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Le programme de l’avenir

Entretien à Jean-Pierre Faye

Christiane Apprieux

"Effectivement le récit est le seul moyen de faire apparaître ce qu’est une idée, c’est la grande leçon de Spinoza".

(15.11.2009)

Quel est le programme de votre recherche dans l’avenir?

Je termine un article pour le dictionnaire philosophique, qui se prépare au CNRS, chez Larousse- Hachette. C’est une demande que l’on m’a fait, il y a très peu de temps, parce que ce dictionnaire est presque fait, mais il manque la rubrique philosophique. C’est un dictionnaire philosophique, et justement les thèmes philosophiques étaient encore à faire, et alors on me l’a confié. Donc c’est la chose la plus urgente pour moi, et c’est une occasion pour moi d’essayer de faire une synthèse qui consiste en peu de pages, je crois que le maximum c’est de dix feuillets, et donc par delà la critique de la philosophie heideggérienne que l’on appelle ainsi et sa séquelle en France, qui a semé dans le nouveau monde de façon tout à fait épidémique, et maintenant jusqu’au Japon et en Chine.

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Santina Pellizzari, "Azzurro nell’aria", 2002, acrilico su cartoncino, cm 70x90

Je crois que c’est intéressant de faire le point sur ça, et de parler aussi de quelque chose d’autre après, c’est à dire le caractère documentaire que prend tout à coup ce corpus philosophique qui devient document d’une espèce de champ de fouille archéologique du siècle précédent. Cela devient vraiment comme si l’on ouvrait les ruines romaines ou les ruines de l’Egypte ancien, on découvrait une archéologie, mais pas du tout la pensée qui peut être active, pensable et réellement pensée aujourd’hui.

On ne peut pas penser l’absurde de la fable de la métaphysique comme chute nihiliste, hors de l’être dans les temps, cela n’a aucun sens, surtout aucun sens dans les pays d’Asie ou les verbes ne se conjuguent pas, comme en Japon et en Chine, où les verbes sont invariables. Donc l’idée de la chute, du sein dans le zeit, de l’être dans le temps, dell’essere nel tempo, cela n’a aucun sens dans une langue comme celle de la Chine, qui est admirable : mais elle a cette propriété d’avoir des noyaux de sens fixes qui se fleurissent par mille facettes que l’on a ajoutée, mais qui sont invariables dans leur racine. Les verbes ne se conjuguent pas. Transporter là-bas ceci n’a aucun sens, c’est donc maintenant comme une espèce d’archéologie des langues occidentales européennes qui naît des tumultes des années 30 et 40 en Allemagne.

C’est une période terrible ou le philosophe, Martin Heidegger, s’est trouvé menacé par ses propres convictions d’être son propre paria, puisqu’il était à la foi un adepte fanatique du troisième Reich et de son Führer, et en même temps accusé par ses proches compagnons de convictions - qu’il n’y avait de plus dangereux que lui puisqu’il avait le grade S.S. - et qu’ils l’accusait d’être un littérateur juif ; et ensuite la pauvre cible de cette stupide attaque a retournée la cible contre la métaphysique elle-même. C’était la métaphysique qui était juive.

Tout ça m’intéresse parce que ce n’est plus sa critique aux philosophes, complètement obsolète, et qui est encore très célèbre et qu’en France il y a un crédit immense. La déconstruction : la soi-disant guérison de la chute. Mais c’est intéressant de voir comme se construit des transformations de langages, des transformations narratives qui s’emparent de la philosophie comme il y en a eu quelque fois, à l’époque de l’inquisition quand l’Espagne était en proie à la recherche du sang, alors que le sang est le sang symbolique. Ce n’était pas encore le sang racial des nazis, c’était un sang psychique ou moral. C’est la conversion de la foi, la relapse qui devenait une maladie du sang. Toutes ces fables sont terribles, elles peuvent occuper des siècles entiers.

