Transfinito edizioni

Giancarlo Calciolari
Il romanzo del cuoco

pp. 740
formato 15,24x22,86

euro 35,00
acquista

libro


Giancarlo Calciolari
La favola del gerundio. Non la revoca di Agamben

pp. 244
formato 10,7x17,4

euro 24,00
acquista

libro


Christian Pagano
Dictionnaire linguistique médiéval

pp. 450
formato 15,24x22,86

euro 22,00
acquista

libro


Fulvio Caccia
Rain bird

pp. 232
formato 15,59x23,39

euro 15,00
acquista

libro


Jasper Wilson
Burger King

pp. 96
formato 14,2x20,5

euro 10,00
acquista

libro


Christiane Apprieux
L’onda e la tessitura

pp. 58

ill. colori 57

formato

cm 33x33

acquista

libro


Giancarlo Calciolari
La mela in pasticceria. 250 ricette

pp. 380
formato 15x23

euro 14,00
euro 6,34

(e-book)

acquista

libro

e-book


Riccardo Frattini
In morte del Tribunale di Legnago

pp. 96
formato cartaceo 15,2x22,8

euro 9,00
e-book

euro 6,00

acquista

libro

e-book


Giancarlo Calciolari
Imago. Non ti farai idoli

pp. 86
formato 10,8x17,5

euro 7,20
carrello


Giancarlo Calciolari
Pornokratès. Sulla questione del genere

pp. 98
formato 10,8x17,5

euro 7,60
carrello


Giancarlo Calciolari
Pierre Legendre. Ipotesi sul potere

pp. 230
formato 15,24x22,86

euro 12,00
carrello


TRANSFINITO International Webzine

La passion de l’infini et le principe christique

Christian Pagano
(23.10.2013)

Je me limite à traiter ici l’événement du Christ, comme un principe intelligible de l’univers dans lequel nous sommes. Cela dit, il est évident que ce serait parler à vide si cet événement n’avait pas eu lieu, et de façon tout à fait particulière. .En fait c’est la passion du Christ qui constitue l’épicentre, voire la rencontre de l’infini et du fini, de Dieu et de l’humain, dans l’amour. La spécificité de l’amour christique, en effet, réside non seulement dans la soi-disant règle d’or, ni même dans l’exhortation à aimer ses ennemis, ce qui est déjà particulier, mais à aimer, dit le Christ, « comme je vous ai aimé ». Ce « comme » où fait et principe se rejoignent, change tout en le singularisant. Aucun autre prophète n’est allé, dans l’histoire connue, consciemment et librement, comme il se doit de l’amour, jusqu’à la mort, et la mort sur une croix.
Dès lors dans mon livre j’ai développé ce symbole en forme de croix, telle la figure du chiasme (croisement en grec) comme la rencontre d’une réalité qui s’offre constamment à nous de façon contrastante : l’« incarnation » comme mystère de l’unité des contraires, sans confusion ni séparation, dans toute sa splendeur.

Heisenberg disait : Je considère que l’ambition de dépasser les contraires, incluant une synthèse qui embrasse la compréhension rationnelle et l’expérience mystique de l’unité, est le mythos, la quête, exprimée ou inexprimée de notre époque.

J’ajouterai que l’idée et le désir d’infini ne font qu’un dans l’humain. De là une passion, au sens plénier, qui constitue l’essentiel de l’homme, notamment dans une forme de pénibilité qui l’accompagne toujours dans le travail de l’émergence de la personne, de la vie et de l’univers.

En d’autres mots l’univers répond-t-il à son étymologie d’aller vers l’unité ? En fait y a-t-il un sens dans le monde, où l’on peut entendre en sourdine les harmoniques des créatures, manifestant, dès à présent, le royaume de l’Amour ?

JPEG - 233.9 Kb
Oeuvre de Hiko Yoshitaka

Mais d’abord comment apprend-on l’infini ?

On n’appréhende pas l’infini, il se donne. Le mathématicien Hilbert s’exclamait :
L’infini ! Plus qu’aucune autre question celle d’infini a tourmenté l’esprit des hommes ; plus qu’aucune autre idée, celle de l’infini a stimulé et fécondé son intellect, mais plus qu’aucun autre concept demande à être élucidé.

