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La symphonie inachevée

Christian Pagano
(24.11.2011)

Chacun peut constater que le monde, à l’instar de la dernière composition du grand musicien que fut Schubert, apparaît comme une Symphonie inachevée. Il est en grande partie l’invention permanente de la Personne qui elle se refait chaque jour, façonnant son environnement, ce qui ne suppose nullement qu’elle a le droit, selon Louis R. Omer , - « de pénétrer, de violer, les secrets de l’univers profond ; cela explique aussi que quand l’homme se croit au contact du réel en soi, il n’est en fait aux prises qu’avec sa propre création ». Seulement la Personne humaine sait… ne pas tout savoir. Elle « est » parce qu’elle devient, unique parce que consciemment ouverte à tous et à tout, avec plus ou moins d’harmonie.


En fait l’histoire suggère des modalités diverses et variées de cette union, qui se succèdent de façon ininterrompue, avec des consonances et des dissonances, comme en musique. C’est ce que le philosophe napolitain, Giambattista Vico, nomme les «cours et recours» de l’histoire, un leitmotiv qui revient, mais qui n’est jamais tout à fait le même ; si bien qu’un autre grand Napolitain (Giordano Bruno), pronostique l’infinité des mondes.

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Opera di Christiane Apprieux, 2009, terracotta

Jean Pierre Luminet, chercheur mondialement connu, termine son interview, en ces termes : « J’ai toujours voulu chercher l’ordre caché de l’Univers et le mettre en équations, en musique et en poèmes…On en saura toujours plus mais l’Univers restera indéfiniment mystérieux » (Science et avenir, n° 775) Pour Levinas le bien et la liberté sont liés, de telle sorte que la liberté soit la liberté du bien et le bien la liberté de la vérité. Ce qui fait dire à Hannah Arendt : « C’est en raison de leur liberté que les hommes, quoique partie intégrante de l’être créé, peuvent louer la création de Dieu. Si cela dérivait de leur raison, ce ne serai rien de plus qu’une réaction naturelle provoquée par l’harmonie de l’Univers…mais par la même voie les hommes pourrait s’abstenir de cette louange ».

Par ailleurs la bipolarité des choses et des hommes comme celle de toute chose ayant un commencement et une fin, est évidente. Ce qui paraît plus mystérieux c’est ce qui fait l’union des deux pôles, car autrement ils ne seraient même pas identifiables en tant que tels. Ainsi dualité et tierceté sont toujours réunies, mais pas sur le même plan. En particulier la dualité entre foi et raison a toujours existé sous diverses formes. L’une et l’autre se sont penchées sur le berceau de la conscience. Ainsi foi, raison et conscience sont devenues inséparables si bien que science sans conscience…

Cela se répète à des niveaux divers. L’homme est muni de ce que les Allemands appellent Seensucht (quelque chose comme la trilogie asiatique - désir, amour, nostalgie -) ; une passion ardente, qui les amène à la fois à une sorte d’amour possessif,(jusqu’à désirer le désir de l’autre) ou aimer d’amour, comme on dit, à savoir gracieusement. La bipolarité du désir humain celui d’appropriation, et celui d’oblation, celui d’une empathie consciente, se répercute au niveau du groupe. C’est ainsi que si le premier domine en privilégiant se propres membres, il ne fait que renforcer l’antagonisme avec un autre groupe. Quand on regarde les matchs d’aujourd’hui on comprend comment ce rite se répète inlassablement.


Le danger vient du fait que le groupe se renforce lui-même dans les conflits avec un autre groupe, mais il peut tout simplement s’ouvrir comme arrive souvent dans les mariages, s’enrichissant ainsi de la différence des uns et des autres.

Ne pouvant pas facilement et toujours concilier ce deux aptitudes, voilà qu’il apparaît (comme chez Caïn et Abel) le sentiment originel de culpabilité. En fait c’est la bipolarité essentielle due à la finitude de l’homme, qui tout en appartenant à la nature peut en quelque sorte la transcende, r l’œuvrer, à ses risques et périls, danger de mort compris (X).