Un langage se transforme, cela nous concerne actuellement parce que notre liberté de l’esprit dépend de l’intelligence que nous pouvons prendre de ces puissances transformantes du langage. Le fait en tant que trasformato, on pourrait dire " le pensa " en français, le pensato produit du trasformato. Les puissances transformantes du langage sont analysées comme des machines d’histoire.

Il y a un autre texte auquel je travaille, qui est long entre 100 et 150 pages, qui est destiné à une revue de Belgique qui s’appelle " Concept ". Elle vient de faire un numéro spécial sur Deleuze, et je suis chargé du numéro suivant portant sur ma pensée. J’en suis très heureux parce que Gille Deleuze est certainement le philosophe le plus pertinent de notre temps. Avant sa mort nous avions des longs coups de fil, des entretiens au téléphone, puisqu’il ne pouvait plus sortir de chez lui, en raison de l’état de ses poumons. Il aimait beaucoup discuter au téléphone, mais on s’écrivait aussi des lettres.

Et donc dans la continuité de la pensée de Deleuze : pas que je sois deleuzien, car je ne suis pas d’accord avec lui sur beaucoup de choses, mais il y a des points sur lesquels nous étions d’accord, comme sur Heidegger. Et puis aussi l’idée que nous ne devons pas penser qu’il y a une origine du temps. L’originaire au sens de Kant, cela veut dire la pensée du sujet connaissant lorsqu’il est au-delà du doute. L’originaire c’est le regard du sujet à travers le doute, l’époqué, le suspend, le jugement de réalité. Cela n’a rien à voir avec l’origine de l’histoire. Cette origine comme la voit Heidegger c’est une mythologie pure. Il le dit même d’ailleurs. C’est la mythologie de l’être.

Mais, il n’y a pas mythologie de l’être. Il y a une préhistoire de l’humanité que nous connaissons de mieux en mieux, et Heidegger s’en moque en disant que c’est un tas d’os, mais justement ce tas d’os est dans sa philosophie. La philosophie de Heidegger est un tas d’ossements de concepts, c’est lui-même, c’est son propre tombeau, il trouve son propre squelette, il change de squelette puisqu’il exalte la métaphysique entre Husserl et son maître, et ensuite il la démolit pour obéir à ses maîtres nazis.

Lisez-vous le logos d’Heidegger comme un mythe ?

Exactement. A la foi son logos et puis sa fable de la critique du logocentrisme, de la logos-Erbchaft, reprise par la philosophie française déconstructionniste, donc post-heideggérienne, avec une naïveté incroyable. La déconstruction du logocentrisme c’est un emprunt. Heidegger est quelque chose de bien pire que Klages, qui était un philosophe de la graphologie, mais qui était hyper nazi : seulement les allemands le savent. En France on ne sait même pas qui c’est. Mais, c’est un autre idéologue de l’époque, Hans Müller, un antisémite, qui était un idéologue du mouvement de jeunesse, et quand il désigne Klages, il montre qu’il était un antisémite exterminateur. Il vivait en Suisse et donc il avait l’air d’être à l’abri des querelles de l’histoire, mais pas du tout, il était tout à fait engagé ; après il s’est caché pendant la guerre, et donc on n’a plus parlé en France ; mais ceux qui on des bibliothèques bien fournies à Berlin ont tout ça.

Donc, c’est la moitié nourrie de fables horribles depuis la fin des années soixante et puis des années soixante dix, et des esprits brillants comme Gérard Granelle, qui a traduit Heidegger et a inventé ce mot " déconstruction ", qu’il l’a prêté à quelqu’un d’autre, et puis c’est devenue cette idéologie déconstructiviste qui est au Etats-Unis une espèce de fashion, et en France c’est presque devenue une idéologie d’État à partir des années quatre-vingt dix jusqu’à nos jours.

C’est à dire après Lacan.

