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« Dieu » nous divise, la Passion de Dieu nous unit

L’éternelle finitude

Christian Pagano
(5.04.2010)

Saint Thomas, lui même, estimait qu’il n’y avait aucune objection logique au fait de considérer la matière comme éternelle. On n’en sait rien. Mais, à la réflexion, cette idée ne s’oppose pas à la création ex nihilo, la matière étant limitée par définition au rythme du néant, qui est le principe même de sa finitude, fragmentaire, nomade dans un espace et dans le temps quelle contribue à créer « de facto ». Il faut en tout cas admettre que tout étant éternellement déjà dans la « mens Dei ». L’être, la matière et le Néant constituent le triptyque créateur sur le mode de la finitude. Mais cela exprime aussi le concept d’évolution, qui au lieu de s’opposer à une création permanente en constitue l’enregistrement pour ainsi dire historique. Le propre de la création en effet n’est pas faire « un artefact » mais de faire faire. Dès lors elle est permanente ou rien du tout, et par là elle s’accompagne d’une évolution continue, selon le modèle d’Anaxagore : dans la Nature « Rien ne se perd, rien ne se crée, mais tout se transforme » Et c’est notre histoire.

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Opera di Yoshitaka

Par ailleurs dès qu’on touche au Principe de quelque chose (qu’on l’appelle Dieu, Origine, Etre, Un) on doit avouer notre incapacité de le dire, car ce Principe à qui Tout est dû ne peut pas se confondre avec le Tout qu’il origine. C’est là qu’il y a le clin d’œil au « Néant », qui conjugue l’être et le devenir. Tout cela est facile à dire, mais dans la mesure où on le dit, il faut bien admettre quelqu’un pour le dire, à savoir la conscience personnelle, qui établit d’emblée non pas une rupture mais une distanciation avec la matière. C’est une double articulation universelle nécessaire non seulement pour le langage, mais encore pour la pensée, et toute dynamique de l’Etre humain.
La science actuelle se constitue souvent sur l’effacement du sujet, mais chassé par la porte, le sujet rentre par la fenêtre, car son rôle n’est jamais de pur observateur désincarné, immatériel, se confondant avec un résultat aseptisé :

"Connaître n’est pas seulement un acte physique, car, en chaque connaissance…l’âme de l’homme fait l’expérience d’un « plus » qui s’apparente beaucoup à un don reçu… C’est la force cognitive de l’amour… Et c’est justement l’amour, l’instrument privilégié pour connaître la vérité, et l’événement (Enc. Caritas in Veritate, n. 77)

Dès lors toute connaissance se constitue comme une rencontre et toute rencontre, quelle soit pratique ou théorique, constitue un Fait, sans quoi toute interprétation est vaine, mais dont la signification évolue constamment. Non que nous puissions disposer d’une vérité absolue, mais savoir « croire » à la Vérité en tant que telle est la condition sine qua non pour accomplir des vérités empiriques utiles dans la vie. La passion de la vérité, même quand elle accepte le tragique du dissentiment, sauve toujours l’essentiel: la liberté et l’amour, car la vérité ne peut jamais l’emporter, par la force, mais par la persuasion.

