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" Exigence-Littérature ", Paris

Entretien avec Alice Granger et Penvins

Giancarlo Calciolari

On a horreur des trucs qui sont écrits et lus d’avance. On ne peut pas se contenter de la pensée du jour et de dire que ce qui n’est pas dans cette pensée n’existe pas, ce serait la fin de la littérature.

(15.05.2005)

Depuis août 2000, la revue Internet " Exigence-Littérature ", créée à Paris, est devenue une référence en France et dans les pays francophones. Chaque article trouve dans le texte ses instruments de lecture et, de cette liberté inouïe, les premiers à s’en apercevoir sont les nombreux lecteurs et aussi les auteurs, presque habitués, aujourd’hui, aux notes de lectures qui glissent carrément sur les textes sans vraiment les lire.
Nous avons rencontré leurs fondateurs : Alice Granger et Penvins.

Quelle a été la démarche de l’expérience de la revue " Exigence-littérature "?

Alice Granger: Cette expérience a commencé il y a quatre ans.

Penvins: Avec des pages sur Céline, qui sont toujours là, d’ailleurs, dans leur dossier. Et puis, Alice a voulu faire des notes de lectures, elle a fait des notes de lecture sur un site, que j’avais fait pour elle. Ensuite, on s’est dit, on met tout sur le même site et on est parti.

Alice : Notre site avait publié quelques pages d’un manuscrit inédit du grand-père de Penvins, et quelques pages d’un livre d’un grand-oncle à moi. Des choses qui n’étaient pas publiées... C’était une trace d’écrits qui étaient dans la famille... Des personnes qui s’étaient mises à écrire, qui avaient trouvé le chemin de l’écriture, en marge de leur vie. Qui avaient rencontré dans la vie même, apparemment ordinaire, l’impératif de l’écriture. Ces deux textes, donc, comme emblème de notre site

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Christiane Apprieux, "Assioma d’oro", 2008

Donc, le projet est venu en faisant ?

Penvins : oui, tout à fait...

Alice : on n’avait aucune idée avant !

Penvins : Au fur et à mesure... C’est un mode de fonctionnement qui me va très bien. J’invente la marche en marchant, c’est très bien !

Et les collaborations, comment sont-elles nées ?

Alice : c’étaient des amis de Penvins... puis il y en eut d’autres...

Penvins : Il y a eu des amis comme Marc Foglia, un ami qui a écrit des pages sur Montaigne, un ami à lui qui a écrit quelques pages sur des écrivains africains... Et puis, après, c’est venu par internet.

Alice : Il y a eu la collaboration d’Irma Krauss...

Penvins : C’était ouvert... Et je suis allé, un petit peu chercher les gens. Maintenant, on attend qu’ils viennent !

Alice a une formation littéraire et psychanalytique. Et vous, Penvins ?

Penvins : Ma formation c’est d’abord d’avoir existé ! J’ai fait une maîtrise de lettres modernes... à la Fac de Censier. Et puis, il a fallu gagner sa vie, je ne concevais pas de la gagner par l’écriture, de me mettre hors de la réalité, pour moi l’écriture passait par la vie réelle... je travaille dans une Compagnie d’Assurances : Generali.

Comme Kafka !

Penvins : Eh, oui ! Et depuis je ne cesse d’écrire...

Donc, l’intérêt pour la littérature vous vient de l’écriture même. Et maintenant, comment la revue est en train de se développer ? Une vitrine d’analyse de la littérature française ?

Alice : C’est vraiment un travail d’écriture en lisant. Ces sont des Notes de lecture, mais c’est aussi de l’écriture. Une lecture en enrichit une autre. C’est-à-dire qu’à chaque nouveau livre que je lis, toutes les lectures que j’ai faites interviennent. Donc, c’est quelque chose à la fois de personnel et c’est une occasion aussi de nouer des relations intellectuelles avec certains auteurs. C’est ça qui est intéressant.

Jusqu’à maintenant, comment la revue " Exigence-Littérature " est-elle reçue ?

Alice : je crois qu’on avance beaucoup...

