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La personne. Utopie éternelle

Christian Pagano

La personne originaire. La parole comme manifestation de la personne. Une symphonie inachevée.

(12.09.2011)

Le terme « Personne » en langue française a une particularité. Sans l’article il désigne un vide, l’absence de personnes justement. Tandis qu’avec l’article, « La Personne » indique la présence de quelqu’un à l’origine de tout autre présence. On pourrait donc positivement tenir la personne comme l’originaire, le commencement de tout, de même que le nombre zéro, nul en lui-même, peut tout indiquer lorsqu’il est uni à d’autres nombres. En latin (probablement dérivé de l’étrusque) le terme « Persona » désigne le masque des acteurs, pouvant être ainsi un, plusieurs, personne…


Il faut faire d’emblée une distinction entre la personne et l’individu, la première ayant une portée à la fois théologique (hypostase) psychologique (personnalité) et pédagogique (néotène à savoir quelqu’un qui peut toujours apprendre quelque chose de nouveau, comme si elle reste jeune). L’individu, par contre, recouvre plutôt un terme économique, à savoir la singularité d’une personne qui s’oppose à la masse, mais aussi à la tendance innée de la personne qui est faite « pour » les autres.

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Hiko Yoshitaka, "senza titolo", 2011, cifratipo, olio su carta collata su tavola

Dans ce sens il faut reconnaître que l’intense spéculation des premiers siècles sur la personne christique n’a fait que mettre en lumière la personne tout court, ayant elle aussi une double articulation humano-divine, objet d’une dignité infinie, et par la même d’une liberté qui n’a d’autre limite que la liberté des autres. Ce qui ne relève pas d’une théorie, mais c’est un fait : la bonne nouvelle.


C’est dans des moments difficiles que « la personne » se fait sentir comme dernier recours, étant, selon Kant, à différence de tout autre chose non pas un moyen mais une fin à soi. Ainsi ce n’est pas par hasard que le personnalisme est né dans les années ’30 en réaction à la crise économique profonde de cette décennie. Il y avait divers courants autour de la revue Esprit fondée par Emmanuel Mounier et diverses personnalités comme Péguy, Jacques Maritain, et beaucoup d’autres. Le slogan exprimé par l’Ordre nouveau, qui subsiste encore est : «Spirituel d’abord, économique ensuite, politique à leur service».


Il s’agissait de remettre au centre, la considération de la personne humaine.


Mais la centralité selon des sensibilités diverses est plutôt utopique car, le centre étant d’ordre événementiel, relève plutôt d’un équilibre constant en fonction des événements et des situations concrètes, en fait d’une alternance. Et donc il y a eu dans ce mouvement des hommes de droite et de gauche, tous refusant les extrémismes, plutôt ouverts au fédéralisme, ayant même inventé le principe de subsidiarité, c’est-à-dire la non-intervention d’un supérieur dans le compétence d’un inférieur, s’étant aussi intéressés pour la première fois au problème de l’écologie humaine faite par l’homme pour l’homme.


Aujourd’hui plus que jamais il faut remettre la balle au centre, comme on dit en langage sportif, finalisant ce qui a été longtemps une des plus anciennes utopies, prenant racine dans la chute de l’Empire romain : l’Europe politiquement et librement unie, non pas malgré mais grâce à ses différences, devenue nécessaire et exemplaire pour sauvegarder la paix, l’originalité de la personne et sa libre manifestation, fondement de toute démocratie.

1. La personne- originaire




« Je » est quatre, selon Gustav Jung, l’inventeur de l’inconscient collectif. Selon lui il faut distinguer l’ego, centre de la conscience, la personne, étymologiquement le masque que la personne prend en société, le soi qui fait de nous une unité corps et esprit, et l’ombre qui comprend des aspects de notre personnalité que nous ne reconnaissons pas comme nôtre.


Quelque suggestive que soit cette distinction, le philosophe Michel Henri renversant de la phénoménologie intentionnelle, de Husserl rejette toute séparation, réunifiant le tout en ce qu’il a appelé « corps subjectif » puis « chair ». C’est la vie en laquelle chacun naît à l’être, qui n’est pas hors du soi. L’ipséité constitue une évidence immédiate dans l’épreuve de la passivité ontologique et dissipe la tentation qui commençait alors à poindre dans la mode, la « crise du sujet ».


Le statut personnel est une réalité invisible, mais certaine. Le corps subjectif est identique à l’ego : un savoir déjà ouvert à l’horizon de la vérité de l’être, qui renvoie constamment à quelque chose d’autre (ultériorité), maintenant la propre identité.