On en revient donc aux fondamentaux. Nous allons parler de

-  l’être et le néant

-  l’infini : une passion réelle

-  la croix : défi éternel

L’Être et le Néant

Plus que le Temps c’est le Néant qui constitue un couple ineffable avec l’Être, dans la fabrication du contingent, l’être empirique. Il y a des milliers de livres parlant de l’Être, sous ses différentes appellations (einai, esse, sein, to be, essere…). La tentation a toujours été présente de le confondre avec nos mots. Et c’est le grand oubli. En effet l’Etre n’est pas celui qui est inscrit dans un livre, mais celui-là même qui illumine notre intelligence. Ineffable mais incontournable. Il s’impose à nous. Et c’est l’étonnement de Parménide. Mais une fois cette impression intégrée dans une discipline, elle perd sa splendeur initiale, assumant toute sorte de qualificatifs : l’être indéterminé (Avicenne), transcendant, (Platon), mystique ( Plotin), réflexif (Descartes), immanent (Spinoza), infini (Malebranche), idéal chez Rosmini. Ce grand philosophe italien méconnu a eu le mérite de synthétiser tout cela dans une trilogie (être idéal, réel et moral) consacrant ainsi une pluralité dans l’être même, avec divers niveaux , distincts mais inséparables, à l’image même du concept trinitaire. Célèbre est la remarque de Korzybski Une carte n’est pas le territoire. L’esprit en effet confond souvent des niveaux d’abstraction divers, le langage pouvant occasionner cette confusion.

L’expression de Parménide,ce qui est « est » et ne peut pas ne pas être ; et ce qui n’est pas n’est pas, cache quelque chose dont l’oubli est aussi répandu que l’oubli de l’être et c’est l’oublie du sujet pour le dire. Etre, conscience et parole sont de niveaux différents, et forment une trinité complice qui donne énergie et lumière à tous les « étants».

Le mot «Néant » vient d’une expression latine populaire « ne-gens » qui signifie « personne ». Il ne se confond pas avec le Vide. Les physiciens parlent notamment de l’énergie du vide, que l’on explique par le principe d’incertitude. Le vide, selon les Stoïciens, n’est que ce qui peut être occupé par un existant mais n’est pas occupé. Selon Chrysippe (Stobée, I, 161, 8-26), le vide est infini. Le néant ne s’oppose non plus à l’invisible, car la matière existe même sous formes de particules invisibles à l’œil, comme l’est d’ailleurs la plus grande partie de l’Univers.

C’est Hegel, qui faisant un génial recours à la « négativité du néant », développe la base dialectique de toute évolution et s’ouvre sur la nouveauté. Les néoplatoniciens imaginèrent un « néant par excès » irréductible à l’existant, image divine auquel ils attribuèrent la fonction de Principe absolu sur le modèle de la théorie de L’Un.

La notion de néant peut donc se comparer, comme l’Etre, par analogie avec la notion même de Dieu, dans le sens où s’il est toujours possible de prouver l’existence de quelque chose, mais impossible de prouver l’inexistence. Ce « néant de relativité », opérateur de différences témoigne d’une gratuité initiale : le germe du non-être qui amène l’être à son terme. D’ailleurs les choses qui passent sont plutôt caractérisées par la non-existence que par leur existence. Tout cela pour signifier que la « créatio ex nihilo » (mot qui vient de « aucun îlot») et l’évolution ne sont pas contradictoires : la Création étant créativité en acte, et l’Evolution ayant elle même une logique interne fondée non pas sur la sélection du plus fort, ni du plus faible mais du plus apte.

2. LE DESIR INFINI

Le désir d’infini, qui s’exprime en moi, par moi, mais sans être tout à fait de moi, indique aussi un chemin pour aller au fond de soi-même. Cet « infini » comporte l’hypothèse d’une Vérité absolue, inéliminable en tant que telle, car constitutive, comme l’être, de la pensée. Dire en effet qu’il n’y a pas de vérité absolue, cela même devient absolu.
Mais prétendre démontrer l’Absolu, c’est autre chose : ce ne sont que des mots qui tournent en rond (petitio principii). Pourtant beaucoup de confessions non seulement prétendent cela, mais interdisent tout doute naturel à cet égard, créant ainsi la peur et des aliénations en chaîne. Une religion devrait être plutôt un véhicule œcuménique dans le temps et dans l’espace, correspondant ainsi à la double racine populaire ‘relier- relire » Elle se constitue ainsi - paraphrasant Heidegger- comme gardienne de la parole, et la maison sacrée de l’Être infini.

