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TRANSFINITO International Webzine

Comment développer de nouveaux produits de l’information en francophonie

Dis-moi qui te distribue et je te dirai qui tu es

Fulvio Caccia

La réorganisation en cours dans l’économie de l’information s’appuie sur les besoin de disposer en temps réel d’informations de plus en plus fines et adaptées au besoin de l’utilisateur.

(14.10.2001)

Enjeux et perspectives de la syndication de presse
en France et en francophonie *

Existe-t-il un "marché francophone " de l’information ? Quel est son poids ? Les médias écrits francophones survivront-ils aux nouveaux produits induits par les nouvelles technologies ?

A cet égard, la syndication en France et dans les autres pays francophones apporte un éclairage inédit et nous montre que, malgré les progrès du français sur le Web la situation n’est pas aussi rose que l’on voudrait bien nous le faire croire.

C’est ce qui ressort de l’enquête réalisée alors que j’animais une agence de syndication francophone à la fin des années 90.

Ettore Peroni, "Senza titolo"

Mais qu’est-ce que la syndication ? Ce néologisme qui trahit son origine américaine , désigne le droit d’exploiter des contenus éditoriaux et iconographiques déjà publiés ou sur le point de l’être en les distribuant auprès des organes de presse notamment étrangers.

Aux Etats-Unis cette activité est distincte de la publication proprement dite. Née au moment où la bande dessinée fait exploser les tirages, elle a été induite par le copyright qui régit la propriété intellectuelle aux USA et restreint les droits des créateurs au profits des exploitants.

Les journaux américains se sont donc retrouvés très tôt en possession d’un formidable stock de contenus éditoriaux susceptibles d’être commercialisés. Le premier syndicate, International News Service, voit le jour par la volonté du célèbre magnat de presse William Randolph Hearst en 1912.

Aujourd’hui plus de 400 syndicates de presse américains fédèrent les B.D. et les contenus des News Services des principaux quotidiens de la planète. Durant les années 70, les plus importantes d’entre eux se dotent d’une antenne européenne.

En France, la distribution éditoriale est l’attribut spécifique de l’agence de presse. Avec plus de 1000 journalistes, autant d’abonnés parmi les journaux et périodiques de la planète, l’AFP est pour ainsi dire la plus grande agence de syndication de langue française. C’est un géant mais un géant aux pieds d’argile y compris sur son propre marché intérieur :79 quotidiens seulement.. Car , bien qu’elle le domine à 60% par ses contenus, l’AFP se trouve en concurrence avec Reuters, BBC World Service et les agences régionales étrangères DPA (Allemagne), EFE (Espagne), et ANSA (Italie).

Situation qui n’est pas sans conséquence tant pour l’Agence France Presse que pour les journaux de langue française dont la survie dépend de leur capacité à se diversifier. L’AFP se trouve-t-elle dans une position monopolistique analogue au Minitel? Il serait tenant de le croire .

A vrai dire , aucun patron de presse français, n’a jamais sérieusement considéré la syndication dans leur stratégie de développement et, par voie de conséquence, n’a jamais remis en question le monopole de l’A.F.P dans ce domaine.

Cette absence de contestation s’explique d’autant plus que huit de quinze sièges au CA de l’A.F.P. sont statutairement attribués aux représentants de la presse écrite. Par tempérament, par culture autant qu’à cause des dispositions du droit d’auteur - Je rappelle que la titularité des articles de presse en France appartient de manière imprescriptible à l’auteur et donc au journaliste salarié ou pas ( l’article L.12 -8 du Code du travail)-, ils lui préfèrent d’emblée la filiatisation.

C’est de fait dans le domaine de la photo que la syndication a marché le mieux en France comme l’ont illustré l’essor des grandes agences internationales de photos.

Acteurs de la syndication

Mais d’abord les acteurs de la syndication de presse qui sont-ils aujourd’hui ? Et quel est leur influence véritable , leur marché ? Si l’on s’attache à la revente des seuls droits d’articles de presse pour un autre support papier à l’étranger, force est de constater que ce marché est presqu’inexistant.

Par le volume d’infos traités, seuls les quotidiens nationaux français y consentent mais souvent pour des raisons de politique interne.

Ce manque d’intérêt se répercute sur la prospection et conforte l’idée largement partagée selon laquelle l’information, délestée de son premier support, est impropre à une seconde exploitation.

Or, curieusement ce marché si peu attractif attire pourtant l’une des plus grandes agences de syndication américaine : le New York Times Syndicate. Celle-ci est immédiatement après l’A.F.P, le second opérateur dans ce secteur en France. Représentant l’Express, le quotidien le Monde ainsi que le Monde diplomatique, le NYTS est également le principal acteur européen puisqu’il assure aussi la distribution éditoriale de l’allemand Der Speigel , des anglais The Economist , The Independent , the Financial Times.... Le Los AngelesTimes Syndicate commercialise, quant à lui, le service des nouvelles du quotidien El Pais et détenait hier encore la syndication du Times et du Sunday Times.

Il est piquant de constater que, à l’heure de l’Euro, les éditeurs de presse européens, doivent passer par New York pour obtenir le droit de reproduire les articles leurs confrères du Vieux Continent. Ce n’est pas le moindre des paradoxes de ce secteur où francophones et Européens brillent par leur absence.

Il est difficile d’évaluer en terme de marché ce secteur qui ne dépasse pas les trente millions de Francs (dont quatre en droit de reprographie). Car ce marché est bien davantage un marché stratégique en termes politiques qu’économique.