1. La confusion des cultes et des cultures

On a trop dit que notre siècle sera mystique ou religieux ou ne sera pas. En réalité il est en train de devenir plutôt laïque : condition sine qua non de toute démocratie.
Paradoxalement, c’est cette laïcité qui maintient l’écart, tout en les réunissant, entre la foi et la raison, ou en d’autres termes entre le droit et la liberté de penser Elle exprime la meilleure hérédité d’un certain christianisme devenu humaniste, alors que toute forme de fondamentalisme, quel qu’il soit, réincarne des réminiscences primitives attardées.

La question des rapports entre religion et culture n’est donc pas nouvelle, pas plus que la mondialisation n’est inédite. Ainsi fut l’empire romain, les colonisations aussi. Mais à présent, compte tenu de toute les variantes de communication, d’informatique et d’internet réunies, culture et culte on tendance à se confondre. On trouve donc le bouddhisme en Occident, les évangélistes un peu partout, les musulmans suivant les ondées de l’émigration. Cela touche aussi les marqueurs cultuels et culturels (signes et symboles) et même le corpus doctrinal qui les accompagne. On ne peut exclure à priori ni un choc de civilisation, ni une possible compréhension accrue de coutumes diverses, tous universelles, car tous uniques, et en ce sens enrichissantes. La preuve, c’est que tout devient prétexte d‘un marché internationale, comme la fête de Noël et bien d’autres.

Dans cette confusion chiasmatique de culte et de culture, que viennent et reviennent constamment, c’est finalement l’in-culture qui est bénéficiaire, avec un danger évident.

On retrouve ainsi le Deus sive Natura de Spinoza dans toute la philosophie moderne. En réalité Spinoza n’exprime pas tout à fait une identification, mais plutôt une non-séparation. Dieu serait ainsi la Substance unique et infinie. Seule capable d’exister et d’agir par elle-même. Tout ce qui est fini, en revanche, existe en lui et par autre chose : un mode, c’est-à-dire quelque chose qui est en même temps « un effet » de la substance.

Et pourtant quelque chose passe …. Quelque chose passe de la nature à l’homme, et d’une personne l’autre, indirectement par une sorte de créativité collective, celle même qui justifie le travail d’écriture qu’on est en train de faire. Dès lors il n’y a qu’un recours réel : celui fondé sur la personne même unique non pas malgré sa dualité, corps-esprit unis pour toujours, mais à cause d’elle, ce qui contribue aussi à son dynamisme différentiateur.

Cette réalité unique est d’ailleurs la seule forme d’égalité que nous ayons. C’est bien la personne, partout elle est, à n’importe quel groupe elle appartienne, quelle qu’elle soit, en bonne santé ou même malade ou handicapée, noire ou blanche etc. qui est le dernier rempart contre toute confusion nihiliste.

2 « Universale concretum »

Il y a une autre expression christique qui se réfère à tout homme : l’Universale concretum.

Cet universel ne s’oppose pas à l’unique. Il s’agit bien du concept de Personne élaboré le long des siècles à partir de la tentative de définir celle du Christ, ayant une nature humano-divine, sans confusion ni séparation. Cette concrétude exigeait la présence d’un corps, voire d’une « chair » au sens qui lui donne Henri Michel. Et c’est cette concrétude unique qui est constitutive de l’universalité et donc de l’écoumène non seulement au sens biblique, mais de toute religion. Par ailleurs elle ne contredit pas la principe d’incomplétude, bien au contraire. C’est parce que nous sommes une réalité vivante, en chemin, que nous pouvons marcher et chercher ensemble toujours autre chose, avec quiconque.

Le plus grand danger actuel est la standardisation du sacré. Tout, somme toute, serait égal. Eh bien non : tout, absolument tout est différent et le réel au fond implique cette différence, même si elle nous échappe constamment. Malgré cela, à en croire les propos de Michel Serres dans La Guerre mondiale : nous disposons d’outils inédits pour appréhender le Monde comme universel concret, comme si cette totalité pouvait, par la médiation de la technique et du calcul, devenir objet d’expérience… (p186)


Bien évidemment cela pose de nouveaux enjeux éthiques, politiques et… métaphysiques. Nous avons une responsabilité non seulement en fonction de la Nature, et des hommes présents, mais aussi à l’égard des générations futures. C’est au nom de l ‘expérience du contingent et de la liberté qui l’accompagne que les modernes à la suite de Nietzsche et Heidegger, Arendt et d’autres refusent une conception définitivement stable de l’être, comme acte, absolu, ainsi que la métaphysique et qui va de pair, et toute tentation technico-totalitaire d’organiser la société. Il n’y a pas d’écologie humaine sans qui ne soit soi en même temps œcuménique et économique.