Mais on ne comprendrait pas notre monde contingent, sans l’infini. Le nier, c’est l’arrimer, car il faudrait de toute façon en avoir une idée. Ainsi l’infini, objet d’un désir, est paradoxalement la base de toute rationalité, permettant à la recherche de se poursuivre indéfiniment, lui donnant même « un sens ».

Mais dès qu’on essaie d’utiliser des noms prétendus divins c’est l’état de guerre qu’on déclare, bien contraire à l’étymologie de Dieu évoquant lumière et la paix, le dernier horizon mais qui en s’approchant, s’éloigne en même temps.

Peut on penser rationnellement l’Infini ? Pour Miguel Unamuno le point de départ de tout système philosophique est le sentiment de la vie… Unamuno fustige ainsi tout monisme pensant la fusion du moi dans la matière ou même en Dieu. Selon Rosmini, le sentiment fondamental à la base de la perception de notre corps est un sentiment complexe et complice, incluant l’assentiment à la vie, et donc intelligence et volonté ensemble. Il n’y a pas de pensée avec des limites préalables. Penser, c’est penser l’infini. C’est un don et un droit » à la progressivité indéfinie, l’homme pouvant dépasser infiniment l’homme, selon Pascal Même quand on affirme : je suis rien, on n’entend pas se situer au rang d’un étant quelconque, mais gardien d’un Je, qui est en nous, nous échappant indéfiniment. En ce sens on peut dire « Je est aussi un autre ». Nous avons d’ailleurs à faire à toute sorte d’infinis, infiniment grand et infiniment petit, celui des mathématiques, celui de l’Univers en expansion, et même la notion de Transfini de Cantor.

Aujourd’hui, dans la tentative de ré-enchanter le monde, on parle de spiritualité laïque, voulant ainsi se substituer à l’aporie du concept de Dieu, qui, une fois "dit", n’est qu’un produit humain , facile proie de tout athéisme. En quelque sorte on a intégré par divers chemins le paradoxe du monothéisme (H. Corbin), qui est celui même du Principe. Si le principe est principe de tout, il ne peut en aucune manière entrer lui-même dans ce Tout. Opérationnel mais inconnaissable, cela revient en quelque sorte au théorème de Gödel. Une dimension spirituelle ne va pas, en tout cas, sans une passion d’infini constitutive de chaque personne.

Mais il y a une distinction entre le concept de Dieu, et une passion « divine ». Celle-ci s’adapte à chaque individu, se constituant libre de tout pouvoir institutionnel pouvant ainsi conduire à un consensus parmi diverses confessions qui, divisées sur le nom de Dieu, peuvent convenir sur une passion commune.

Il en est de plus en plus question aujourd’hui, suite au mouvements post-moderne, post-métaphasique et post-chrétien, reconnaissant dans cette série (et me parait juste) que c’est bien dans la tradition chrétienne que se sont développées aussi bien la métaphysique qu’une rationalité certaine. Le coup d’envoi de ce mouvement a été donné par Nietzsche déclarant que Dieu est mort. Notre concept de Dieu, en effet, ne peut en aucun cas se rapprocher d’une réalité supposée divine. Mais de la à déclarer sa « mort » on fait la même erreur. Autant dire comme Job : on n’ a pas besoin d’un Dieu qu’on puisse comprendre.

Dans une période de crise qui est la nôtre, la demande sur le sens se fait plus forte, à partir d’un commencement. Ce n’est pas seulement une question philosophique. Savoir le FAIT Originel, capable de tout expliquer, c’est important. Mais le fait s’avère inépuisable Et alors la pensée dite « faible » a bien appris la leçon de Nietzsche : il n’y a pas de fait mais que des interprétations. Mais là encore on peut dire le contraire : les interprétations ne sont elles-mêmes que des faits, qui n’ont aucune valeur en tant qu’interprétation sans l’existence d’un fait original, ou « fondateur » qui les justifie.