Oui, c’est ça. Et puis c’est aussi l’Education Nationale qui en a fait une idéologie d’État, parce que les programmes étaient faits par ces messieurs les déconstructionistes. C’est effrayant. C’étaient des initiatives du ministre lui-même, ministre qui n’est plus dans l’actualité, mais qui a été longtemps ministre, puis premier ministre, et qui a fait cela par des raisons d’ailleurs vagues, pour amitié...

Vous parlez de Jack Lang ou de quelqu’un d’autre ?

Non, il était même assez méfiant à cet égard. C’est son maître, celui qui a été aux élections récentes surpassé par Le Pen. Mais il n’aurait pu manquer que Le Pen devient déconstructiviste ! Il l’aurait pu l’être, aussi, s’il avait pu comprendre que c’était une fleur de nazisme. Il n’a rien contre le nazisme.
C’est de bonne foi que ce ministre, qui n’a pas étudié la philosophie, a opéré ainsi.

Parce que c’était devenu un discours médiatique ?

Les médias s’en sont emparés. C’était la vogue. En France c’est devenu une idéologie. En fait, les Etats-Unis fonctionnent par mode et la France fonctionne par mode et aussi par idéologie. C’est la forme suprême de la mode. Et ce qui est plus dangereux encore, parce qu’il y a une ardeur de fanatisme, que la mode n’assume pas.
En France, il y a la mode Althusser, qui avait déclaré que l’humanisme était un crime, et que le jeune Marx n’était pas Marx, parce qu’il parlait d’humanisme deux fois : il y avait deux fois le mot, alors il a fait une coupure épistémologique qui a été emprunter à Bachelard, et c’est d’autant plus ridicule que cette critique de l’humanisme il l’a emprunté à son collègue heideggérien, Beuffret, et si Heidegger était anti-humaniste c’est parce que les nazis le lui ont ordonné. On sait maintenant quels sont les idéologues officiels de Rosenberg qui ont donné des consignes à Heidegger, en lui interdisant d’utiliser ces mots.

À partir de ce moment là, il en a fait la critique. Ces deux là s’appellent : l’un Wilhelm Rakman, c’était une sorte de théologien nazi, qui était dans les offices de Rosenberg, et l’autre s’appelait Erzleben, il était chargé d’imposer à Heidegger que l’humanisme était interdit. Tout ça à propos du texte qu’il avait fait sur la caverne de Platon, cela a duré des années pour que ce texte soit autorisé, mais à condition qu’il n’y ait pas le mot " humanisme ", mais que d’ailleurs Heidegger n’emploie pas spécialement. Mais d’un coup il s’est mis à l’attaquer, et quand l’après guerre est arrivée, c’était son premier message a Jean Beuffret.

L’humanisme était interdit : c’était la chute dans la métaphysique du néant ; et puis tous ces français naïfs, ils croyaient que c’était l’existentialisme à être la doctrine de Heidegger. Ils ont été tellement étonnés de ce changement, qu’ils ont pensé qu’il fallait se mettre à jour. Alors que simplement ils se sont mis à écouter les consignes des nazis qui avaient disparus.

Voici l’archéologie, et c’est la meilleure archéologie, je crois.
Foucault a eu le pressentiment d’une archéologie du savoir, c’est un de ses meilleurs textes, il l’a écrit après 1968, mais il ne l’a pas appliqué à Heidegger. Il était un peu mal à l’aise avec ça, et en fait il était assez impressionné sur les leçons de Heidegger sur Nietzsche. Il n’avait pas fait la critique, il lui a manqué le fil conducteur.

En Allemagne je suis tombé sur les textes nazis de Heidegger, les uns après les autres, comme nous fournissaient les jeunes allemands eux-mêmes, qui travaillaient sur ça discrètement, ils n’avaient pas très envie de faire de la publicité sur ses textes, c’étaient tellement horribles pour eux. Pour moi c’était crucial de faire connaître cela en France, parce que la France était complément sous le charme, sous l’incantation de ses fables. Cela m’a valu des querelles sans fin, et surtout une espèce de racisme pendant longtemps.

