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Corpus Christi: La chair de Dieu

Christian Pagano
(1.07.2008)

Introduction



Cet article se veut provocateur soit par l’intitulé expressément religieux, que par son développement qui, à l’opposé, tout en s’inspirant au dogme christique, ne recours qu’à la raison, selon la philosophie réflexive et la Théologie naturelle.

« Le principe christique » tel que formulé la première fois dans le concile chalcédonien (451 ) à propos de la double nature de l’unique personne du Christ entièrement humaine et entièrement divine, sans confusion, ni séparation est fondamentalement la distinction dans l’inséparabilité : à savoir le principe même de la vie, au sens qu’il n’y a pas l’un (la différence) malgré l’autre (l’unité vivante), mais l’un grâce à l’autre.

En philosophie, Il y a trois manières principales de concevoir le réel:

- le monisme pour lequel il n’y a qu’une seule et unique matière (ou idée) qui évolue. Qu’on appelle cela matérialisme, idéalisme, ou évolutionnisme peut importe. S’agissant d’une seule réalité il n’y a aucun choix possible. Tout est déterminé.



- le dualisme, comme celui des gnostiques retient deux réalités définitivement contraires, séparées : hiatus éternel : comme le bien et le mal. Cette dichotomie, qui à l’instar de deux parallèles ne se rencontrant jamais, élimine aussi toute possibilité de choix.



- il y a une « tierce position » qu’on peut appeler "réalisme critique". C’est un retour à l’unité, mais vivante, complexe et complice, à l’instar de la Personne, l’Etre qui devient.
Il s’agit aussi d’une bipolarité mais asymétrique, à savoir des lignes qui peuvent se croiser traduisant ainsi le principe de complémentarité. En effet on constate que tout réel fini est composé de contraires, mais au lieu de les penser comme définitifs, on les considère interdépendants ce qui permet aux opposées de se rencontrer, et en se rencontrant d’engendrer, créer etc. Ainsi la dualité n’est pas supprimée, l’unité compromise non plus, mais elle « se fait » à chaque fois, car on se situe d’emblée dans une dynamique événementielle : une dynamique de rencontres, une marche où on peut dire qu’il n’y a pas deux sans trois mais trois sans deux non plus, l’unité émergeant à chaque pas. C’est finalement un concept trinitaire qui prône une ontologie en « process » ( Whitehead) les différences devenant créatrices, le déroulement de temps permettant des choix. C’est ce choix libre qui engendre la notion même de « FAIT » historique : la Bonne Nouvelle qui ouvre le chemin de l’Histoire comme Science et la Science comme Histoire en lieu et place de l’ancienne Fatalité. Et c’est le seul espace de liberté possible.

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Christiane Apprieux, "La force de l’élément", 2008

Cette perspective, au fond, comporte non seulement un nouvel Intelligible, mais l’Intelligible de la Nouveauté même et donc du Possible, associant intelligence et volonté : comme le « conatus » spinozien, force agissante. Cela comporte une perspective dans laquelle « la vérité (ainsi que la création) est inachevée»,et la volonté toujours présente., ce qui tombe sous l’expérience. Cela signifie aussi qu’il n’y pas seulement une certaine ’Inconnue’ (X), mais un Inconnue certaine en tant que telle; d’où l’intérêt de garder la question indéfiniment inaugural des enfants « Pourquoi ? » Question originelle qui a chaque fois demande une réponse originale et maintient l’homme néotène, à savoir jeune. Nietzsche écrit Quand on possède le pourquoi de sa vie, on s’accommode de tous ses comment !

Je vais donc décliner le symbole X



- soit comme celui de l’Inconnue distinctement unie à la Nature

- soit comme le « croisement » de la chair : Rencontre universelle

- et finalement comme le chiffre, ou la clé d’un Algorithme destinal.


1. X ( Dieu) COMME l’ INCONNUE UNIQUELe nom de Dieu, divise : le désir de Dieu unit

Cette réflexion part de la célèbre expression de Spinoza DEUS SIVE NATURA (Dieu à savoir la Nature) Affirmation ou question ? Chez Spinoza est une affirmation, et c’est vrai que si ce qu’on appelle « Dieu » unique ne serait pas en même temps la Nature, voire notre chair même, il ne serait rien, car il y aurait quelque chose en face de lui, qui tout en le déclarant unique, s’y oppose.

