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Sokal e Bricmont, « Impostures intellectuelles »

Giancarlo Calciolari
(8.04.2009)

La dénonciation de l’imposture appartient à l’imposture. Qu’est ce que l’imposture ? La caricature de l’imposition du signifiant. Elle est ce qui reste de la négation de l’imposition du signifiant. Le signifiant dans la semblance. La base du trompe-l’œil de l’identité. Où est-il possible de trouver confirmation de cette affirmation ? Dans le fait que le dénonciateur fait au dénoncé ce qu’il lui reproche. Lacan n’a rien compris de maths ? Sokal et Bricmont n’ont rien compris de la psychanalyse, en particulier de Lacan.

C’est-à-dire que ceci sont les signifiant qui s’imposent à nous en lisant Sokal et Bricmont, sans aucune velléité de les dénoncer à leur tour comme imposteurs. Nous nous ne situons pas dans l’arène politique. Nous ne sommes ni de gauche ni de droite. Se situer (208) réponde à la tentative de fixer les images, d’où les iconolâtres et les iconoclastes.

Oui, le livre de Sokal et Bricmont se voudrait un peu iconoclaste face au postmodernisme.

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Christiane Apprieux, "A malafemmena", 2009, argile

Certes, dès la couverture de l’édition americaine du livre, l’enjeu est polémique, non scientifique. Sur la couverture américaine il y a un slogan : « The Merde hits the fan », qui est hors de tout débat intellectuel. La couverture française perd le slogan et gagne des inscription sur la sphère du voyant : des mots sur la géométrie non éuclidéenne, Gödel, les nombres imaginaires… Dans l’édition italienne la couverture change complètement : il y a un homme qui lit un gros livre et qui a la tête dans un sachet en papier avec un grand point d’interrogation imprimé. Il est habillé comme parfois a été Lacan, nœud papillon… La Merde laisse la place au sous-titre savant : « Quel doit être le rapport entre la philosophie et la science ».

L’opération éditoriale est claire : une attaque au présupposé post-modernisme. Soit dit en passant, Jacques Lacan, n’a rien de post-moderne. Et Jacques Lacan ne peut pas rentrer dans le même sac où Solal et Bricmont voudrait ranger Jacques Derrida.

A douze ans de distance de l’édition française, le panorama n’est pas changé, néanmoins par la leçon de Solal et Bricmont, qui n’a pas été reprise par quelqu’un, et il nous semble que "cela ce saurait". Le débat a été médiatique et médiatisé comme un coup américain contre la french theory. Enfin, une petite bataille académique entre les universités américaines et françaises. Et cela bien que la première attaqué a été Jacques Lacan. En fait, Sokal et Bricmont n’on pas porté l’attaque frontal : la cible était Jacques Derrida, disparu en 2004. Pourquoi ? Le sémioticien Thomas Sebeock dans un entretien (inédit) qu’il nous a donné en 1994 à Genève nous a expliqué qu’aux States moitié universités américaines étaient sous l’influence de Jacques Derrida et l’autre moitié sous l’influence de Umberto Eco. Le cible était l’hégémonie derridienne. Malgré l’apport francophone du belge Bricmont, Derrida a été touché indirectement.

Pourquoi n’a pas été attaqué Umberto Eco ? Est-il moins post-moderniste de Derrida ? La réponse ne peut pas être : parce que il n’ont pas connaissance du texte de Eco. Ils n’ont aucune lecture aussi des autres textes qu’ils citent. C’est évident. Compulser des livres n’est pas lire.

Depuis plus de trente ans nous lisons les textes de Jacques Lacan en français et depuis plus de quarante ans nous lisons des textes de logique et de mathématique. Selon un ami logicien, seulement pour comprendre la base de la logique « il faut payer un ticket de 3000 heures ». Désormais c’est fait : nous avons payé plus que ça, surtout pour la psychanalyse, sans oublier la philosophie et la théologie. Ceci dit de façon ironique, parce que la plupart de cas, cela ne sert à rien d’avoir lu au moins 3000 heures de logique. À la fin de sa vie, Charles Peirce dit à l’ami Williams James que personne ne le comprend pas aux États-Unis. À la protestation de James (qu’il semble avoir payé tout son ticket d’entrée), Peirce lui répond qu’après plus de cinquante ans lui n’a pas encore compris la différence entre connotation et dénotation.