Le service de syndication correspond pour l’entreprise de presse à l’équivalent pour un Etat du ministère des affaires extérieures ou du Commerce international. Que la gestion de cette activité soit justement confiée à des agences " étrangères " est lourde de sens. Elle illustre à l’envie la myopie de dirigeants et des journalistes quant à l’influence politique de ces " nouveaux " dispositifs de distribution de l’information.

Les sociétés d’auteurs

Pour l’heure, du côté des sociétés d’auteurs, et des représentations syndicales, ce sont surtout les droits électroniques qui les préoccupent.

Leurs démarches visant à interdire la rediffusion sur le net de nouvelles déjà parues sur papier journal ont conduit souvent à négocier avec les patrons de presse l’exploitations partagés de droits d’auteurs.

Dans ce cas, l’exploitation en vue d’une seconde publication ne concerne pas seulement la republication dans les pays étrangers mais aussi l’exploitation de droits sur support cederom, sur micro-films et par minitel ; chaque média constituant ainsi autant de marchés segmentés.

En attendant que se développe un véritable marché des contenus francophones multisupports, la structure apparemment la plus fonctionnelle dans ce domaine du droit de la presse française , c’est le Centre français du copyright qui gère la reprographie et redistribue une petite dizaine de millions aux éditeurs. De fait cette somme aurait du être multiplié par 80 par l’Etat qui en est le principal débiteur via le Ministère de l’éducation). Ceci étant, la reprographie est un bon indicateur des changements en cours car il se situe du côté de la demande.

Les infomédiateurs et l’information éléctronique professionnelle

Ceux qui l’on bien compris sont notamment les agences de traitement d’information dont l’offre de service est fondée non sur la production mais sur la sélection de l’information.

Colligeant naguère les coupures de presse, ces sociétés ont électronisé leur veille laquelle s’étend à tout l’environnement médiatique (radio-télé). Depuis trois ans cependant un tournant à 180 degré a été accompli, stimulé par le développement de nouveaux logiciels issues de la technologies push.

Non seulement le vecteur de distribution principal devient l’internet, mais le client est désormais l’acteur-clé du processus de sélection.On distingue deux profils de sociétés ; l’une privilégie une logique documentaliste à très haute vitesse pour l’utilisateur-client ; l’autre l’agrégation et la valorisation de contenus en ligne pour les sites web eux-mêmes.

Dans le premier cas, ce marché professionnel était évalué en France à 1, 12 milliards d’Euros mais ce sont évidemment les Etats-Unis qui mène la danse avec plus de 40 milliards d’euros et 30% de la croissance dans ce secteur. Même cas de figure n ce qui à trait aux industries de l’information professionnelle, la France ( et à fortiori les pays francophones) traîne la patte loin derrière les pays du nord comme les Etats-Unis bien sûr, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne qui contrôlent respectivement 40%, 30% , 18% de cette industrie stratégique. C’est ce qui ressort d’ailleurs de l’enquête conduite par le Groupement français de l’industrie de l’information lors du 18e Salon professionnel de l’information électronique et de l’internet qui s’est tenue du 29 au 31 mai au palais des Congrès de Paris. Sur la planète, le leader est Factiva du groupe Dow Jones et Reuters, crée d’une GIE en 1999 seulement, et qui dispose déjà d’un million d’abonnés professionnels.

En francophonie, outre l’Européenne des données, l’un des acteurs les plus dynamiques de ce secteur est sans doute CEDROM-SNi. Cette société crée en 1989 à Montréal, exploite par internet des banques d’articles de journaux non seulement en français mais aussi en anglais. Elle compte une soixantaine de publications parmi lesquels the National Post, Toronto Star, La Presse mais aussi Le Monde, Le Monde diplomatique, Libération, Les Échos, L’Humanité, La Croix, L’Express, Le Point, PRLine, etc.

Leur banque peut être consultée par les abonnés en utilisant un logiciel de recherche assez simple. Mais ses dirigeants se gardent bien d’entrer sur la marché de la syndicalisation traditionnelle ( vente des droits d’articles ) , attribut propre de l’éditeur de journal.

Cette situation ne met que davantage en relief la fragilité des acteurs traditionnels de l’information en francophonie dans le secteur qui est le plus visible : la relation avec le grand public. Car l’autre secteur dans lequel les francophones sont presque cruellement absents c’est la syndication des contenus pour les sites internet.

Suite au très récent dépôt de bilan de Isyndicate, contrôle par Nfactory, c’est Screaming media, une entreprise américaine côté au NASDAQ, qui s’affirme comme le grand ordonnateur de ce marché. Malgré la crise, ce marché demeure suffisamment attractif pour intéresser le géant de presse Bertelsmann . La société Scraming media a réalisé l’an dernier un CA de 22 millions de $. A ce jour, elle affirme avoir passé des accords avec plus de 3000 sources ( journaux agences, revues spécialisées...) et ainsi alimenter plus 1300 sites de par le monde.

Conclusion

Cette réorganisation en cours dans l’économie de l’information s’appuie sur les besoin de disposer en temps réel d’informations de plus en plus fines et adaptées au besoin de l’utilisateur.

La syndication bien tempérée permettra-t-elle aux acteurs de la presse écrite de développer de nouveaux produits de l’information en francophonie ? Cela dépendra de la volonté de l’ensemble des acteurs de la presse francophone d’instrumentaliser ce dispositif . Si elle ne le fait pas, d’autres le feront à leur place, confirmant de la sorte le vieil aphorisme :" Dis-moi qui te distribue et je te dirai qui tu es ! "

Ce texte est une version abrégée et réactualisée d’un article paru dans la revue "Médias pouvoirs", nouvelle série, n. 2, 2001.

Fulvio Caccia est directeur de la revue "Combats".


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23.01.2019