Le nom de Dieu a été inventé par les hommes pour couvrir une réalité extrême, absolue, universelle qui se pose et s’impose à tous comme question. Pas la peine d’inventer un autre mot. Pas la peine non plus de chosifier ce nom. René Char disait « les mots qui vont surgir savent à notre insu, ce que nous ignorons d’eux. (Sept saisis par l’hiver)

Nous n’avons pas besoin d’un Dieu qu’on puisse comprendre (c’est l’exclamation de Job) ce qui signifie que l’Inconnu par excellence, reste universellement connu en tant que tel.

Au fond l’essence de toute chose nous échappe et toute autre expression globalisante, comme le Hasard et la Nécessité, la Nature ou le Moteur immobile, l’Intelligent design, et aussi le principe anthropologique ou même l’évolutionnisme par sélection naturelle, finalement sont, n’en déplaise au scientifiques, des tautologies, comme la « vertu dormitive de l’opium » qui semblent expliquer, mais qui finalement n’indiquent qu’une « frontière » renvoyant à quelque chose d’autre tout en la cachant comme l’Inconnue (X) en algèbre...

Mais souvent quand le sage indique le ciel, l’imbécile regarde le doigt… Mais un écrivain moderne, Douglas Adams dit : Ne suffit-il pas de voir qu’un jardin est beau, sans qu’il faille aussi croire à la présence de fées au fond de ce jardin. Auquel Hamlet répond « Il y a plus de choses dans le ciel et sur terre, Horatio, qu’on en rêve dans ta philosophie.

Selon le célèbre argument ontologique de st. Anselme (qui résume tous les autres) il est possible concevoir un Être tel que on ne peut pas y en avoir plus grand. Dans ce cas cet Etre devrait contenir l’existence, autrement il peut y avoir quelque chose de plus grand. Bertrand Russell disait : Il est plus facile d’être persuadé que l’argument est faux que de trouver précisément ou se trouve l’erreur. Effectivement, et cela vaut pour toute autre idée, on ne passe pas de l’ordre conceptuel à celui existentiel, sans l’intervention d’un fait qui n’est pas du tout intellectuel, mais une décision volitive libre.

Selon la philosophie réflexive, tout affirmation humaine, qui bien entendu s’affirme en moi, par moi, mais sans qu’elle soit entièrement de moi, c’est une naissance permanente, une con-naissance au sens biblique (naître avec) dont la source reste ineffable, en tant que telle, mais qui est l’expression de la vie même : surgissement continue de l’être et de la parole.

S’il y a un lieu natal de l’Unicité c’est bien dans ce « je partagé » constitutif de la Personne, mariage mystique, union différentielle. Alors plus que d’un Dieu unique, on peut parler, je crois, de l’Unicité même comme Dieu : celle qui constituant les êtres les maintient uniques et vivants dans leur différence. Ce qu’on peut interpréter aussi comme Harmonie divine.

Plus personnes aujourd’hui prétend "prouver " un Dieu objectivé ni même une existence (qui signifie hors de l’être, être jeté dirait Heidegger) comme la notre. Par ailleurs même la notion de miracle change L’étymologie de ’miracle’, en tout cas n’implique pas d’aller contre nature, plutôt une accélération de phénomènes, suscitant l’admiration. Mais on sait bien que le mirifique dans une époque, ne l’est pas toujours dans un autre. Paradoxalement, c’est plutôt l’expérience de l’abyme et de l’absurdité du mal qui persiste, la souffrance frappant aussi les petits, qui nous interpelle...

Les théologies partent du fait qu Dieu existe et il a parlé au moyen des textes dites sacrés.
Il faut dire que entre une interprétation de ces textes imposé de droit, et le droit d’interpréter comme on veut, il y ait aussi une tierce position, qui consiste à une double confrontation permanente de ses idées avec le passé et les présent.