Penvins : Ça marche. On a deux milles visiteurs par jour. Ça vient de partout. Chacun va prendre ce qui l’intéresse. Il y a cinq cent articles de critique littéraire. Et plus ce qu’il y a autour. Il y a d’autres textes, d’autres interventions. C’est la surface qui fait qu’il y a beaucoup de gens qui viennent.
Et puis, je crois, il y a un certain esprit, qu’on n’a pas décidé... On n’a pas la même idée sur la littérature mais en même temps on a un accent un peu commun. Je ne sais pas lequel...

Une ouverture ? On respire une certaine fraîcheur...

Penvins : Oui. Ça c’est clair. On n’est pas lié par des contraintes commerciales.

Alice : On a aussi été lus par des gens qui font des thèses et qui ont été intéressés par ces Notes de lecture : On m’a demandé la permission de me citer pour une thèse sur Maffesoli ; il y a quelques mois on m’a demandé les notes de lectures que j’ai écrites sur Edgar Morin pour un site consacré à cet auteur.
Il y a eu la librairie de Gallimard au Québec qui a carrément piqué un texte pour annoncer la sortie d’un livre.

Ce qu’il compte c’est qu’ils citent la source.

Alice : Mais, ils ne l’ont pas fait... Ils n’ont pas demandé la permission.

Penvins : Mais comme on les a repérés, ils se sont excusés et ils ont mis le lien. Il l’ont fait gentiment, mais quand même Gallimard!

Faites-vous un travail de renseignement auprès des maisons d’éditions ?

Alice : Oui. Je le fais systématiquement. J’envoie une copie des Notes de lecture à l’écrivain par l’intermédiaire de la maison d’édition et à l’attachée de presse de la maison d’édition. Et nous avons, d’ailleurs, assez souvent des lettres d’auteurs qui sont d’abord très surpris par notre lecture, par l’analyse en profondeur de leurs oeuvres, par le travail d’écriture qu’il y a dans ces articles et qui sont très touchés.

La plupart des critiques littéraires glisse sur les livres et ne se confronte pas avec le texte.

Penvins : Les auteurs qui nous lisent font presque la même remarque : ils sont heureusement surpris qu’on les ait lu.

Alice : Jean-Marie Rouart m’a dit que les articles tels que je les écris, ça ne se fait plus du tout à Paris ! Et que c’est exceptionnel parce que, aujourd’hui, on ne lit plus vraiment et que là, il y a au contraire de la lecture en acte.

Penvins : En même temps que la revue s’est agrandie, nous nous sommes trouvés confrontés à des articles non-littéraires, et j’ai dû commencer à accueillir des textes politiques. C’est là que j’ai ouvert un deuxième titre: Divergences. Je crois qu’il s’est un peu développé et maintenant nous sommes lus au Maghreb, et principalement en Algérie, les écrivains algériens ont énormément besoin de cette ouverture.

Quelle est aujourd’hui votre lecture des lettres françaises ?

Alice : Et bien par exemple, il y a Christine Angot qui écrit des choses dérangeantes. Je n’aime pas Christine Angot comme ça, mais je trouve qu’elle a un style, que quelque chose ne cesse d’insister dans son oeuvre. Rien ne peut l’arrêter. C’est très nouveau ce qu’elle ose écrire. Elle est très critiquée, très attaquée. Mais elle fait bouger. Elle ose dire des choses qu’on disait pas jusque là...

Penvins : J’ai en tête une chose. On est toujours dans le refoulement de la guerre. Donc c’est pour ça que je lis des auteurs comme Jacques d’Arribehaude, un écrivain qui tranche singulièrement avec la littérature de ce temps.
Je viens de lire Suite française, d’une écrivaine juive, Irène Némirovsky, qui dans les années trente était très connue. Avec ce qui s’est passé au début de la guerre, elle a été obligée de se cacher. Elle a écrit pour des revues renommées, mais elle a dû le faire sous des pseudonymes. Les éditeurs voulaient ses textes, mais refusaient de les publier sous son nom! Et elle a commencé à écrire un roman sur l’Occupation. Son projet était d’écrire toute l’histoire jusqu’à la paix - qu’elle n’a pas connue puisqu’elle a été déportée et assassinée dans un camp de concentration. C’est extraordinaire de lire ce livre, parce qu’il a été écrit dans l’instant. On se rend compte que l’Histoire est plus compliquée que les mythes qu’on a inventés après.