Ce n’est pas seulement la question de s’en prendre à Heidegger, mais c’est de penser en profondeur ce mouvement de transformation. Autour de ça, on y avait travaillé sous le signe de Chomsky, avec le groupe de " Change ", parce qu’il y avait deux linguistes éminents chez nous, Jacques Roubaud, qui est un mathématicien, et puis Mitsourama qui était une jeune étudiante au départ, puis une chercheuse très informée au niveau des méthodes linguistiques syntaxiques, de la transformation de la syntaxe, et elle s’est passionnée aussi pour les transformations dans l’histoire du langage ; mais elle est morte dans un accident d’auto, et malheureusement ce noyau que nous formions c’est brisé.

Je pense que c’est en effet la critique des transformants qui est notre tâche, et pour ça il faut aussi recourir à la pluralité des langues d’Europe, parce que chaque langue d’Europe éclaire un peu les autres. Si on écoute la langue italienne, elle nous apprend justement toutes les facettes " du pensé ", il pensiero, il pensato, et si on voit comme en Angleterre, par exemple, on ne peut pas traduire le mythe heideggérien, être et temps, essere e tempo, parce qu’on est obligé de mettre une majuscule. C’est toujours Be, to be, cela montre la naïveté et la niaiserie de cette différence ontologique qui change de la majuscule et de la minuscule, c’est ridicule.

Et si on va voir les langues non européennes, comment l’arabe a traduit ça, en Chine il y a six verbes pour dire l’être, il y en a un pour philosophe : un pour Hegel, un pour Sartre, un pour Descartes, il y en a deux pour Heidegger, et quand il s’agit de Lao-tseu c’est encore d’un autre verbe. Je disais à mon " ami africain " que l’on devrait reprendre ces verbes, mais il m’a dit il y en a des milliers d’être, parce qu’il n’y a pas de copule.

L’adjectif et le substantif sont côte à côte, c’est une autre puissance de la langue. Et c’est ce qui est admirable, et c’est ce qui prouve que l’esprit humain est vraiment un intellect agent, comme disait les philosophes arabes, un cheval que l’on tient par la bride, ils ont pu traduire toute la philosophie grecque en quelques années avec une langue toute à fait différente. Et les chinois ont pu traduire à leur tour, il y a seulement cent ans, la pensée européenne. Montesquieu d’abord, ensuite Kant. C’était après la chute de l’empereur. L’empereur qui voulait moderniser la Chine et qui a été assassiné par sa mère, sa fausse mère l’impératrice Tsou-hsi. Ces jeunes chinois qui avaient voulu faire une réforme politique, se sont attelés à une réforme philosophique en traduisant les philosophes européens et, avec une langue toute autre, ils ont pu les traduire. Donc l’esprit humain est capable de remodeler les langues, mais chaque fois il y a des problèmes autres qui apparaissent et des impossibles ; et tout ça éclair le champ de fouille de l’esprit humain.

Quel est le témoignage de la rencontre avec la chiffrématique d’Armando Verdiglione ?

Je suis très impressionné par le mot " chiffre ", parce qu’en italien cifra - ce qui n’est pas le cas en français - a un sens très restreint au premier rapport, mais la cifra est vraiment le mot européen qui a bénéficié de toute la trame venue du Moyen-Orient.

