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Liberté chérie : stupeur de la vérité

Christian Pagano
(1.04.2009)

Le texte qui suit ne porte pas sur la Vérité, ni sur la Liberté, en tant que telles, mais sur la nécessaire et effective liaison entre l’une et l’autre, ce qui nous amène à ne considérer comme réelles que les libertés et vérités empiriques, sans que cela puisse enlever, au contraire, la passion de la Liberté et de la Vérité absolues. Mais c’est leur finitude respective qui permet des choix diversifiés et donc une liberté créative. « Etre libre » dans le régime sous lequel nous vivons, normalement ce n’est pas pouvoir faire tout ce que l’on veut, mais vouloir ce que l’on peut. C’est une liberté première, inaugurale. Mais ce choix pourrait être aussi résultat d’une chaîne infinie dans le passé, porteuse de conséquences illimitées dans l’avenir. Ainsi tout semble se relier à une spirale où tout apparaît inscrit, mais où tout reste à faire : sémiosis éternelle, qui n’enlève mais utilise notre liberté.

Libérer la vérité

D’abord personne ne peut atteindre la vérité en tant que telle, encor moins son origine. Penser un départ "vierge" de tout c’est comme penser la Vérité entière. Mais cela nous permet de faire des hypothèses, y compris que le monde soit le résultat d’une libéralité originelle. Le fait d’être dans un régime fini, contingent, relatif, signifie que tout ce qui nous entourent n’est pas nécessaire : il aurait pu aussi bien être que ne pas être. Comment ? On en sait rien. Cette « docta ignorantia », se reflète dans toute science : mais en est aussi le moteur. Des auteurs, comme Jean Ladrière rattachent les limitations des formalismes, telles qu’elles apparaissent au travers des théorèmes de Gödel de 1931 et apparentés, à une limitation de la raison et de la pensée même. Après tout l’homme avant d’être un "je" ou res cogitans, il est cogité, pensé, aimé et ainsi de suite : s’il vient au monde c’est par d’autres. Les limites sont donc partout : elles demandent non seulement à être acceptées mais utilisées. Voilà le travail créatif, qui entre en ligne de compte aussi dans la recherche de la vérité. Non pas qu’il faut chercher forcément des limites, car on ne les trouve pas en tant que tels. La limite ce n’est, paradoxalement, qu’une ouverture. Dès lors toute chose se transforme en signe, instrument de recherche, avec une force qui varie selon la passion (conatus) de chacun, et notre capacité à nous relier progressivement à l’Univers entier.

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Christiane Apprieux, "Senza titolo", 2009, argilla

Il ne faut pas non plus confondre le rationnel avec le réel. Les choses ne sont pas parce que rationnelles, ni même raisonnables mais, simplement, parce qu’elles sont. La rationalité en effet exploite divers procédés; mais en aucun cas la méthode n’est un contenu: car elle n’amènerait à rien. Par contre c’est la liberté qui prenant appui sur l’impossibilité de la raison à conclure, l’utilise néanmoins, à bon escient, pour faire évoluer nos connaissances en les soumettant à vérification. On a ainsi divers parcours possibles qui requièrent temps et aussi une volonté pour exécuter un programme. Voilà un schéma assez large.

La Déduction reste la méthode plus la plus sûre, d’autant plus si à l’aide d’une écriture formelle. A partir d’une prémisse générale, communément admise, elle en tire inévitablement des conséquences "objectives" qui s’imposent à tous C’est le chemin dont le plus certifie le moins, mais qui n’apporte pas « vraiment » quelque chose de nouveau.

L’ Induction fait le chemin inverse : d’une liste suffisante de cas particuliers à une généralité qui elle reste à prouver. Elle part souvent d’intuitions subjectives, expressions normales des hommes qui pensent et recherchent, constituant souvent des percées fécondes.

Mais il y a aussi des cheminements plus complexes, mettant en jeu la liberté et le temps nécessaire à l’exécution. Il s’agit de stratégies,, chemins erratiques au sens étymologique du Discours (du grec: aller ça et là) s’appuyant non pas sur une logique de l’être, mais sur une logique du possible. Face à la fragmentation du temps et du réel, il n’y a pas d’idées éternelles qui tiennent mais la patiente reconstitution de cohérences et d’harmonies Ainsi nous avons :

L’ Abduction proposée par Peirce (mais aussi d’autres). Procédé fondé sur des hypothèses ajustées au gré de "faits" réels, typique de l’enquête policière telle une vérité qui se fait chemin faisant. Procédé fondamentalement "historique", car finalement c’est la mise en place d’une stratégie, un programme (Algorithme) en fonction d’un but recherché.

