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Herméneutique for ever

Christian Pagano
(16.01.2012)

Le mot « herméneutique » vient du dieu Hermès, le dieu messager. En grec signifie l’art de l’interprétation, et par extension, toute discipline ayant trait à la critique des textes et à l’interprétation en général.


L’herméneutique est aussi ancienne que le sont les croyances dans les mythes et les religions. Cependant le terme est récent.


A partir des présocratiques, il s’agissait d’accompagner l’étonnement face à l’Être avec une sagesse retrouvée. Platon et Aristote reflètent la double face sur laquelle s’est déroulée, pendant toute l’histoire, cette problématique. Pour Platon le bien est ailleurs, dans l’espoir donc. Pour Aristote le bien est ici, dans la connaissance de la nature des choses.
Rénovée dans ses termes et auréolée de la physique quantique, cette problématique est encore vivante aujourd’hui.

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Christiane Apprieux, "Il miele dell’arte", 2008, gesso policromo

Quoique taxée d’obscurantisme, c’est bien au Moyen Âge qu’il faut trouver la tendance qui a donné le modernisme et le postmodernisme : le nominalisme, qui a cassé mais non effacé l’unité originelle, naïvement admise, entre Monde, Dieu et sujet.


La tradition chrétienne reprit la doctrine des quatre sens de l’Ecriture, qui existait déjà dans la tradition judaïque, en l’adaptant. Ainsi le sens littéral d’abord, suivi d’un sens allégorique, d’un sens moral et d’un sens anagogique (destinal, dirait-on aujourd’hui) : ces trois derniers sens formant un tout : le sens figuré, en opposition au premier, qui lui est "historique", à savoir un fait indiscutable en tant que tel.


Il s’agit d’une distinction fondamentale. Luther mettait en garde Zwingle : l’alléosis (l’allégorie) est le masque du diable. Que voulait-il signifier? Pour Luther, dans le Langage (et notamment dans l’Ecriture) il y a tout un monde métaphysique en cours, et à chaque "mot" doit correspondre un modus qui mène à la réalité. Il faut donc se méfier du monde intellectuel isolé, car ce n’est pas parce qu’il y a dans le texte quelque chose qui résiste à nos présupposés, qu’il faut le noyer dans des considérations évasives.


La Renaissance, merveilleuse sur le plan artistique, n’apporte pas grand-chose à l’herméneutique. On raisonne d’ailleurs par analogie : les plantes sont les cheveux du monde, par exemple. L’herméneutique joue aussi un rôle dans la médecine (une plante correspondant à un organe). Le personnage le plus connu est Paracelse (1493-1541), fils de médecin. A la fois chimiste (travaillant dans les mines) et alchimiste il s’est beaucoup intéressé aux correspondances entre les minéraux et l’homme.


C’est à l’époque moderne que nait le nom et se développe la discipline herméneutique. D’abord avec Schleiermacher (1768–1834) qui mit en évidence le cercle herméneutique : pour comprendre un texte, il faut avoir compris l’œuvre, mais pour comprendre l’œuvre, il faut avoir compris les textes.


Cette expression se trouve déjà en Wilhem Dilthey , qui voit dans l’herméneutique la possibilité d’un fondement pour les sciences humaines. Les sciences de la nature ne cherchent qu’à expliquer (Erklären) leur objet, tandis que les sciences de l’homme requièrent que l’on comprenne de l’intérieur(Verstehen) en prenant en considération le vécu.


Martin Heidegger étend cette conception et conçoit l’herméneutique comme la tâche même de la philosophie. Si l’existence - objet de la philosophie - demande à être interprétée et si elle n’est autre qu’un processus d’interprétation, une compréhension de soi, l’herméneutique est en ce sens une véritable ontologie.


Hans Georg Gadamer , élève de Heidegger, publia l’ouvrage qui encore constitue une référence : Vérité et Méthode. Ce texte affirme que "la méthode ne suffit pas". Une œuvre ne peut être expliquée que dans la tension existant entre le texte du passé et l’horizon d’attente. Si le texte parle encore aux lecteurs ? c’est qu’il répond à une question présente.