Et moi-même j’ai eu une expérience extraordinaire, puisque j’ai assisté aux fouilles de la ville de Sippar, qui se trouve pas loin de Leufrate, qui était sur le fleuve Leufrate à l’époque des rois akkadiens qui ont envahie le pays de Sumer, et alors là c’est produit la première rencontre pensée entre deux langues. Les sumériens avaient déjà une langue écrite, mais qui était pictographique, comme le chinois, et arrive ce peuple akkadien, qui était le premier des peuples à langue sémitique (" sémitique " étant d’ailleurs un mot fictif, c’est une façon que les philosophes allemands ont eu de designer les langues d’après les noms des fils de Noé). C’est un peuple sémitique qui n’avait pas d’écriture, qui arrive du désert, comme les hébreux et les arabes, les peuples du désert, alors que les sumériens étaient un peuple des montagnes. Ils ont écrit assez tard le sumérien, et l’acadien côte à côte, ligne par ligne, comme une opération traduisante. Ces tablettes de Sippar mériteraient d’être des objets de musée et de centre de recherche, mais malheuresement avec l’état politique de l’Iraq tout cela est bloqué.

Mais quand j’y étais, c’était pendant la guerre avec les iraniens, donc pour les européens ont pouvait y rentrer à condition de ne pas recevoir une fusée iranienne, de temps en temps les fusées iraniennes arrivaient sur l’Iraq, mais c’était l’Iraq qui avait attaqué les iraniens, il faut le dire. On voyait travailler des chercheurs, aussi bien de langue française et anglaise, mais aussi de langue arabe, qui recopiaient, et tout à coup l’archéologue me dit que c’est de Sippar que vient le Sefer.

Le Sefer c’est le livre, le Sefer Zohar c’est le grand livre de la cabale, mais c’est aussi le sefar : c’est le nom qui a donné en arabe le sifr, et tout à coup c’est devenue la cifra italienne qui s’est dédoublée avec cifra et zéphyro, qui est le zéro.

Alors ce zéro qui est un chiffre, qui est un nom, c’est le commencement de la chiffrématique, c’est vraiment la clef qui nous rattache à la puissance de langage la plus grande, un langage qui a pour fonction de se déchiffrer lui-même. Le langage qui est en train de se déchiffrer, c’est comme ça que j’interprète la chiffrématique, et du fait qu’il se déchiffre lui-même, il déchiffre aussi la psyché qu’il énonce. Donc c’est à la foi une opération du langage, du psychique et de l’histoire.

Je pense que s’est important que l’on se livre en cette triple opération dans la langue italienne puisque c’est elle qui a été la porteuse initiale de cette découverte de l’Asie en Europe, le premier pays qui a compris l’algèbre arabe, qui elle-même avait pris ce mot pour designer la Sonia des indous. C’était un concept bouddhiste, mais qui désignait aussi la partie vide du boulier, alors que les pauvres romains et les pauvres grecs, malgré leur génie géométrique, utilisaient les lettres. Les lettres qui après sont devenues un outil puissant pour l’algèbre, mais pour l’arithmétique c’était au contraire un frein.

Toutes ces histoires et cette transformation dans la puissance transformatrice, et son utilisation, c’est la clef. Je crois que l’italien est à la pointe de quelque chose qui peut éclaircir l’amas de déchets, accumulés par une certaine confusion franco-allemand.

Effectivement le récit est le seul moyen de faire apparaître ce qu’est une idée, c’est la grande leçon de Spinoza. La cabale est une pensée séfarade autant qu’une pensée européenne. Spinoza a la double culture que n’avait pas Descartes, et quand il dit que les idées sont des narrations mentales, c’est le seul moyen de reprendre une idée à la source et de l’examiner, jusqu’à savoir de quelle narration allait la transformation.

Jean-Pierre Faye, romanziere, poeta, filosofo, Rettore dell’Università Europea di Ricerca, dirige la rivista "Change". Nel 1964 ha ricevuto il premio Renaudot per L’écluse (Seuil). In Italia ha pubblicato La chiusa; Introduzione ai romanzi totalitari; Critica e economia del linguaggio. Presso Spirali ha pubblicato La ragione narrativa. La ragione dell’Altro.
Nel saggio Le piège, Jean-Pierre Faye analizza senza compiacenza la mitologia di Martin Heidegger e la questione della sua compromissione con il nazismo.

Christiane Apprieux, co-directeur de "Transfinito".



3.12.2002


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