Si Sokal et Bricmont ont raté Lacan, pourquoi ils auraient atteint les autres cibles de l’inexistante french theory ? Dans Imposture intellectuelles, à propos de Lacan, est cité le psychanalyste et mathématicien Jean-Michel Vappereau, pour ses développements mathématiques de la clinique lacanienne. Pourquoi n’ont-ils pas attaqué l’ « imposture » de Vappereau ? Parce qu’il est logicien et mathématicien qui sait de quoi il parle à propos de la théorie des ensembles qu’il emploie dans sa recherche ?

Jean-Michel Vappereau est encore plus illisible que Lacan pour Sokal et Bricmont. Déjà le logicien et topologue René Lavendhomme a raté sa lecture de Lacan bien qu’instruit pour plus d’un psychanalyste lacanien.
Nous pourrions inviter plus d’un logicien et d’un mathématicien à expliquer en publique qu’est ce que le nombre. Il n’y a aucun accord de la communauté scientifique à ce propos. Nous pouvons répéter l’invitation à propos du zéro ou de l’infini. Mais restons près de la remarque de Peirce et donc voici la question : quelle est la différence entre dénotation et connotation ? Nous conseillons le détour par On denotin di Russell et Sinn und Bedeutung di Frege, et non seulement la lecture de A new list of categories. Mais nous n’aurons pas de réponses claires et distinctes par la communauté scientifique.

Alan Sokal a fait un très beau canular avec son faux article post-moderniste publié par la revue Social Text en 1996. Pas plus que ça. Le livre est un attaque aux moulins à vent.

Venons au seul cas que nous lisons pour cette note, celui de Lacan. Pour les autres est valable le faux syllogisme : si la « lecture » de Lacan faite par Sokal et Bricmont est ça, alors même pour les autres doit avoir été employé la même méthode, le même cannibalisme social, dans ce cas : de cannibalisme académique, bien que Lacan n’a pas été un universitaire.

Lacan dans la pseudo lecture de Sokal et Bricmont est un personnage de leur vie, qui n’a rien à voir avec le cas intellectuel de Jacques Lacan. Il est l’emblème de la réussite culturelle qui est niée aux deux physiciens.

Bien que le livre de Sokal et Bricmont soit un « objet » qui poursuit une direction anti-intellectuelle, au goût inquisitorial, nous lisons les pages dédiées à la lecture de Lacan.

En exergue ils sont cités Louis Althusser et Jean-Claude Milner, un philosophe et un philosophe de la science. Nous avons lu les deux livres en question. Selon Althusser, Lacan aurait conféré enfin à la pensée de Freud les concepts scientifiques qu’elle exige. Il faudrait prendre à la lettre Althusser lorsqu’il dit d’être sans œuvre et de n’avoir rien écrit. Althusser n’est pas réussi à lire ni Freud ni Lacan auxquels il a dédié un cahiers. Par contre, Milner a une lecture de Lacan, et il cherche à suivre l’indication qui fait objet de la citation, celle de Lacan d’être un auteur cristallin, c’est-à-dire qui ne triche pas, comme d’ailleurs il a été le cas d’Althusser.