Mais finalement c’est l’œuvre de Paul Ricoeur qui s’est imposée dernièrement. Il entreprend une herméneutique du soi dans la mesure où le moi ne se connaît pas par simple introspection, mais par un ensemble de symboles. Il s’agit de déchiffrer le sens caché dans le sens apparent.


Paul Ricœur, dans ses écrits, fait aussi une diagnostic sur la situation moderne. Il distingue trois tendances :

- La méthode historico-critique, très en vogue chez les exégètes. Elle signifie « l’aveu que l’histoire ne peut être totalisée dans une logique du sens où toutes les figures seraient récapitulées et éternisées dans un savoir qui porterait le sceau de l’absolu ». Mais cette méthode à elle seule peut être entachée d’historicisme, car ne va pas sans une subordination du texte, qui serait dicté forcément par des circonstances extérieures. Cette limite est due à la méthode historique même, qui donne plus d’importance au sujet qu’à l’objet de l’écriture, son contenu, en oubliant que souvent l’auteur lui-même a donné une explication de son texte, comme dans les paraboles évangéliques.


A l’opposé, la méthode structurale prend en compte cette limite en donnant de l’ importance non plus au sujet, qu’il ignore, mais à l’objet, c’est-à-dire au texte en question, à la faveur d’une théorie générale inspirée par la linguistique moderne. C’est une méthode, qui par le jeu d’oppositions internes, essaie de déceler un sens qui se veut anhistorique. Elle a le mérite d’explorer le texte dans toutes ses facettes, mais en se voulant ainsi trans-subjective, elle ignore carrément le sujet d’élocution.


Finalement tout en reconnaissant les mérites partiels de ces deux démarches, l’herméneutique se révèle aussi sémiologique (au sens que lui donnait Roland Barthes) à savoir : un « discours » sur les signes tout en cernant les signes du «discours» pris comme unité fondamental au lieu de la simple phrase. Cela change tout car réintroduit l’étude du sens.

Conclusion : la Passion du sens et le sens d’une passion

Ce « et » peut se changer en « est », car le sens en soi ne peut être que le signe d’une passion de l’Absolu, absent et présent en chaque homme.
C’est ainsi que toute compréhension authentiquement herméneutique est aussi et toujours à la fois une expression, tant interne qu’externe, et une transformation de soi même.

En ce sens, à partir du même texte, la vision globale du monde (la weltanschauung) peut changer du tout au tout. L’être pour la mort de Heidegger se transforme en l’être pour la vie, la passion d’amour étant plus forte que la mort, selon l’écriture. Cette vision globale s’impose d’elle même, aussi pour ceux qui disent se tenir à l’interprétation pure (intus legere) ne pouvant se soustraire à leur propre volonté, qui induit inévitablement tous les "affects" dont parle Spinoza.

Au fond l’herméneutique ne consiste pas tellement à délibérer sur des concepts. Il s’agit essentiellement du dévoilement de ce qui se passe en nous, du dévoilement de ce que nous émanons à partir de nous-mêmes, quand notre passion devient action, souffrance active qu’on peut appeler métabolisme herméneutique, selon l’expression d’Henri Corbin.

Le cercle herméneutique se révèle ainsi cycle vital.

- Il ne s’agit de la descente d’une idée jusqu’à ce qu’elle devienne chair, sang de notre sang…

- mais encore de reconnaître la montée en puissance du désir de connaissance nouvelle, à partir du texte, qui s’impose souvent presque, comme dit Corbin, de façon impérative : "ESTO, sois !

Cette remarque rapproche l’herméneutique d’une certaine éthique, la première et dernière philosophie, selon Levinas.

Pour conclure : la lecture est plurivalente, multiforme et métabolique. La prétention d’une lecture unique est mortifère. Le cercle herméneutique est en somme une invitation à entrer dans un "cycle métabolique", une recréation, faute de quoi on retournerait à la barbarie en se privant de la bonne Nouvelle du messager Hermès.



Christian Pagano


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19.05.2017