A l’inverse de l’abduction, limitée au domaine littéraire, il existe une mode post-moderniste qu’on appelle Déconstruction. Elle trouve son origine chez Heidegger, dans Être et temps (Sein und Zeit), révélant par quelles étapes successives l’expérience du temps, recouverte par la métaphysique, a fait oublier le sens originaire de l’être comme être temporel. Ce terme repris par Derrida, étendu à toute expression linguistique récupère, semble-t- il ce qui était l’étymologie d’antan (le discours de l’origine vraie) ne s’agissant plus du "temps" oublié de l’ "être" initial, mais du « Temps historique » inscrit dans tous les mots.

Finalement l’Invention est celle qui aboutit de la façon la plus évidente à la création d’une nouveauté, un vrai réel. L’invention, réservée initialement à la poésie souvent se confond avec Découverte. L’on découvre ce qui préexiste, l’on invente quelque chose qui n’existe pas jusqu’alors. Dans la réalité l’histoire démontre que les découvertes sont à l’origine de multiples inventions : l’électricité et les semi-conducteurs ont donner origine à toute la fantasmagorie des inventions lumineuses du monde moderne.

Cela nous amène à certaines considérations :

- Au fond ’il y a bien une complémentarité parmi ces chemins de vérités : l’un pouvant servir ou donner matière à l’autre. Ne s’agissant pas de la Vérité, en tant que telle, nous avons la liberté de choisir des chemins à entreprendre, même si le degré de sécurité est différent. Serait d’ailleurs impossible vivre seulement selon une seule de ces dimensions : car cela s’appelle unidimensionnalité : la caractéristique de la folie.

- La vérité, elle est, mais pour nous elle est toujours à faire, elle n’est pas figée, donc la volonté se retrouve aussi dans les procédés les plus strictement formels. On a toujours besoin d’une volonté au moins pour exécuter correctement les calculs nécessaires. D’ailleurs : qui dit recherche dit action, et qui dit action dit volonté, qui dit volonté dit des motivations et ces motivations ont bien des raisons (souvent inavouées) d’être.

- Libérer la vérité c’est aussi redimensionner le principe de non contradiction qui reste lié à la logique de l’être sans lequel il n’y a aurait pas de communication puisque être et ne pas être en même temps et sous le même aspect est impossible et alors d’une prémisse fausse, dit Aristote, peut découler n’importe quoi. Mais rien n’empêche de se situer aussi dans le cadre du possible, qui, lui, introduit volonté et temps et donc la possibilité d’inclure des aspects initialement exclus comme ce qu’on appelle le tiers exclu. Une logique du possible, tenant compte du non-être, convient mieux au monde contingent où l’être et l’agir se renouvelle se renvoyant l’un l’autre, signe de notre relativité, mais en même temps chiffre d’une créativité capable de mettre ensemble des fragments pour faire oeuvres nouvelles.

- Finalement la liberté est la « voie » d’une vérité qui se fait chemin faisant, à savoir qui d’une vérité qui « vie » mais qui aurait pu ne pas être ou être autrement.. On pourrait dire : son existence précède l’essence. Définition qui me parait en adéquation avec le concept d’ouverture. Dans ce cas il faut compléter le dicton scholastique : operari sequitur esse (l’agit suit l’être), avec operari et esse convertuntur, l’agir et l’être se relate l’un l’autre, ce qui rejoint René Char disant : La vérité est personnelle, l’image même de la Personne humaine.