Sokal et Bricmont citent en particulier l’intervention en anglais de Lacan à l’université John Hopkins en 1966 (texte inédit en français) et l’écrit « L’Étourdit », paru dans Scilicet, n. 4, 1973. Le premier extrait concerne une correspondance entre des coupures sur des surfaces topologiques (tore, ruban de Möbius, bouteille de Klein et cross-cap) et la structure des maladies mentales. La remarque des Sokal et Bricmont est : « Le lecteur n’arrivera pas à comprendre ce que ces différents objets topologiques ont à voir avec la structure des maladies mentales. Nous non plus. » Nous avons de la chance après des années de lecture : nous arrivons à comprendre, et non seulement ce que ne comprennent pas Sokal et Bricmont. Bien que les maladies mentales soient des créations de la psychiatrie, qui n’entend pas les questions de vie posées de façon non socialement correct, il est possible de comprendre que les névroses et les psychoses ont une structure figée au point de se faire lire par de figures topologiques. Si même le nom-du-père est formalisable (en logique canonique classique modifiée, située en théorie des ensembles) comme envers du narcissisme par Jean-Michel Vappereau, cela est dû à la tentative de vivre (donc de survivre) selon l’algèbre et la géométrie de vie. Dans ce sens, Sokal et Bricmont sont deux algébristes (ceux qui donnent les formules de vie aux autres) qui n’ont pas envie de survivre comme géométristes du post-modernisme (ceux qui exécutent les formules des autres). Mais le refus du post-modernisme vaut seulement à le sacraliser. Autre chose est la non acceptation intellectuelle.

La névrose et la psychose sont des cercles, que Freud appelle magiques. Qui peut objecter que les névroses et les psychoses indiques de façons de vivre qui tournent en rond, depuis l’enfance ? Or, soit Freud que Lacan, ils prennent au sérieux les mots et les figures qui s’imposent dans chaque analyse et même hors de l’analyse. Nous le faisons pour les mots : « dénonce, imposture, se situer, gauche, droite, ratio, science… »

Dans tout le livre de Sokal et Bricmont il n’y a aucune clarification de ces termes, comme eux-mêmes reprochent à Lacan pour les termes de la physique et des mathématiques. Nous pourrions dire ironiquement que le mot « dénonce » appartient au langage-objet de la logique de Sokal et Bricmont, et que l’inquisition de l’imposture de l’Autre est une construction à partir d’une règle de combinaison de leur théorie axiomatique de la vie (survie).

Oui, comme Descartes, Sokal et Bricmont cherchent un Dieu qui ne le trompe pas, mais bien sur ils ont toujours à faire avec un diable menteur. Et comme il le dénonce, dans tous ses avatars, il suffit qu’ils soient des gens affirmés dans l’échelle sociale, qui peut-être n’est pas celle de Jakob.

Sokal et Bricmont citent un échange de la discussion qui suivit à l’exposé de Lacan, où Harry Woolf dit : « Puis-je demander si cette arithmétique fondamentale et cette topologie ne sont pas elles-mêmes un mythe ou au mieux une analogie pour expliquer la vie de l’esprit ? » C’est curieux que le post-modernisme, qui selon Sokal et Bricmont met sur le même plan le mythe et la science (dans le post-modernisme chaque concept serait une construction sociale) n’est pas accepté par Lacan, qui commence sa réponse par « Analogie à quoi ? » Mais restons un instant à la question de Woolf, mathématicien et physicien. En posant que tout ce que dit Lacan est un mythe ou au mieux une analogie pour expliquer la vie de l’esprit, Woolf retient que Lacan est en train d’expliquer la vie de l’esprit et en plus il le fait avec une analogie douteuse. Si l’analogie n’était pas douteuse Lacan serait en train d’expliquer la vie de l’esprit. Cette hypothèse est toute de Woolf. Lacan n’est pas philosophe et sa tache n’est pas celle d’expliquer l’esprit. Evidemment c’est Woolf qui en en train d’expliquer la vie de l’esprit de Lacan. Mais ce Lacan de Woolf n’est pas Jacques Lacan, psychanalyste. L’enjeu extrême pour chacun est toujours la vie originaire et non pas la survie définie par les canons sociaux. À un professeur d’université italien qui disait orgueilleux à Lacan d’être un professeur universitaire, Lacan a simplement répondu de façon cristalline : « Moi, non ».