L’infini, en effet, comme moteur de toute science, souffre d’un paradoxe précisément scientifique : autant il paraît universellement ressenti, dès l’enfance alors qu’on commence à compter, sachant qu’on peut toujours ajouter un chiffre, autant il est invérifiable, justement comme veut la science. Le rapport avec l’infini ne peut pas se dire en termes d’expérience, car l’infini déborde la pensée qui le pense. (Levinas)
Pour Nicolas de Cues, auquel nous devons la théorie de la conciliation des contraires en Dieu (conciliatio oppositorum), le savoir divin serait comme un cercle, à l’intérieur duquel les hommes inscrivent un polygone possédant de plus en plus de cotés mais qui ne pourraient jamais égaler le cercle. Nous devons aussi à cet auteur la première expression du soit disant principe cosmologique, repris par Einstein, le monde étant une sphère où chaque point est aussi un centre.

Pascal se sentait happé par l’abime de deux infinis : l’infirment grand et l’infiniment petit. Mais Galileo découvrit que non seulement les ensembles infinis peuvent contenir des sous-ensembles, eux-mêmes infinis, mais qu’ils incluent une infinité de variantes.

Fut George Cantor qui, démontrant que la propriété fondamentale d’un ensemble infini est qu’il peut être mis en correspondance biunivoque avec n’importe quelle partie de lui-même (qu’il appelle transfinis) permit le passage du concept d’infini virtuel selon Aristote à une série différentiée d’infinis réels. Selon lui, la suprême perfection de Dieu à été la faculté de créer un ensemble infini, et son immense bonté l’a conduit à le créer. Dès lors il s’attacha à démontrer ce qu’on appelle l’hypothèse du continu, autrement dit l’ensemble de tous les ensembles.

Mais Gödel démontra finalement que cette hypothèse est une tâche impossible, elle peut être vraie et fausse, sans qu’on puisse trancher, car on sort des procédés proprement mathématiques. Ce qui signifie : bien que la recherche humaine tende de toutes ses forces vers l’Infini, elle n’arrive pas à établir sa nature fondamentale. Ainsi on peut dire avec André Weil : Dieu existe parce que la structure des mathématiques est cohérente, mais le Diable existe aussi parce que nous ne pouvons le démontrer. C’est la déraisonnable efficacité des mathématiques !
Mais on peut alors se demander : l’univers savait-il quelque part que l’homme allait venir ? C’est ce qu’on appelle le principe anthropologique. On peut l’affirmer ou le nier. Mais c’est un fait certain : un infime changement des conditions initiales et des constantes physiques, aurait entraîné la stérilité même de notre Univers. Sans parler de sa beauté et son harmonie !

Il reste la révélation : l’incarnation du Logos.

Dans notre approche elle ne sera pas tellement incarnée par des doctrines, mais par une personne, en tant que personne. C’est l’essentiel de la révélation christique.
Il n’y a dans aucune autre tradition religieuse l’assertion que dans la personne du Christ, (selon le concile de Calcédoine), la nature humaine et la nature divine sont complètement et intimement unies, sans confusion ni séparation : c’est la conciliation des contraires ! Dès lors, à l’imitation du Christ chaque personne humaine, quelle qu’elle soit, vérifiant en elle la participation de l’infini et du fini, unité vivante de tous contraires. Indépendamment de l’origine, du sexe, et même de la religion, la personne devient la clé de la compréhension de l’Univers, radicalisant ainsi l’image génétique de l’homme à ressemblance divine, au delà duquel il n’y a pas d’autres valeurs opposables.

C’est à partir de cette conception qu’on peut parler d’une vraie démocratie, ainsi que d’’un vrai concept de laïcité. Cela va toujours ensemble ; s’agissant d’une acception qui reconnaît à chaque personne le droit de donner à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, indépendamment du fait qu’on croit o non dans le Messie. Quoiqu’on en dise, il y avait, avant l’événement christique, dans la civilisation grecque, l’invention du mot « démocratie », mais pas la réalité, puisqu’elle excluait « les barbares » comme dans la civilisation islamique qui exclut « les infidèles » Dès lors l’essentiel ne se trouve en particulier dans aucune écrit, ni dans une suite d’usages traditionnels, mais dans la singularité, voire l’unicité de la personne, de chaque personne, telle qu’elle existe de facto, hic et nunc, source de tout droit. C’est une véritable révolution permanente ! Et c’est bien dans le respect radical de cette conception de la personne, lancé vers l’infini, et donc indéfinissable, que réside aussi la base d’un possible amour et donc d’une paix universelle.