Bien qu’elle soit traditionnellement comprise comme le siège du péché, la chair est aussi pour le christianisme le lieu du salut, qui consiste en la déification de l’homme. En effet l’être humain s’est reçu dans la vie, il ne s’y est pas apporté lui-même. La « passivité » de cette donation, est sentie en même temps comme un « Je peux », une invite à l’effort, au risque, à l’accroissement de soi.


Autre vision est celle de François Cheng : l’homme se trouve au croisement fécond entre l’axe vertical, le va-et-vient entre le Vide et le Plein, et l’autre horizontale entre Yin et Yang.

Tout cela ne paraît pas en contradiction avec la distinction dans la personne réelle, souvent négligée, entre le corps proprement dit, l’âme en commun avec les animaux, et l’esprit, propre de l’homme, qui, en réunifiant le tout, est source de réflexivité et récursivité, voire d’une convertibilité constante, quoique indéfinissable et non localisable en tant que tel.


Cela suggère finalement que l’homme n’est pas du tout un concept mais plutôt une conception en « process » (Whitehead) à savoir un fait d’ordre événementiel qui s’impose a tous, le creuset en acte, originel et original de toute transformation, chaque fois unique.

2. La parole comme manifestation de la personne




Si la Personne ouvre sur l’être, en étant même sa demeure selon Heidegger, la parole en est sa manifestation consubstantielle. Pas seulement un signe, ayant un signifiant-signifié, reflétant sa structure, mais à chaque fois un acte d’élocution qui renouvelle le geste de sa fondation, visant un certain « sens » (algorithme) inscrit dans la chair du mot même dès sa naissance. Ce qui n’empêche aux significations de varier au gré de temps, mais leur histoire et l’intentionnalité restent, d’où la nécessité d’une interprétation.


Au- de-là de la logique binaire qui a fondé le discours scientifique et bonne partie des sciences humaines modernes, la suspicion que dans la parole transparait quelque chose, comme un chiffre originel pouvant paraitre chaque fois original, et donc toujours à déchiffrer, selon l’expression de Nietzsche ( à propos de la Philologie) a fait naitre chez des écrivains une recherche que se veut nouvelle (cf. la chiffrématique de Verdiglione) qui évoque l’Etymologie, comme discours de vérité, en tant que geste fondateur d’une parole. L’acte de nomination, en effet, révèle une liberté foncière, et exprime par là même un critère natal, qui correspond au terme même d’expérience (sortir de la mort) et aussi en critère pascal. Le langage en effet n’est pas une faculté comme les autres, c’est un passage universel obligé, qui permet d’accéder voire de créer un mode symbolique, qui illumine aussi le monde réel, le passé et le devenir, et ainsi la face de la terre.

3. Une symphonie inachevée




Le "jeu" éminemment génétique de la personne et de sa parole, expriment une certaine utopie éternelle confirmée par le fait de pouvoir imaginer, pour soi et pour les autres, des choses qui n’existent nulle part ailleurs. C’est la définition de l’Utopie , terme forgé par Thomas More en 1516, du grec topos (le lieu) le préfixe « eu » pouvant signifie aussi bien le non-lieu, que le beau-lieu. Dans son récit, More fait acte d’utopies antécédentes, comme la Cité du soleil, de Campanella et la Nouvelle Atlantide de Francis Bacon. L’œuvre de More fut traduite en France par Barthélémy Aneau, qui écrit aussi Alectorune fable utopique.


On peut considérer l’utopie comme une projection de l’imagination créatrice propre à l’esprit humain, se déchargeant, dans sa liberté, de tout conditionnement physique, politique et autre, qui se révèle aussi une prise d’un risque calculé. Par ailleurs le destin n’est jamais écrit d’avance. Mais la « clé » de tout avancement reste la personne au moyen de sa parole : dignité royale mais aussi un mystère, qu’on ne peut pas nier sans renier soi-même. Le recentrage ainsi conçu sur la personne s’oppose au nihilisme sous-jacent de la pensée contemporaine. Mais cela implique une volonté qui est la croix des intellectuels : l’acceptation de la vie comme une symphonie inachevée mais qui contribue à la vie des autres, à la vie tout court. En d’autres termes si les choses existent parce que finies, seule la personne est consciente de sa propre finitude. Cela a un triple aspect :
a) concevoir la finitude implique aussi l’idée de l’infini, y compris de ce qu’on nomme Dieu ; b) le fait de le nommer est libre et dépend des peuples qui sur cette nomination se divisent; c) mais la tentative en tant que telle révèle une passion du sens qui uni les hommes et les transperce tous de part en part, et cela même est, si on veut bien, le fondement de toute communication humaine.



Christian Pagano


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30.07.2017