Vérifier la liberté

La liberté est une perfection simple, suprême, indéfinissable. Le seul fait de vouloir la « déterminer » n’échappe pas à la contradiction. Car elle peut refuser toute détermination par définition. La liberté porte en elle un souffle infini: or celui ne peut venir seulement de la nature, ni de l’histoire d’ailleurs, car il est toujours en excès, puisque comme dit Rousseau, « la volonté parle encore quand la nature se tait ». En tout cas la liberté (comme le langage qui en est l’instrument) ne peut pas être nié, puisque sa négation étant elle même le fruit de la liberté, ne fait que la conforter. Cela implique sur le plan de la connaissance une certaine humilité, le renoncement à tout prétention d’avoir une science achevée…En fait : la liberté, comme objet de connaissance, nous échappe. C’est pourquoi, pour certains philosophes, vouloir prouver la liberté par des raisonnements est une absurdité : « un homme qui n’a pas l’esprit gâté, n’a pas besoin qu’on lui prouve son franc arbitre ; car il le sent. » (Bossuet). La « preuve » de la liberté se ramène à « l’épreuve » « d’un vif sentiment interne » (Leibniz), une donnée immédiate de la conscience (Bergson). Et Rousseau : Renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme .. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l’homme; et c’est ôter toute moralité à ses actions que d’ôter toute liberté à sa volonté. Finalement Kant retient que seul l’acte qui est libre, à savoir gratuit et universel, est moral, à savoir « vraiment » humain. Mais on peu s’approcher de la liberté avec des antinomies :

1- La liberté, en effet est quelque chose d’autant plus indéfinissable, qu’en son nom on peut nier toute tentative de définition. Paradoxalement c’est cette possibilité de négation qui exprime le mieux le propre de la liberté. La liberté est ineffable.

2- Un autre paradoxe c’est que la liberté ne nous est pas donnée pour nous mêmes. Elle s’applique toujours à d’autre. Elle est moralement altruiste. S. Paul dans un texte fondateur de la liberté moderne, dit : « Que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair (en langage biblique c’est la personne ; mais par la charité, mettez-vous au service les uns des autres » : à savoir : une liberté pour soi sans un regard autre, tombe dans le vide.

3. Enfin nous ne pouvons pas accéder à une Liberté absolue et générale, mais discrète à savoir des Libertés incarnées comme une série d’unités distinctives, qui peuvent être utilisés pour constituer un milieu d’interdépendance créative et conviviale.

La liberté se révèle ainsi presque une affaire musicale, une symphonie vivante, s’exprimant dans et par les limites, traçant à sa manière un cheminement. Dès lors on distingue plusieurs « types » de libertés, qui toutes (individuelles ou collectives) se rattachent à la personne comme valeur finale : Voilà le plus nommées :

La liberté naturelle : par laquelle l’homme a le droit d’employer ses facultés comme l’entend. Aucun groupe ne peut se déclarer humain, sans la participation libre de la personne. Ainsi l’Etat même est pour les personnes, et pas les personnes pour l’Etat. Cela rejoint la liberté civile : possible seulement où est en vigueur : donnez à Caesar ce qui est de Caesar, et à Dieu ce qui est de Dieu. C’est la distinction des pouvoirs. L’état théocratique par sa nature est liberticide, et contre la liberté de conscience et de culte : chacun ayant le droit de pratiquer ou ne pas pratiquer une religion, ainsi que la liberté d’opinion ou de pensée souvent associée à la liberté d’expression ou de presse :


Mais il faut dire que les libertés impliquent aussi des devoirs, assumant les conséquences si cela porte préjudice à quelqu’un. Ainsi la liberté de circulation : l’univers étant la « maison commune », la liberté économique : reconnaissant le droit au travail, sans discrimination (race, couleur, sexe) et les autres libertés soi-disant collectives qui sont encore et d’abord celles de la personne libre de s’associer, de défendre de droits (syndicats) et autre but pas en contradiction avec l’ordre public, sachant que la liberté des uns s’arrête ou commence la libertés des autres.

Selon Spinoza les hommes ne se croient libres que parce qu’ils ont conscience de leurs actions et non pas des causes qui les déterminent. Mais si on ne retient pas tout à fait cet aspect naturel, la liberté sort alors de l’intelligibilité, proprement dite, ainsi que de tout déterminisme et fatalisme, ouverte sur le possible, un instrument miraculeux universel.
Bien sur l’être humain fait partie d’un tout que nous appelons Univers, il en est une partie tellement « intégrante » qu’il ne fait que l’intégrer avec un accroissement d’être librement créatif. Si bien que l’homme n’est pas seulement le « gardien de la demeure » (Heidegger) mais encore un acteur, le miroir et l’ouverture même de l’univers. Il reste néanmoins que sans entraves, sans limites, sans loi, le déchaînement des désirs annulerait la liberté. Et ce serait une forme déguisée de déterminisme. Les limites ne sont donc pas contraignantes pour la liberté mais des instruments permettant son exercice réel Encore faut il qu’il y ai des conditions sine qua non, du libre exercice, en fait une indépendance de toute liaison débilitante aussi bien extérieure qu’intérieure (autonomie), et donc une spontanéité comme jaillissement d’une créativité ouverte au surgissement de la nouveauté. Et c’est la stupeur de la raison, qui retrouve comme compagne d’un un chemin de vérité, la liberté chérie.