En tout cas si Dieu parle, cela n’a pas été sans nous, avec nous et en nous. La règle herméneutique reste la règle d’or, qu’on peut exprimer en forme de chiasme : la vraie raison porte à l’amour, et le vrai amour porte à la raison. Ce n’est pas un cercle vicieux car la raison et l’amour, indissolublement distincts, sont sur de niveaux opposés asymétriques. Dans la raison c’est l’intelligence qui guide, dans l’amour c’est la volonté, et puisque elle est libre peut tout relativiser mais aussi tout ouvrir. Cela implique que chacun de nous doit jouer son instrument, et d’autres part que ceux qui prétendent pouvoir parler et juger au nom de Dieu, en direct, sont souvent à la base de toute situation conflictuelle. La concertation, la distanciation s’imposent et souvent la voie apophatique, celle du silence pour dire que c’est mieux confesser humblement son ignorance de Dieu, que prétendre imposer un Dieu qu’on imagine pour son compte. Bien sur, les Textes Sacrés qu’André Chouraqui appelait Fondateurs (ce qui est une réalité de fait) dans la mesure qu’ils continuent à nourrir les textes et les discours du présent, ont un rôle génétique particulier. Mais il s’agit de genèse de l’humanité même, selon le chiasme évangélique. Le sabbat est fait pur l’homme et pas l’homme pour le sabbat. Cette dualité implique un espace de liberté, seule garantie contre l’absolutisme religieux ou civil, l’un voulant absorber l’autre et vice versa. La religion serait alors un humanisme ? Pas tout à fait, mais un aiguillon important qui peut maintenir la distinction entre la personne et toute autre autorité. En effet dès qu’on prétend unifier tout sous la foi ou l’Etat : c’est la guerre. On ne peut pas, par exemple, douter de la bonne foi de Ben Laden, mais non plus de sa folie. Luis Brunel disait : Dieu et la Patrie sont une équipe imbattable ; il battent tous les records pour l’oppression et l’effusion de sang, et Jésus conseillait : Donnez à Cæsar ce qui est de Cæsar, et à Dieu ce qui est de Dieu .

En résumé : Les notions d’existence et d’unicité, ainsi que celle universelle de la Nature en tant que telle, sont totalement étrangères à la science, qui ne travaille pas sur des singularités. Ce que nous constatons, par contre, c’est qu’il y a constamment une créativité de unicités dans l’univers à tous les niveaux, hors de l’emprise de toute théorie. On peut ainsi dire que le monde réel est « sexué ». André Chouraqui traduit l’expression Dieu miséricordieux littéralement matriciant, comme pour signifier un enfantement permanent. Dieu et la Nature alors se retrouvent constamment, mais comme dans une double articulation. On peu dire le même de l’homme avec Thomas apocryphe : Celui qui connaît le Tout, s’il est privé de soi-même il est privé de tout.



2. X comme croisement (rencontre) de la « chair » Caro salutis cardo



La chair est le pivot du salut. Cette expression de Tertullien, est la négation même du Gnosticisme. Chair signifie ici le composé unique humain, l’instrument de l’incarnation : en quelque sorte la synthèse consciente de la Nature. Mais il faut aussi dire que le concept d’unicité est paradoxal. Il n’y a pas d’unique sans la présence d’autres. C’est même un croisement et une confrontation constante. Dans ce cas la bipolarité du principe christique peut s’imaginer aussi à la manière orientale, yng et yang, une vision sexuée du monde : féminin et masculin au sens le plus général : l’union possible à tous les niveaux. 

D’abord avec l’infini qui est déjà en nous, si ce n’est que comme désir, mais qui suppose la distinction entre un Absolu et les créatures. Comment ce serait possible ? Il y a une différence, selon le philosophe Henri Corbin entre le concept d’unicité et celui d’Absolu. Si l’Absolu se veut vraiment absolu, doit être capable de se « désabsolutiser ».
En d’autres termes, si l’unicité qui caractérise l’Absolu, ainsi que tout étant, ne soit pas capable, elle, de s’incarner dans une « chair » , alors il n’est même pas Absolu, car ses créatures seraient alors autre chose face à Lui, et c’est la Gnose. Cette incarnation, d’ailleurs, dans la chair ne ferait que continuer par d’autres méthodes le processus de création par l’entremise des hommes qui engendrant d’autres hommes deviennent semblable à Dieu. Comme dit st. Irénée « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu." Mais Nietzsche averti : C’est son bas ventre que fait que l’homme a quelque peine à se prendre pour un dieu. Et pourtant selon Kierkegaard, la sexualité est complexe mais sans elle l’histoire ne commence même pas. D’ailleurs elle-même est historique car évolue constamment dans le temps et dans l’espace du monde.

SEXE, vient du latin sectionné, en excès, terme très général recouvrant à la fois :- L’existence biologique d’organismes permettant la reproduction - Les aspects les plus divers qui entourent la sexualité. - La différence de perception de ce phénomène entre les hommes et des femmes. Ainsi des grands philosophes se sont penchés sur ce phénomène :

PLATON, le premier, avec son mythe de l’androgyne. Il s’agit d’un être sphérique, mâle et femelle à la fois, que l’orgueil avait poussé à escalader le ciel pour combattre les dieux. Zeus l’aurait puni le coupant en deux, d’où le désir nostalgique de l’autre moitié : l’âme jumelle.

SOCRATE (dans les écrits de Platon) parle de Eros, fils de l’Expédient et de la Pauvreté, qui suscite le premier degré de l’amour, celui érotique, pour s’élever ensuite à la Beauté idéale.