La littérature française doit encore faire le compte avec cette époque ?

Penvins : Je crois que la France en général doit apprendre à connaître son histoire non pas avec les clichés, mais telle qu’elle est. Et que si on a un problème aussi important avec l’extrême droite en France c’est parce qu’on se renvoie les balles. Il y a ceux qui disent qu’on a été tous des résistants, et d’autres tous des collabos.

Y a-t-il un aspect de cette question dans votre intérêt pour Céline ?

Penvins : Bien évidemment! Si Céline a continué à écrire c’est parce qu’il y avait quelque chose qu’il n’arrivait plus à dire et qu’il voulait continuer à dire. C’était sa haine des juifs qui sans doute avait des raisons plus personnelles qui n’avaient rien à voir avec les juifs. Mais, c’était quand même de l’antisémitisme. Et il a continué à écrire en jouant le jeu du style, en disant la littérature c’est le style, les idées ça ne vaut rien... Je n’ai pas d’idées... Bien sûr, ce n’était pas vrai.
L’intérêt de Céline vient de ce que la littérature peut continuer à dire des choses qu’on ne peut pas dire ailleurs, qu’on ne peut pas encore - ou à nouveau - dire.

Alice : Ainsi, Christine Angot dit des choses, elle ose dire des choses, comme le secret de famille, alors elle écrit " l’inceste " : apparemment l’inceste avec le père, mais en réalité le livre même raconte aussi une aventure homosexuelle avec une femme et on se rend compte que l’inceste est toujours avec la mère. Elle ose dire ça.
Je crois que la littérature sert aussi à ça: écrire ce qui est impossible à dire.

Il y a quelque chose à ajouter et que je ne vous ai pas demandé ?

Alice : Ce qui me plait dans Internet, et d’ailleurs c’est comme ça que je me suis présentée sur la revue - c’est que je me place du côté du lecteur - je me présente comme lectrice. Pas forcement d’une position intellectuelle. Bon, après ça vient, en écrivant, c’est l’expérience. Mais, en commençant à lire je ne sais rien. Je suis une lectrice qui est allée dans une librairie, qui a trouvé un livre, qui le lit. Je ne sais pas ce que je vais à écrire.
Je commence à écrire mon article en lisant et après je me surprends par cette écriture ; mais c’est vraiment le point de vue d’une lectrice et pas d’une critique littéraire, pas d’une professionnelle.
Il y a un désir d’écrire. Je fais ça parce que l’écriture m’intéresse. Je me suis nourrie littérairement de cette écriture pour écrire, mais vraiment je tiens beaucoup à cette condition de lectrice, où j’ai tout oublié, je ne suis pas celle qui sait, au contraire l’auteur m’apprends beaucoup, c’est à chaque fois une logique différente. Je suis émerveillée de ce que l’auteur m’apprend, je m’entraîne chaque jour comme une sportive de haut niveau à entendre la complexité de chacune de ces logiques psychiques à l’œuvre dans l’écriture, à cette pensée complexe chère à Edgar Morin . Après je me mets à écrire. Je crois que les auteurs se rendent compte de ça.

Penvins : On lit aussi des auteurs qui ne sont pas lus, alors qu’ils sont importants. Des auteurs qui ne sont pas sur le devant de la scène. Comme Philippe Muray.
Ce sont souvent des écrivains qui ne sont pas dans la bonne pensée de la littérature de Saint-Germain-des-prés, il faudrait dire de gauche, mais cela ne veut pas dire que nous sommes des critiques de droite. Pas du tout, même. Cela veut simplement dire que l’on a horreur des trucs qui sont écrits et lus d’avance. On ne peut pas se contenter de la pensée du jour et de dire que ce qui n’est pas dans cette pensée n’existe pas, ce serait la fin de la littérature.

Site : "Exigence-Littérature"


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