Le chant des créatures (La tradition franciscaine)

S’il y a une tradition championne de la liberté créative, du primat de la volonté, de la valeur ultime de la Beauté, du Bien et de l’Amour universel, toutes choses qui se tiennent ensemble dans l’esprit de St François d’Assise c’est la tradition franciscaine souvent ignorée mais qui a donné dans le Moyen age, avec Bonaventure, Scot, Occam et bien d’autres des contributions originales et décisives à l’histoire de la pensée. Par ailleurs quoique souvent rejetée par la porte scientifique, la volonté revient toujours par la fenêtre, étant celle qui peut rendre compte du contingent. Pendant que les théories aristotéliciennes enseignées aux Arts et Métiers par Averroès, avec l’absurde doctrine de la double vérité, les franciscains faisant abstraction du logos grec, purement épistémique, à l’avantage d’un logos incarné, décidément chrétien, reprenant un certain volontarisme plutôt romain, attaché à l’effort (en latin studium) a élaboré les prémisses d’une pensée moderne.

Il faut dire en effet que paradoxalement la science quantique, remettant en cause de notions communes comme la bipolarité (onde-particule), la superposition des états, l’intrication etc. arrive à la prise en considération de l’action de mensuration même, autant dire du sujet, et donc de sa liberté : le monde se révélant ainsi source d’une in-formation permanente, recherchant peut-être un consensus intersubjectif universel ?

Le départ de la pensée, selon l’école franciscaine, vient non pas en premier lieu de la vérité, mais de la créativité comme expression de la liberté et gratuité originelle. De là découle le fait que la vérité n’est que la forme de la liberté, et celle-ci l’âme de la vérité. La volonté ainsi n’est pas étrangère à la notion de vérité, et au rebours il y a bien en une vérité dans la volonté. Cette école explique ainsi comment la création du monde ex nihilo est une affaire de la libéralité de Dieu, l’histoire étant plutôt l’expression de la liberté créative de l’homme, à l’écoute de la Nature.

Cette « écoute » vient directement de l’aptitude extrême, inouïe, inédite et même paradoxale de François. Face à son père qui réclamait tout, il s’est dépouillait de tout, sur la place publique, signifiant ainsi que dame Pauvreté et l’amour universel vont ensemble : et se fut le chant des créatures, un hymne à l’amour s’il en est, hommage au choses telles qu’elles sont dans leur fragilité, et pas celles qu’on pense… Pour les franciscains, une vérité sans préoccupation de la liberté, serait une forme d’idolâtrie, qui d’ailleurs a été mis en discussion par David Hume, réveillant d’un sommeil dogmatique Kant. En réalité, la pensée fondée sur des idées universelles suppose un monde où les choses sont depuis toujours et pour toujours : sorte d’éternel retour, inflexible, inviolable, infernale, mais fort heureusement qui n’est pas le nôtre.

Ce fut Scot, le docteur de l’haecceitas, le doctor subtilis le premier à refuser énergiquement un Hasard créateur qui s’impose aveuglément, retenant l’homme aussi ineffable que Dieu, mais, à son image, créateur de choses qui avant n’étaient pas, et dont il est responsable, il est en fait créateur de sa propre histoire.

Occam l’inventeur de rasoir coupant court à tout raisonnement purement abstrait, ne fut pas seulement le grand défenseur du nominalisme, contre une réalité supposée des idées universelles, mais concrètement du primat du Bien dont le Vrai ce n’est que le langage.
Dernièrement Orlando Todisco franciscain professeur de philosophie à l’université Séraphicum de Rome, a édité un triptyque, aux titres évocateurs :

La stupeur de la raison : Notre temps est le siècle du vrai sans le bien, et souvent, contre le bien. Maniée pour rendre l’homme patron du monde (Descartes) la philosophie est devenue la laboratoire du pouvoir, à faveur des uns ou des autres, alimentant toute sorte de conflits. Est-ce cela le destin inéluctable du primat du vrai sur le bien ? de l’intellect sur la volonté ? L’école franciscaine en est persuadée. Dès lors au primat du vrai et de l’intellect, comme lieu du pouvoir, oppose le primat du bien et de la volonté comme pratique du sens.