Si dans le débat, il n’y a pas de provocation intellectuelle, les marionnettes sociales tournent en rond selon le désir des oligarchies de pouvoir, auxquelles voudraient s’opposer Sokal et Bricmont. Si Lacan intervient même en public en tant que psychanalyste, si ce qu’il dit est pris comme analogie, aussi un jeune psychanalyste arrive à comprendre que l’intervention de Woolf est faite pour se débarrasser non de Lacan mais de la question de la vie originaire pour lui-même.

Lacan répond à propos du sujet de l’inconscient : « "S" désigne quelque chose qui peut-être écrit exactement comme cet S ». Il y a ici une théorie de la désignation et une théorie de l’écriture. "S" est un symbole de l’écriture de l’expérience de Jacques Lacan. Ce n’est pas une schéma d’une écriture syntaxique déductive, ni d’une écriture phrastique séductive : c’est un élément de l’écriture abductive, celle qui aboutit à la vérité comme effet du faire et non à la vérité logique, déjà comprise dans les prémisses logiques. Certes ce n’est pas une grundsprache , et si la plus part des psychanalystes l’entend comme telle, et pour cela ils réduisent leur pratique à une psychothérapie, pas pour autant la démarche de Woolf et des solidaires avec lui, Sokal et Bricmont, est originaire. Dans le cas de Sokal et Bricmont, c’est-à-dire de presque tout le monde, il est en jeu une origine mythique, qui peut être un texte, comme suggère le psychanalyste Gérard Haddad, mais dans ce cas il est invisible, inviolable, sans appel. C’est le discours scientifique, rien à voir avec la science de la parole, qui sort de la division du signifiant d’avec lui-même. De la coupure de la parole sort le sens, le savoir et la vérité qui échappent à toute théorie de la connaissance.
Cet auteur cristallin qui est Lacan poursuit dans son intervention : « Et j’ai dit que le "S" qui désigne le sujet est instrument, matière, pour symboliser une perte. Une perte dont vous avez l’expérience comme sujet (et moi aussi). En d’autres termes, cette béance entre une chose qui a des significations marquées et cette autre chose qui est mon discours réel que j’essaie de mettre à la place où vous êtes, vous non comme autres sujets, mais comme personnes qui êtes capables de me comprendre. » En bref, ne courant pas le risque (intellectuel : le risque de la vérité) de comprendre ce que Lacan dit à qui est capable de comprendre, Woolf et Sokal et Bricmont à la suite restent des « moi » néanmoins effleurés par le sujet de l’inconscient, "S". Pas de perte [loss]. Seulement des grosses personnalité académique (qui s’expriment avec le jargon à la mode de l’anti-académisme) : une montagne de socles et de briques, avec des loups !

À ce propos, le débat qui a suivi la publication du livre de Sokal et Bricmont a été fait dans la langue du conflit (la lingua dei litiganti dont parle Léonard), c’est-à-dire de loups de différent couleurs politiques.

En fait, nous lisons ce livre de Sokal et Bricmont pour un équivoque, et pour converser avec un ami théologien qui l’avait lu en restant perplexe. Lorsque le livre était sortit, le ton polémique et spectaculaire du pamphlet n’avait pas réveillé notre intérêt.

La perte du moi nous pouvons la nommé lapsus, acte manqué, rêve, oubli…, qui subvertie les significations marquées, qu’elles soient personnelles ou sociales, ou les deux ensemble.

Encore Lacan, dans cette intervention, que selon Sokal et Bricmont est le fruit d’une exhibition d’une érudition superficielle qui jette sans vergogne des mots savants à la tête du lecteur : « Où est l’analogon ? Ou bien cette perte existe ou bien elle n’existe pas. Si elle existe, il est seulement possible de désigner cette perte par un système de symboles. En tout cas, la perte n’existe pas avant que cette symbolisation n’indique sa place. Ce n’est pas une analogie. C’est vraiment dans une partie des réalités, cette sorte de tore. Ce tore existe vraiment et il est exactement la structure du névrosé. Ce n’est pas un analogue ; ce n’est pas même une abstraction, car une abstraction est une sorte de diminution de la réalité, et je pense que c’est la réalité elle-même ». Désigner implique le signe en train de s’écrire. Question d’écriture de l’expérience de vie originaire, celle qui reste en dehors du langage-objet qui sert de base à la logique élémentaire des physiciens et des mathématiciens, dans le dit « langage naturel ».