LUCRECE dans son célèbre poème sur la Nature, désespère de l’humanité marquée par la ruse et la violence, incapable de limiter son désir libidinal…. Et il se suicida.

SPINOZA, est non seulement est le philosophe du Conatus (effort) mais le premier à déclarer contre Descartes, que pensée et chair ont la même dignité ontologique.

NIETZSCHE suggère que le degré et la nature de la sexualité d’un être humain s’étendent jusqu’au sommet de l’esprit, par delà le bien et le mal.

SCHOPENHAUER développe l’idée spinozienne de Conatus, estimant la sexualité une expression de la force du « vouloir vivre ». Mais le monde n’étant pas que volonté mais conscience, cette force dominée par le critère de reproduction, peut être illusoire.

FREUD, plus que personne, met en relief la sexualité au nœud de tous les problèmes qui se cachent dans l’Inconscient. Il fonde ainsi la discipline qui s’appelle Psychanalyse.

JUNG remet en cause la primauté de la libido freudienne, et introduit une Psychologie analytique, fondé sur la psyché humaine, l’inconscient collectif et les archétypes

LACAN enfin introduit dans la psychanalyse, la considération que « l’inconscient est structuré comme un langage, et le fait de que la différence de sexe, ne s’efface jamais.

Cette dernière observation rejoint le principe christique où la distinction ne s’efface jamais, mais se renforce grâce à la rencontre. La sexualité trouve ainsi son accomplissement dans cette bipolarité charnelle - spirituelle. La « superposition » asymétrique de deux niveaux préfigure un masculin transitif qui engendre dans un autre, et le féminin intransitif, qui engendre en soi. Et cette union, comme toute union est trine, puisque comportant potentiellement un enfant. Nous avons ainsi un croisement « chiastique » (X) complet : un homme et une femme engendrant un enfant, et l’Enfant qui à sont tour constitue l’homme et la femme comme père et mère, devenant en quelque sorte leur guide.

Hannah Arendt, élève la « naissance » à catégorie fondamentale, même contre le totalitarisme. Elle cite st. Augustin : l’homme fut crée pour qu’il est un commencement. Et elle ajoute : ce commencement est garanti par chaque naissance. Et c’est vrai que l’homme est une « chair » qui résiste à toute idéologie. Cela fait 2000 ans que la pensée tourne autour de l’expression johannique et verbum caro factum est… Et le Verbe se fit chair. Cette chair, souvent comprise comme le siège du péché, est ainsi aujourd’hui à la croisée d’une nouvelle phénoménologie qui récupère l’intérieur et l’extérieur de l’homme incarné (non seulement l’intention suivant son inventeur Husserl) ...

Selon Henry Michel, en effet, la chair n’est pas seulement le sexe et le toucher, mais l’homme intérieur, qui possède une intériorité. Un objet ne possède pas d’intériorité. il n’est pas vivant, il ne se sent pas lui-même et ne sent pas qu’on le touche.

Selon Levinas : c’est plutôt le visage de l’autre, qui nous interpelle constamment, car loin d’être une simple idée, il est un être en chair et en os inatteignable dans son intériorité.

Il existe, alors, selon Michel Henry deux modes de manifestation des phénomènes qui sont deux façons d’apparaître : l’extériorité qui est le mode de manifestation du monde visible, et l’intériorité qui est le mode de manifestation de la vie invisible Notre corps par exemple nous est donné de l’intérieur dans la vie ce qui nous permet par exemple de bouger notre main ou de la sentir, et il nous apparaît également de l’extérieur comme n’importe quel objet qu’on peut voir dans le monde.

En fait ces démarches se conjuguent et se complètent. Mais il est vrai que la théorie occidentale depuis ses origines grecques a toujours « privilégié » la vision extérieure selon l’étymologie du mot théorie qui signifie « contemplation »., qui paradoxalement elle a donné plutôt l’essor technique de notre civilisation. Mais c’est plutôt la volonté, souvent négligé, qui exprime les limites de l’intelligence, ainsi que l’intériorité et la liberté en même temps que l’effort (conatus) de persister dans la vie. Et cela rétablit une sorte de primat ontologique de l’Amour. Fabrice Hadjadj, dans son livre Les profondeurs des sexes, écrit : la misère du sexe sans amour, sans sa part de risque, d’aventure et d’ouverture à l’autre, est un peu comme la misère de l’homme sans dieu".

Il n’y a rien de mieux que donner à l’autre l’assurance de son propre amour et cela n’est pas strictement une conclusion intellectuelle. C’est se sentir aimé que donne le courage di vivre !
Le cantique des cantiques sinon rien.