Cet amour est d’abord un don et comme tel il reste toujours, comme la vie. L’amour étant selon la Bible plus fort que la mort, du moins dans la conscience et la mémoire des hommes, cela manifeste sa double face à la fois incarnée et éternelle.

Mais il n’y a pas d’amour sans l’Amour en soi. Cela est la conception la plus proche d’un Dieu, trinitaire, l’amour exigeant l’hypostase, à savoir la différence, des personnes. C’est bien le Christ qui a eu l’audace d’appeler Dieu son propre Père, et saint Jean expliquait que ce serait inutile prétendre aimer Dieu, sans amour pour les autres. Ces deux niveaux intimement unis à l’écoute de la « musique des sphères » font ressentir l’écho du sens même de l’Univers (aller vers l’Un).

L’univers enfin lui, est-il fini ou infini ? En l’état actuel de la science on ne peut pas le savoir. Einstein avec humour disait deux choses sont infinies : l’univers et la stupidité humaine, mais je ne suis pas sûr de l’infinitude de l’Univers. Mais comment la nature s’accorde-t-elle avec la liberté, le mal et l’amour, sans la présence d’une personne ?

Je cite Thuan Xuan, « Pour dissiper son angoisse face à des espaces infinis, l’homme n’a cessé d’organiser en permanence des fragments de musique, de notes éparses. Mais la mélodie qui les unit fait défaut. Il revient à l’homme de percer cette mélodie secrète ».

Ainsi la question de fini et infini se pose toujours, et elle est importante puisqu’il en va de la nature même du réel. Dès l’antiquité les philosophes se posaient le problème cosmologique, à savoir de l’élément primordial qui a façonné le monde : Terre, eau, feu, air etc. jusqu’à la première théorie des atomes. Aujourd’hui on sait que les soi-disant atomes sont scindés en des parties toujours plus infimes, et finalement on rencontre à nouveau le paradoxe que l’unité quantique se présente aussi bien comme particule que onde, selon la manière dont on l’observe. Cela signifie d’une part que l’Univers et l’homme aussi sont en quelque sorte uni, sans confusion ni séparation. D’autre part : grâce à la personne, se manifeste le principe christique : à savoir l’unité dans la différence qu’on retrouve partout dans l’Univers.

Cela réunit à la fois le principe cosmologique et anthropologique, qui replace non plus la terre mais l’homme et sa Conscience au centre de l’univers, et l’Amour comme lien mystérieux d’une rencontre universelle.

Conclusion ad hoc.

Il m’arrive que des jeunes gens voulant se marier, mais n’ayant aucune propension pour les cérémonies ecclésiastiques, désirent néanmoins donner une dimension sacrée à leur union. En réalité même dans le mariage chrétien, c’est la rencontre attestée dans le "oui" des époux qui constitue le "sacrement", l’acte unique donc sacré dans la différence des personnes. L’exceptionnalité de cette rencontre amoureuse constitue, comme disait Van. Gogh à son frère, non l’infini du moment, mais le moment de l’infini : voir l’un et l’autre selon moi, à savoir la promesse d’une régénération permanente. Cet amour, comme l’infini, a ses paradoxes:

- l’amour d’abord on l’a pas, est un don. On ne peut pas donner l’amour si on ne l’a d’abord reçu, il est constitutif même de la personne. Il faut le reconnaître
- l’amour n’est pas une addition, ni une fusion, mais une dynamique, dans la différence, à savoir un multiplicateur d’énergie, une renaissance permanente,
- il n’y a pas un amour seul, mais toujours et en même temps l’amour de l’amour, en soi. Sans cette double articulation (comme celle du langage) tout couple se dissout facilement et il n’y aurait nul sens possible.

Serait-ce, alors, la rencontre des personnes réelles, uni par l’amour, mais de façon distincte, sans confusion ni séparation, la clé de toute sagesse et tout savoir ?

Christian Pagano


Gli altri articoli della rubrica Teologia :












| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |

3.04.2017