Le don de l’être: Du primat grec du vrai à l’actuelle fragmentation, l’Occident a été protagoniste de pages mais aussi aberrantes, les unes et les autres écrite selon l’adage : Penser c’est dominer (Nosse est posse, Bacone) À l’aube d’un nouveau millénaire n’est-il pas légitime tenter un parcours différent, visant non plus à la domination, mais au service, de sorte que chacun se découvre débiteur à l’égard des autres ? Il s’agit alors de proposer à la base la gratuité originelle de l’être, selon laquelle le monde « est» parce que il est « voulu » Sur ce fond la connaissance se révèle authentique si elle est d’abord reconnaissance : le vrai est vrai en fonction du bien, dont il est provisoirement le revêtement.

La liberté fondement de la vérité. Le caractère nouveau de cette assertion réside dans la dislocation de l’attention de la vérité à la liberté, non pas l’une sans l’autre, mais l’une : la vérité – forme et revêtement de l’autre, étant ainsi la liberté l’âme secrète de la vérité. En somme : Il faut libérer la vérité de cet esprit possessif qui a caractérisé une partie importante de notre histoire. Dès lors : la Liberté peut devenir le critère herméneutique des multiples versions de la pensée humaine, en fonction de sa propre contribution à la vie en commun, lieu de rencontre de religions et cultures.

En guise de conclusion : Ouverture à la stupeur

Dans le débat vérité et liberté il y a au fond non seulement une question de sens, mais encore une question de salut et de santé , à savoir d’un équilibre tant au sens physique qu’ au sens spirituel, car toute compréhension authentique étant toujours à la fois une expression aussi bien interne qu’externe, concoure finalement à la transformation de soi même, et ainsi du monde. Vérité et Liberté marchent ensemble d’abord en nous même. Désunies elles forment une prison. Partagées, c’est l’occasion d’une stupeur permanente.



La tradition franciscaine peut encore réintroduire dans la pensée d’aujourd’hui un nouveau souffle. Mais la question du primat risque de rappeler subrepticement une situation statique donc intellectuelle, de cette problématique, qui ne lui est pas conforme. Entre liberté et vérité il y a passage continue (on pourrait dire une pâque permanente). Un primat soit-il de la volonté et du Bien n’est donc ni utile ni pas adéquat face à une véritable complémentarité dynamique et intelligente. Bien sur il ne faut pas confondre intelligence et volonté, vérité et liberté, mais surtout ne pas les séparer.

- d’abord on ne le peut pas, car il faut déjà concevoir et dire et alors c’est le langage qui s’en mêle, qui lui est l’organe unique d’une personne unique…

- vouloir le faire, intellectuellement parlant, serait même contradictoire, car on établirait intellectuellement une vérité contre soi même.

- par ailleurs la puissance de la volonté, sans le contrôle de la raison, deviendrait, à l’instar de la foi, une volonté de puissance (Nietzsche) un instrument de pouvoir absolu et donc on ne ferait que passer d’une dictature du tout rationnel à celle du tout irrationnel…

- ce serait, surtout, enlever toute dynamique dans le monde, car c’est le jeu d’ensemble qui relativisant l’un et l’autre, se renvoyant réciproquement est significatif et fécond.

- Finalement ce serait occulter le vrai primat qui s’impose, à savoir celui de la Personne.

Conclusion : avec la Personne c’est l’Amour qui vient en question. L’amour à l’écoute de tout l’Univers tel qu’il est, comme dans le chant des Créatures de François. C’est ainsi qu’on peut comprendre les paroles de saint Augustin, indépassables, au pont de vue liberté et vérité : « Dilige et fac quod vis » - aime et fais ce que tu veux.

Et voici la stupeur redoublée : la raison même découvre qu’au fond il n’est de vérité véritable, c’est-à-dire fondamentalement libre, que l’Amour.


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30.07.2017