3. X comme chiffre de l’Algorithme destinal


La chair de Dieu, c’est finalement notre chair à tous. La chair humaine, ultime frontière au de là de laquelle il y a le mystère. Il est désormais nécessaire vivre sa liberté à la croisée de deux exigences. D’un côté une verticalité en relation avec une vérité spirituelle qu’on peut nier mais que par là même se représente toujours, et d’un autre côté une horizontalité principalement par le biais des rapports vitaux avec les autres.

Ainsi le Verbe devient chair en permanence, et nous y sommes pour quelques choses.
L’affirmation eucharistique Voici mon corps et « C’est la miséricorde (au sens de Chouraqui) que je désire, et non les sacrifices » indique un lien génétique dans la re-création du monde, une demande de collaboration pour ainsi dire. Cela ne convient pas tellement avec une divinité conçue comme un deux ex machina ou un bouche-trou. La foi qui en principe ne contredit mais peut excéder les possibilités intellectuelles, c’est une affaire de volonté, donc de liberté, de courage, au sens littéral qui vient du cœur.

Par ailleurs nous ne pouvons pas prétendre de savoir précisément notre destinée. C’est une question de « sens » qui, par définition, ne peut pas être prédéfini. L’homme, l’Etre qui devient est constamment en marche, autant vaut emprunter un bon rythme et un algorithme qui nous convient. On pourrait ainsi chaque jour se réaliser, s’incarner : être son destin.

Nous trouverons alors le sens, le chiffre de notre vie, la joie en fonction de ce que nous décidons de faire. Cela ne nous demande pas de quitter la terre pour regarder un firmament imaginaire, avec des « espaces » prédéterminés comme dans la fantaisie poétique de Dante mais de devenir nous-même un "ciel" qu’illumine la terre, y creusant toutes les sources de joie et de beauté possible.

En conclusion : "Là où deux ou trois seront réunis en mon nom, je serai avec vous"


Le noyau de cet exposé n’est que la notion de Personne ou du « sujet » humain, qui à l’image du principe christique, est à l’essor de notre civilisation, que des Pères et des philosophes, appellent « chair ». Elle comme « Dieu » ne peut pas être objectivée. Le moi profond en effet se récrée toujours. Sujet Ineffable mais capable d’informer et de métaboliser toute autre « information » et qui paradoxalement conforte son unicité en relation avec les autres.

Cette image d’un Verbe (information), qui peut être métabolisé dans la chair est une des expressions biblique parmi les plus fortes. Etrangement on pourrait faire un rapprochement avec la pensée quantique; qui d’ailleurs a remis au goût du jour le principe de complémentarité, dont nous avons largement parlé, à savoir la possibilité de voir le réel sous deux aspects opposés comme onde et comme particule…. 

Il se trouve que cette pensée suggère aussi une nouvelle ontologie. En effet au fond de la chaîne matérielle on ne trouve rien qui puisse évoquer la matière au sens usuel ou la substance aristotélicienne. Il ne s’agit non plus de concepts fictifs ou abstraits purement philosophiques. Mais là aussi il y a une tierce position : une réalité potentielle (Heisenberg) exprimée en algorithme exécutable. En fait il s’agit d’informations qui peuvent se «réaliser» sous une forme ou l’autre, tenu compte du principe d’incertitude et aussi de superposition (Schrödinger), mais qui restent incertaine tant qu’il n’y ait pas une intervention précise. Ainsi tout est possible mais tout reste à faire.

Faisant une comparaison on peut aussi considérer l’homme même comme un algorithme, un Phoenix vivant, plus ou moins prévisible, non définit si ce n’est qu’au fur et à mesure par son action même. On ne peut pas parler non plus de cet état seulement en termes vagues puisque la Personne qui doit passer à l’action existe bien. Mais plutôt d’une interactivité potentielle avec la nature dans toute sa complexité. C’est en quelque sorte le retour à un concept presque alchimique universelle. L’homme, comme tout vivant, en quelque sorte ne fait que ressurgir. Chez l’homme cette résurrection est consciente : s’achèverait-elle avec la mort ? Personne n’en sait rien. Le fait est que la vie est une sorte de transsubstantiation, comme trans-information réelle et continue, au sens quantique, jamais figée mais jamais automatique : c’est la clé de notre destin, mais Il faut la vouloir.

Rien n’empêche alors de voir dans la nourriture qu’on partage, l’information christique qui demandant notre assentiment, exprime une Parole de vie.

Et si cette métamorphose serait-elle possible à chaque homme ?



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30.07.2017