvelle fiction » à portée du philosophe : le « fincteur », le semblant est l’objet de la pulsion pour Freud et cette pulsion n’a rien à voir avec la passion du politique des philosophes. Il faudrait dire qu’il n’y a pas de rapport sexuel entre philosophie et politique ; et la relation – énigmatique ou sans énigme ce n’est pas la question – l’ouverture même de la parole. Deux inconciliable duquel procèdent les choses : ce qui reste incompréhensible par la philosophie que procède de un, en revenant au un en passant par le un.

Il est temps d’une ultra-philosophie, que pour Leopardi a été sa poésie. Aujourd’hui elle s’appelle chiffrématique. « Imaginez » qu’elle est aussi énigmatique que la psychanalyse.

Alain Badiou, La relation énigmatique entre philosophie et politique, Germina, 2011, pp. 98, 12 €


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3.04.2017