3. L’ECOUMENE comme « récréation »

Gilles Châtelet a vu dans les singularités et les gestes particuliers le sourire de l’Être, qui cache son aspect dual avec l’Un. Les conséquences de la science moderne, ne permettent plus de se fier sic et simpliciter à la convertibilité entre UNUM VERUM BONUM. C’est la BON qui doit être l’âme secrète du Vrai, qui, autrement a lui seul amènerait à la Violence et au désastre écologique. La passion du Christ, librement acceptée par amour, en victime innocente, condamne pour toujours, au-delà de toute opinion sur sa Personne, toute sorte de la violence, - violence qui elle était acceptée par la mythologie - et censure à jamais les pages de l’histoire écrites par les « forts ».

LE BIEN est le chiffre du gratuit et la vérité de l’être. En ce sens la volonté est capable de transcender l’intellect. On retrouve cela aussi dans l’Autre, qui est inviolable, vrai sacré, obstacle sur la voie d’une sécularisation intégrale.

La raison fait éclore tels ou tels scenarios possibles, mais c’est toujours la volonté qui décide, si bien que « possible » et acte d’amour s’appellent l’un l’autre. Le verbe « aimer » opère ainsi un renversement chiasmatique faisant de l’être son partenaire, dans l’unité. Cependant la source de l’amour ce n’est pas l’être, mais vice versa. A commencement il n’y a pas une donné mais une donation. Dans quel but ? E bien la question du mal se transforme finalement dans l’interrogation du Bien. Pour le mal, l’homme suffit, en quelque sorte, mais c’est plutôt la Bonté qui demeure inexplicable sans le mystère d’un BIEN SUPREME, que nous pouvons penser mais pas connaître. Cela explique à la foi l’inachèvement du monde et la liberté créative, car l’amour n’est amour que créatif.

Conclusion : la « recréation » du monde :

Il y a une autre expression christique communicatio idiomatum, à savoir l’interconnexion des langages à propos du Christ (ainsi qu’on peut dire, par exemple qu’en Jésus Christ Dieu est mort). Langages de communication, et communication des langages se croisent constamment aujourd’hui, de façon presque palpable dans un ‘interconnexion technique mondiale, qui annule, souvent concrètement, l’espace-temps. Si bien que toutes ces données sont devenues monnaie courante.


La symphonie du monde nous invite à revenir à un nouvel art de vivre, et à une vie vécue comme un art qui se réalise chaque jour. Nous ne savons pas exactement ce qu’ est le monde. On dit souvent (Albert Jacquard) ; « voici le temps du monde fini. En réalité nous n’en savons rien de ce qui se cache au de là du bing bang, et encor moins ce qui réserve le devenir du monde. Nous nous trouvons dans le meilleur des cas dans une structure sinon infinie, indéfinie, inachevée avec des objets qui eux sont plutôt transfinis, au sens de Cantor.

Et c’est notre chance, car c’est cela qui nous permet une recréation en tous les sens du terme. D’abord par l’intermédiaire du langage, à l’image de l’homme doublement articulé. Cette double articulation aussi témoigne l’inachèvement du monde mais encore la possibilité d’une créativité permanente. C’est dans ce sens et dans les gestes concrets qui s’en suivent, que se situe le lien universel, l’émergence d’œuvres communes et le concours mais aussi la responsabilité des hommes.

Et c’est ici que l’enseignement du Christ rejoint celui de Moïse, à la fin du Deutéronome (Deut 30, 19-20). Dieu dit alors : "Je place devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction, mais tu choisiras la vie, pour que tu vives, toi et ta semence !"

Voilà notre espoir : un écoumène allant de la nature à tous les hommes de bonne volonté. L’inachèvement du monde, le prix de notre liberté créative, devient l’expression du don de tout homme, ce don qu’on peut appeler amour : la symphonie inachevée du monde.


Christian Pagano


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19.05.2017