Heureusement les faits sont têtus et le langage en bénéficie aussi ; autrement ne signifierait rien. Ainsi le champs du pensable a été successivement occupé par la notion d’Etre (vs néant), ensuite par la subjectivité (le Je) et après le tournant linguistique, c’est le langage qui est au premier plan, ayant tout de même des caractéristiques uniques, celles de pouvoir parler de soi ainsi que des autres, d’exprimer la contradiction et d’être performant même dans le silence.

3 . LE DEFI DE LA CROIX.


L’amour vainc la mort

Encore une fois c’est Nietzsche qui crée la surprise : « J’ai déclaré la guerre à l’idéal anémique du christianisme, non point avec l’intention de l’anéantir, mais pour mettre fin à sa tyrannie... La continuation de l’idéal chrétien fait partie des choses les plus désirables qui soient. » (Volonté de puissance, trad. Albert, § 409).

Tout cela peut mener à un « Fait fondateur » absolument typique du Christianisme, qui, avant d’être une écriture, se présente comme un évènement. On peut croire ou pas, mais du moment qu’on parle d’un dépassement du Christianisme, il faut admettre que « le fait de la croix » en était un : dépassement historique, documenté, matrice de tout dépassement possible. Entre autres l’acceptation d’une mort horrible, tout en déclarant son innocence, à la limite de l’invraisemblable, ne pouvait dériver d’aucune imitation mythologique. La passion et mort d’un prophète cloué sur un bois, c’est le Logos qui devient en quelque sorte Stauros : un bois, l’abîme de la kénose.

Quelques réflexions :

- on peut dire du symbole de la croix ce que Ricœur disait du symbole, tout court : Il donne à penser !

- Selon René Girard, le « fait « que toute littérature de l’Antiquité insiste sur la culpabilité d’un bouc émissaire, légitimant ainsi un sacrifice mythique , rend le récit évangélique qui présente la particularité d’une victime, qui, tout en subissant la mort, proclame une innocence totale, unique.

- Le « logos de la Croix », représenté aussi par les lettres du « poisson » en grec ICTUS (Iesus Christus Totius Hamanitatis Salvator) qu’on appelle kérygme, exprime aussi la croix du Logos, à savoir: face à un tel mystère, l’inanité des paroles, un silence absolu.

- L’attente du Messie ayant emprunté des chemins inattendus, constitue dès lors une ouverture à tout le Possible, un exode nouveau, signe de contradiction, une folie « divine » à partir de laquelle il est aussi permis de penser Dieu.

- Surtout,la croix, révélant le mystère d’Amour, comme le propre de Dieu, renverse toute vision monothéiste ou polythéiste de la divinité, manifestant une unité plurielle au sein d’un Dieu unique, divinisant de ce fait aussi l’amour du prochain, ennemis compris.

CONCLUSION : de la création à la créativité

- On peut dire que le dépassement du christianisme inscrit dans ses origines mêmes, est permanent mais concerne l’avènement de Dieu et de l’homme réunis pour toujours.

- C’est en ce sens que si le nom de Dieu peut diviser, la passion divine, dont le symbole extrême est la passion de la croix peut unir tout le monde. Serait l’oecuménisme
- Enfin l’amour, le propre de Dieu, est aussi un espoir contre toute peur, comme celle de Nietzsche face à un éternel retour du même, alors qu’on peut espérer l’éternel retour non pas du même mais du nouveau : un cantique des cantiques perpétuel entre le fini et l’infini. Le nouveau a besoin de changement. Ainsi non les choses singulières, mais la finitude en tant qu’instrument du changement et de re-création ne pourrait-elle pas être une éternelle finitude alias renaissance permanente ? Bien sur cette expression évoque le mystère de la « vie éternelle » qui reste un mystère. Mais comme dit Paul Claudel : « "En un instant mon coeur fut touché, je crus... J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable."



15 novembre 2009


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