Nous, les poètes - en dehors du langage-objet où il y a la complètude, la détermination, le bon ordre, la compacité, l’identité, la non contradiction… et bien sûr le tiers exclu – lisons le cas de Sokal et Bricmont, avec la liberté et la légèreté qui nous viens de la vie. Nous écrivons quelques lignes d’écriture, nous posons quelques questions. Pas de portrait, et surtout pas de portrait rapide de l’Autre, qui par un renversement très bien connu dans la clinique psychanalytique résulte toujours un mauvais autoportrait.

Voici, par exemple, les quatrième abus dénoncé par Sokal et Bricmont : « Manipuler des phrases dénuées de sens et se livrer à des jeux de langage. Il s’agit là d’une véritable intoxication par les mots, combinée à une superbe indifférence pour leur signification ». Oui, c’est l’approche de Sokal et Bricmont au texte de Lacan. Aussi les autres abus sont pertinent à l’approche que Sokal et Bricmont ont des œuvres de Bruno Latour, Deleuze et Guattari, Julia Kristeva, Paul Virilio…

L’érudition superficielle de Lacan ? Le texte de Lacan est interdit aux physiciens et aux mathématiciens, sauf s’ils ont fait une psychanalyse. Il y a plus d’un cas.

Même en tenant compte seulement de l’écriture lacanienne des formules de la sexuation, en confrontation avec l’usage que l’on fait en logique des quanteurs universel et existentiel, il est impossible de comprendre quoi que se soit au raisonnement de Lacan sans une formation sur la question du phallus et de la fonction phallique. Le mot « fonction » n’est pas seulement du domaine mathématique. Aussi Freud emploi le mot pour désigner le refoulement. Et il n’y a ni de maîtres ni d’esclaves de la parole. Même le mot « physique » n’appartient pas au cercle des physiciens. Déjà en 1986 nous avons écrit que la physique est une métaphysique. Et puis nous l’avons oublié. Quelle audace nous avons retrouvé dans la conférence sur la physique que Armando Verdiglione, psychanalyste, a tenu en 2003, lorsqu’il a affirmé que « la physique est une métaphysique ».

Les douaniers du discours scientifique, Alan Sokal et Jean Bricmont, demandent à Jacques Lacan une « justification empirique ou conceptuelle ». Une est la surdité des deux physiciens. Ils voudrait Lacan en version « psychologue » : « les mathématiques de Lacan sont si fantaisistes qu’elles ne peuvent jouer aucun rôle fécond dans une analyse psychologique sérieuse ». Lacan a été psychiatre et puis psychanalyste, jamais il a été psychologue. Il y a des différence insurmontables entre psychologie, psychiatrie, psychothérapie, psychanalyse… En prenant dans le lexique que Sokal et Bricmont utilisent pour ne pas lire Lacan, nous pouvons dire que la nouvelle religion est le mysticisme laïque de la Technique et de ses acolytes.

Bien sûr pour cette nouvelle religion : « les écrits de Lacan deviennent, avec le temps, de plus en plus cryptiques ».

Mettre dans le même chaudron Lacan, Kristeva, Irigaray, Latour, Baudrillard, Deleuze, Guattari, Virilio est comme faire une soupe post-moderne de poireaux, fraises, navets et litchis.

Les questions à poser à la théorie de Lacan, comme certaines dettes envers Descartes ou Heidegger, comme sa lecture biblique ou sa lecture de la topologie, requièrent un approche intellectuel, à partir de l’ouverture et non de la clôture universitaire. Et pour le faire, il n’y a pas besoin d’être lacanien.


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30.07.2017